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ÉconomieUnion européenne

Mario Monti bien parti pour faire adopter sa réforme du travail

Robert Lavéran, à Rome

Publié le 05 avril 2012 à 16:57 - Mis à jour le 05 avril 2012 à 17:14

Le Quotidien Numérique

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Le Premier ministre italien, Mario Monti, a dû faire quelques légères concessions pour s'assurer d'un vote favorable au parlement d'un texte qui va modifier en profondeur le marché du travail en Italie.

"L'affaire est close." Quelques heures avant de partir pour un long voyage officiel en Asie, fin mars, le président du Conseil italien Mario Monti avait assuré que le projet de réforme du code du travail qui prévoit entre autres la généralisation des indemnités chômage, la règlementation des contrats pour favoriser la flexibilité mais aussi réduire la précarité ainsi que la révision de la loi sur les licenciements était intouchable. Par prudence et souci de compromis, l'ancien commissaire européen a finalement accepté quelques modifications au texte original et en assurant que la nouvelle mouture représentait également un tournant "historique qui garantira croissance économique et sociale".

"Personne ne nous oblige à vivoter"

Obtenu après deux mois de négociations serrées avec les partenaires sociaux et approuvé par le patronat et dans un premier temps pas les grands syndicats Cisl et Uil, le projet initial devait, dans l'esprit du Premier ministre, être adopté par le parlement sans modifications substantielles. Face à l'opposition de la Cgil, le principal syndicat du pays, qui compte plus de cinq millions d'adhérents et d'une frange importante du parti démocrate qui soutient en principe Mario Monti au parlement, celui-ci avait même menacé depuis la Chine: "Nous pourrions démissionner, personne ne nous oblige à vivoter". Reste que la secrétaire de la Cgil Susanno Camusso restait sur ses positions ayant même proclamé une grève générale pour la fin mai.

Les deux autres grandes confédérations syndicales avaient fini par réclamer elles aussi des aménagements à la révision de l'article 18 qui concerne les licenciements injustifiés. Selon la presse italienne, Mario Monti aurait compris qu'il ne pouvait tenter de passer en force. Non seulement parce que malgré son taux de popularité de 57%, la réforme du droit de licenciement dans sa première version est rejetée par une majorité d'Italiens mais aussi parce qu'il aurait confié lors d'un entretien téléphonique avec Emma Marcegaglia, la patronne des patrons: "Je dois faire des changements, sinon le Pd va lâcher". En clair, la formation de centre-gauche n'aurait pas pu assurer son appui au texte et aurait donc mis en péril la survie du gouvernement Monti.

Recours auprès d'un juge

Au bout du compte, l'exécutif a accepté que les travailleurs licenciés pour des motifs économiques puissent faire recours auprès d'un juge. Si celui-ci considère que le licenciement est illégitime ou ne répond pas à des considérations économiques, il pourra décider la réintégration du travailleur ou une indemnité de 12 à 24 mensualités. La Cgil n'a pas encore prononcé de jugement définitif sur cette modification mais le syndicat avait fait de la question de l'éventuelle réintégration des travailleurs une condition sine qua non pour signer l'accord. "C'est un pas en avant important", s'est de son côté félicité Pierluigi Bersani, le secrétaire du Pd.

Pour le reste, la structure du projet de réforme initial reste relativement inchangée avec entre autres un contrat à durée déterminée qui sera précédé d'un contrat d'apprentissage, des indeminités de licenciement représentant 75% du dernier salaire jusqu'à 1.180 euros et 25% au delà ou encore l'obligation pour les entreprises de stipuler un contrat d'embauche avec les entrepreneurs individuels qui travaillent pratiquement exclusivement pour eux.

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"C'est un compromis", a jugé le quotidien économique Il Sole 24 Ore. Mais la Confindustria a fait savoir qu'elle était opposée à la réintégration des licenciements pour motifs économiques. "Plutôt qu'une mauvaise réforme, mieux vaut aucune réforme", a lancé Emma Marcegaglia. Le texte doit désormais être signé par le Président de la république Giorgio Napolitano, puis être examiné par le Parlement. Mario Monti a souhaité que la réforme soit adoptée dans "les délais les plus brefs".

Robert Lavéran, à Rome

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