Le SPD fait monter la pression sur Angela Merkel

 |   |  517  mots
Angela Merkel et Sigmar Gabriel, président du SPD, au Bundestag. Copyright AFP
Angela Merkel et Sigmar Gabriel, président du SPD, au Bundestag. Copyright AFP
Opposition et majorité allemandes ne parviennent pas à se mettre d'accord sur les détails de la taxe "Tobin". Un blocage qui pourrait affaiblir Angela Merkel au niveau européen.

On croyait l?affaire réglée la semaine passée. Elle ne l?est pas. Angela Merkel ne dispose toujours pas de l?appui de l?opposition sociale-démocrate et écologiste pour ratifier le pacte budgétaire européen. Pourtant, la semaine passée, l?accord de son partenaire libéral pour un impôt sur les transactions financières ouvrait la voie à un feu vert du SPD. Pour cette ratification, une majorité des deux tiers est nécessaire au Bundestag comme au Bundesrat, la chambre qui représente les Länder au parlement allemand. Ce mercredi 13 juin, la chancelière recevra tous les partis pour tenter d?arracher un accord.

Désaccord sur la taxe « Tobin »

Ce qui bloque, c?est la nature même de cette taxe « Tobin ». La majorité au Bundestag réclame de la mesure et des exceptions pour ménager la place financière de Francfort. Le SPD ne veut pas en entendre parler. Il exige un impôt sur l?ensemble des transactions financières. De même, la CDU plaide pour une mise en ?uvre au lendemain des élections fédérales de septembre 2013, ce que n?accepte pas l?opposition. Le député CDU Norbert Barthle, spécialiste des questions budgétaires, a accusé mardi matin l?opposition de se livrer à des « exigences irréalistes » afin de repousser la ratification du pacte budgétaire.

L?opposition a d'autres exigences

Un autre conflit sourd sous celui-ci : celui des efforts budgétaires réclamés aux Länder dans le cadre de l?application du pacte budgétaire. Les ministres présidents sociaux-démocrates, mais aussi certains de la CDU, souhaiterait recevoir plus de moyens de l?Etat fédéral afin de pouvoir faire face aux exigences budgétaires nouvelles. Enfin, un groupe de travail sur les mesures de croissance doit tenter de déterminer une position commune sur ce point entre CDU, FDP, SPD et Verts. Il ne faudra pas s?attendre à une vaste relance budgétaire, mais à des mesures ponctuelles et sans doute plus « structurelles » que keynésiennes. Mais le SPD peut faire monter les enchères pour faire pression sur la chancelière.

Réunion décisive mercredi

La réunion de mercredi sera déterminante. Angela Merkel doit absolument trouver un accord avec le SPD, car, dans la foulée, le « triumvirat » social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, ancien candidat SPD en 2009, Sigmar Gabriel, actuel président du SPD, et Peer Steinbrück, ancien ministre des Finances de 2005 à 2009, se rendra à Paris. En cas d?échec des négociations, les chefs du SPD pourraient être tentés d?afficher leur soutien à la politique européenne de François Hollande et, surtout, à définir avec lui une stratégie sur le pacte budgétaire. Dans ce cas, Angela Merkel devrait renoncer à faire ratifier rapidement le pacte et serait ainsi soumise aux exigences du président français d?intégrer un « volet croissance » afin d?obtenir l?accord du SPD. En réalité, c?est un peu l?avenir de l?Europe qui se joue en ce moment à Berlin.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/06/2012 à 16:17 :
L'allemagne veut mettre la taxe tobin mais pas pour elle....Comme tout les pays.Soit la taxe tobin est valable pour tout les pays,soit chaques pays votera une loi d'exceptions pour sa place financiere....Ce qui ne servirait a rien.Les allemends,decidemment,veulent que ce soit toujours les memes a faire des efforts.L'allemagne nous envoit dans le mur(angela plutot)
Réponse de le 13/06/2012 à 10:18 :
Oui, il est vrai que tout est de la faute d'Angela. Nos gouvernants français sont d'une telle intelligence que je ne comprends pas pourquoi notre pays suit le chemin du déclin....
Réponse de le 13/06/2012 à 15:29 :
c'est vrai que tout n'est pas de la faute d'Angela, mais pour ce qui est de la transformation de la crise de paiement grecque en crise existencielle de l'Europe entière elle y est tout de même pour malheureusement une grande part avec son inertie et ses décisions toujours à contre temps.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :