Le président allemand fait la leçon à Angela Merkel

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Joachim Gauck demande au gouvernement allemand de "mieux décrire" les conséquences du sommet européen, du MES et du pacte budgétaire. Une charge assez rare contre la politique européenne de la chancelière.

 C?est un fait assez rare dans le fonctionnement des institutions en Allemagne. Le président fédéral Joachim Gauck devrait sermonner ce soir lors d?une interview télévisée à la ZDF, la deuxième chaine allemande, le gouvernement sur sa politique européenne. Selon lui, Berlin doit mieux expliquer les conséquences des nouvelles institutions sur la vie économique des Allemands. D'ordinaire, le président fédéral est très discret dans la politique nationale.


Mieux décrire les conséquences du sauvetage de l?euro


Pour l?ancien pasteur, figure de la résistance au régime est-allemand, Angela Merkel a désormais « l?obligation de décrire en détail ce que signifie les nouvelles étapes du sauvetage de l?euro, notamment sur le plan budgétaire ». Et le président d?ajouter : « ce n?est pas là ma mission, je ne suis pas un gouvernement de rechange ». Façon de dire que le gouvernement fédéral ne remplit pas aujourd?hui toutes ces missions sur la politique européenne.
Pas d?attaques frontales


Certes, Joachim Gauck se garde bien d?attaquer frontalement la chancelière dont, dit-il, il « ne serait pas capable de faire le travail ». Mais enfin, il affirme tout de même : « parfois, l?énergie manque pour dire très franchement à la population ce qui se passe réellement et, dans ce cas, je peux être utile ». La charge est assez rude pour la chancelière et son équipe, notamment venant d?une institution qui s?exprime rarement sur les affaires courantes.


Karlsruhe s?exprimera mardi sur le MES et le pacte budgétaire


Le président fédéral avait accepté de ne pas promulguer la loi de ratification du MES et du pacte budgétaire votée par le Bundestag et le Bundesrat le 29 juin dernier à la demande de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. Cette dernière avait demandé au président un délai pour donner sa réponse sur ces textes. Elle doit la rendre publique mardi 10 juillet.


Contestations et soutiens 


Cette charge à peine voilée de Joachim Gauck intervient alors que les pressions se font plus fortes sur la politique européenne d?Angela Merkel. Vendredi, 150 économistes ont signé un réquisitoire contre son attitude au sommet européen de la semaine passée. Lors du sommet de coalition de ce week-end avec la CDU et le FDP, plusieurs dents ont grincé. Mais la chancelière peut s?appuyer sur sa popularité, à nouveau au plus haut.


Gauck, candidat par défaut de la chancelière


Joachim Gauck n?est pas un chaud ami d?Angela Merkel. Candidat du SPD en 2011 lors de l?élection présidentielle, il avait échoué devant le candidat de la chancelière, Christian Wulff, qui avait dû démissionner moins d?un an plus tard suite à des scandales financiers impliquant ses amis et lui-même. Angela Merkel avait, alors, en désespoir de cause, accepté, non sans mal, de soutenir la candidature assez consensuelle de l?actuel président.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2012 à 10:27 :
Bonjour,

Les allemands ont obtenu au moins la participation de l'opposition socialiste pour passer la loi ( à voir ce que la Cour Suprême va statuer ) ce qui implique que les partis ont compris les enjeux, surtout qu'ils ont obligé Mme Merkel à inclure un volet compétitivité.

En France on n'est pas au courant des vraies décisions et implications. Même on cherche par des tours de passe passe d'éviter un éventuel changement de la Constitution ( qui risque de ne pas être accepté) de passer des textes ( différents ) de loi au Sénat et au Parlement;

Donc il est évident que l'on cherche à cacher les questions de pertes de souveraineté nécessaires des Français.

Mieux vaut une situation à l?allemande à découvert.

Cordialement,

giantpanda
a écrit le 08/07/2012 à 16:54 :
Pas facile pour la Chancelière, coincée entre les intérêts industriels et financiers de son pays d'une part et les autorités politiques de son pays qui ne comptent pas la laisser faire tout toute seule. Les Allemands font enfin leurs calculs : qu'est-ce qui coûte le plus cher ? Aider les pays du Sud ou se prendre une réévaluation monétaire rapide et sans doute mortelle pour certaines de ses entreprises ? Pour le moment, ils ont résolu le problème en refusant de trop donner d'argent et en parlant de rigueur. Mais ça ne suffit plus, et la vraie question revient : alors ? Transférer des subsides indéfiniment aux pays du Sud laminés par l'Euro, ou renoncer à l'Euro ?
Réponse de le 08/07/2012 à 17:14 :
"réévaluation monétaire rapide et sans doute mortelle pour certaines de ses entreprises ?", il n'y aucun risque de ce coté car ce serait les autres qui se déprécieraient fortement. Les allemands resteraient au meme niveau, ou voir moins de 10% de plus. Leurs produits sont d'excellente qualité et donc la demande restera forte ...
Réponse de le 08/07/2012 à 17:35 :
@paulo. Aîe aïe aïe : si la monnaie allemande se réévalue de 30% face à la monnaie des autres, par exemple, c'est que la monnaie des autres se déprécie de 25% face à la monnaie allemande. Vous dites la même chose que moi en fait, sans le savoir... Quant à savoir s'ils resteraient au même niveau avec des prix renchéris de 30%, demandez-leur ce qu'ils en pensent : ils en sont terrifiés. Une VW Golf à 20 000 Euros est sûrement un excellent produit face à une Hyundaï à 19 000 Euros, mais à 26 000 Euros, il y aurait moins de clients qui pourraient se l'acheter, et encore moins qui trouveraient justifié de la payer 7 000 Euros de plus que notre Hyundaï. Je parle de 0% de réévaluation face aux autres monnaies de la zone Euro, mais face au dollar ou au Yen, ce serait sans doute encore plus ! Les industriels allemands n'ont pas du tout, mais alors pas du tout, envie de voir leurs concurrents français et italien, ou coréens et chinois, devenir de un quart à un tiers moins cher en l'espace de quelques mois...
Réponse de le 08/07/2012 à 21:55 :
Les analyses sérieuses sur le sujet (Nomura) estiment une réévaluation de 3% du DEM et une dépréciation de 9% du FRF. Une réévaluation de 30% est différente d'une dépréciation de 25%. La première causerait un grave problème pour les exportations allemandes, tandis que la seconde ne change rien pour les allemands dans le contexte EUR/USD mais créerait un problème d'approvisionnement en matières premières pour les autres pays tout en favorisant leurs exportations (pour autant que la qualité de leur produit évolue aussi). Vous résonnez dans la zone euro, alors je résonne au niveau global. Quant aux prix des voitures, croyez moi qu'ils baisseraient immédiatement dans les pays ayant vu leur monnaie dépréciée (c'est l'euro cher qui fait que nous payons cher nos produits importés, mais la logique commerciale compense toujours les changements d'équilibres).
Réponse de le 08/07/2012 à 22:50 :
@Paulo. Le problème de l'Euro, ce n'est pas tant le change Euro vs. Dollar que le problème du change - figé dans le marbre - entre monnaie allemande et monnaie française, monnaie grecques etc. Plus de 40% des excédents allemands sont faits sur quatre pays : Portugal, France, Italie, Espagne. Le taux de change le plus important à remettre à sa place, ce n'est pas l'Euro contre Yen ou Dollar, c'est celui qui ne bouge plus depuis plus de dix ans entre tous les pays de la zone Euro. Quant à votre exemple sur les voitures, il semble que vous n'y compreniez rien : si le Nouveau Mark se réévalue de 30% face à l'Euro conservé par la France et l'Italie par exemple, cela signifie que les salaires etc. en Allemagne seront revalorisés d'un coup de 30% par rapport à la monnaie des Français. Donc, les constructeurs allemands ne pourront pas baisser les prix comme ils le voudront, sauf à délocaliser. Et en effet, je raisonne, tandis que vous résonnez... vu le vide de vos connaissances, ça doit même résonner très fort ! Dernier point : si le pays A dévalue de 25% par rapport au pays B, c'est exactement la même chose que si le pays B réévalue de 30% par rapport au pays A... Mais bon... je doute que vous voyiez pourquoi...
Réponse de le 09/07/2012 à 0:45 :
Bien entendu que c'est pareil. J'essaiai de remettre vos chiffres dans la réalité. 30% est irréaliste et -25% aussi. Ensuite, ce que vous ne comprenez pas c'est que vos +30% ou -25% doivent être par rapport à l'euro contre qque chose (USD), car si vous avez bien réalisé depuis le 01/01/1999 nous avons le meme euro. Je vous invite à lire l'étude Nomura, cela vous permettra de ne pas participer à la propagande sur le fait qu'un retour au franc reviendrait à une dépréciation importante. Bien sur qu'il faut régler le problème des taux figés, mais pour cela nous pourrions passer à un euro monnaie commune (et abandonner la monnaie unique). Dans ce cas l'euro deviendrait un panier en fonction du poids économique de chaque pays.
Réponse de le 09/07/2012 à 8:01 :
ecart maxi entre DM et le Drachme 30% mais avec France 10 Italie 15 etc.....
Réponse de le 06/08/2012 à 18:25 :
30% est plus que Réaliste même pour un écart DM FF en cas d'explosion de l'euro.

Les monnaies sont les actifs les plus instables qui soient. Et l'histoire nous le montre quotidiennement. Entre l'Euro a 0.80 et a 1.60 qu'il a quasiment atteint ça doit donner une idée de la marge de fluctuation : du simple au double. Et ceci dans un contexte normal.

Je vous laisse imaginer dans le contexte tendu actuel le type de "overshooting" qui se produirait sur les marchés monétaires européens en cas de choc aussi violent que celui de la fin de l'Euro.


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