Le FMI critique la procrastination de la zone euro

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Dans son rapport annuel sur la zone euro publié mercredi, le Fonds monétaire international (FMI) accueille favorablement les résultats du dernier conseil européen de juin. Mais il critique la lenteur de la mise en application des décisions devant l'urgence de la crise qui s'étend, notamment la nécessité de rompre le cercle vicieux entre risque souverain et risque bancaire.

La crise continue de menacer la survie de la zone euro malgré les avancées réalisées lors du dernier sommet européen, estime le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport annuel sur la zone publié mercredi, qui plaide pour que l'union bancaire se concrétise rapidement et appelle la BCE à agir. "Malgré des décisions politiques majeures, les marchés financiers restent soumis à de vives tensions dans certaines parties de la région, ce qui remet en question la pérennité de l'union monétaire elle-même", met en garde le FMI.

Urgence de la mise en place d'une Union bancaire

Il relève que "les liens négatifs entre les finances des Etats, les banques et l'économie réelle sont plus forts que jamais".
Pour y remédier, "la première priorité est de mettre en place une union bancaire à l'échelle de la zone euro" avec une supervision commune qui pourrait être confiée à la Banque centrale européenne (BCE), une garantie des dépôts et une autorité chargée de gérer les défaillances bancaires, selon l'institution de Washington.

Le FMI estime que "les progrès qui ont été faits dans cette direction lors du sommet des 28 et 29 juin sont les bienvenus" mais qu'il faut accélérer le mouvement. En effet, "l'aggravation de la crise laisse penser que les causes profondes ne sont pas traitées", tranche sévèrement l'institution. Or "seule une action convaincante et concertée pour compléter l'Union économique et monétaire peut stopper le déclin de la confiance à l'égard de la région".

Mesures de relance de la croissance

A cet égard, le FMI estime que le mécanisme commun de garantie des dépôts et le fonds de gestion des défaillances des banques, deux des piliers de l'union bancaire, devront être financés non seulement par le secteur mais aussi avoir "recours à des ressources fournies par les gouvernements et la BCE". Deuxième chantier préconisé par le FMI : mettre en place des mesures de relance de la croissance. L'institution a publié en début de semaine des prévisions de croissance pour la zone euro de -0,3% cette année et de 0,7% en 2013 (contre 0,9% prévus précédemment).

Le constat n'est guère brillant : la demande intérieure va rester faible, les ajustements budgétaires vont peser sur la croissance, les exportations ne vont pas beaucoup profiter de la baisse de l'euro et le chômage va rester élevé. En revanche, l'inflation devrait "décliner significativement et pourrait même devenir négative", souligne le FMI .

Manque de compétitivité

La relance de la croissance passe par une meilleure compétitivité, car la zone euro perd du terrain par rapport à ses concurrents, souligne le rapport, qui appelle à des réformes structurelles. Revoir en profondeur le marché du travail, les systèmes de retraites, la fiscalité, pourrait entraîner une "hausse du PIB de 5% sur cinq ans", selon le FMI .

Dans l'intervalle, la BCE peut et doit intervenir: "étant donné que l'inflation est faible et diminue, la BCE a la possibilité de baisser ses taux et de déployer d'autres mesures non conventionnelles qui allégeraient la pression de certains marchés", souligne le rapport. Concrètement, cela pourrait passer par une politique "d'assouplissement quantitatif" à travers un programme d'achat d'obligations d'Etats.

Le FMI préconise aussi une nouvelle opération de prêt à court terme de la BCE aux banques, sur le modèle de ce qu'elle a déjà fait à deux reprises en décembre et février. Elle leur avait alors prêté au total quelque 1.000 milliards d'euros sur trois ans à des conditions très avantageuses pour stimuler l'octroi de crédit, et donc l'économie.
 

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