Pour le FMI, l'Europe doit en faire encore plus pour la croissance

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Christine Lagarde, directrice générale du FMI - Copyright AFP
Christine Lagarde, directrice générale du FMI - Copyright AFP (Crédits : AFP)
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde distribue ses conseils aux dirigeants de la zone euro pour relancer la croissance: plus de réformes structurelles et un "meilleur partage du fardeau budgétaire" pour tous, moins d'austérité en Grande-Bretagne mais toujours autant en Grèce.

"Il faut faire plus pour soutenir la croissance", estime Christine Lagarde. Lors d'une conférence de presse à Londres, la directrice générale du Fonds monétaire international a suggéré aux pays membres de de l'Union européenne de mettre en oeuvre des "réformes structurelles" afin de faire redémarrer la hausse de la production. Toutefois, "nous ne pensons pas que la situation budgétaire des Etats membres" leur permette de faire repartir la croissance grâce à des mesures de relance.

"Convaincre les marchés"

En revanche, un "meilleur partage du fardeau budgétaire" entre les pays utilisant la monnaie unique serait la bienvenue, sans préciser si cela  devrait se traduire par la création d'euro-obligations, de nature à mutualiser leurs dettes. "Il y a beaucoup de moyens pour y parvenir", a-t-elle seulement ajouté. La directrice du FMI avait déjà envisagé une telle solution au mois de janvier, parlant alors "d'obligations conjointes" destinées à "convaincre les marchés de la viabilité de l'euro".

Berlin s'oppose fermement à ces "eurobonds" défendus notamment par la France. Le président français François Hollande s'est ainsi déclaré "prêt à tout mettre sur la table" lors du sommet européen informel qui doit se tenir mercredi, y compris les euro-obligations, et ce, même si elles ne sont pas à l'ordre du jour.

Moins d'austérité en Grande-Bretagne

Par ailleurs, Christine Lagarde a distribué les bons points, estimant que les dirigeants européens avaient procédé à de "sérieuses améliorations" depuis le début de la crise. La patronne du FMI a ainsi jugé "plus sérieux" le nouveau fonds de secours financier ou "pare-feu" et salué la baisse des taux d'intérêt engagée par la Banque centrale européenne (BCE) avant de reconnaître les efforts de l'Espagne et de l'Italie pour réformer leurs économies. "Tout ceci est sérieux, mais nous considérons qu'il faut faire plus", a-t-elle toutefois insisté. A la Grande-Bretagne, par exemple, pays non membre de la zone euro dans laquelle elle se trouvait pour la remise d'un rapport sur l'état de l'économie, elle a ainsi conseillé au Premier ministre David Cameron d'alléger la cure d'austérité imposée depuis 2010, alors que le pays vient de replonger dans la récession.

De la rigueur en Grèce

Enfin, concernant la Grèce, où la situation demeure problématique avant de nouvelles élections législatives le 17 juin, Christine Lagarde a rappelé "la préférence claire du FMI" pour une poursuite du plan de redressement imposé par les créanciers d'Athènes. Elle souhaite ainsi que ce plan de rigueur de plus en plus contesté dans le pays soit "endossé par le pouvoir politique qui résultera des élections". Toutefois, comme elle l'avait déjà fait le 15 mai, la directrice du FMI n'a pas exclu d'étudier "toutes les alernatives possibles", et notamment un abandon de l'euro par la Grèce. Le FMI reprendra d'ailleurs le dialogue avec Athènes après ces élections du 17 juin.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2012 à 12:26 :
oui enfin, tous ces beaux messieurs et dames qui n'ont que le mot à la bouche : "croissance, croissance, croissance !!!...." comme aurait dit de Gaulle, la croissance ça ne se décrète pas...de deux choses l'une, soit c'est l'état qui lance des frais et travaux...et l'on sait que la trésoreries d'une bonne partie des états européens est exsangue...et de l'autre, ce sont les ménages et les entreprises qui doivent tirer ladite croissance, or le chômage s'accroit, donc les dépenses diminuent, les autres consommateurs économisent par peur d'une dégradation de la situation, les entreprises quant à elles dans un environnement hostile et incertain retardent les investissements...et je ne parle pas de la fiscalité accrue sur les uns et les autres qui vont "plomber" les consommations....donc bêler "croissance, croissance...." est un non sens si on n'a pas les moyens de mettre en route une croissance durable et fiable. Nous avons de plus deux gros inconvénients en europe, en premier lieu, nous avons déjà tout, en second lieu, nous sommes devenus des pays de retraités qui consomment peu... par nature...et hormis ce qui s'est passé lors de la dernière guerre, et que l'on doit redouter, je suis pessimiste car je ne vois pas comment provoquer une destruction massive de capital et de biens, qui seule à mon avis pourrait relancer ladite croissance...
a écrit le 22/05/2012 à 16:05 :
Au lieu d'écouter les financiers qui ne pensent qu'a eux, FMI inclus. On ferait mieux d'écouter les conseils de l'ancien ministre d'Argentine en urgence.
a écrit le 22/05/2012 à 15:57 :
Chère Madame, la baisse des salaires, et le détricotage du droit social, ce ne sont pas les meilleurs moyens pour relancer la croissance et faire baisser le chômage. 9a c'est l'approche des réacs et des ennemis du peuple. Ce qu'il faut faire c'est très simple : baisser le train de vie de l'Etat et les rémunérations les plus élevées de la fonction publique, interdire le cumul des mandats ou le parachutage à vie (exemple ce qui se produit avec le Conseil Constitutionnel en France, un scandale), investir dans la formation, l"éducation, la recherche, les infrastructures, interdire les rachats de PME performantes par les grands groupes, décartéliser les marchés, sanctionner lourdement la fraude fiscale et la corruption, interdire les amnisties fiscales, harmoniser la fiscalité et interdire le dumping fiscal comme le dumping social, fiscaliser les transactions financières, taxer les industries polluantes et hautement consommatrices d'énergie, rééquilibrer les parités de change à commencer par le dollar, etc...ça c'est concret et c'est pas la REACTION que vous semble promouvoir aux côtés des néo réacs que nous avons un peu partout en Europe mais j'espère que dans quelques temps on en aura plus.
Réponse de le 23/05/2012 à 12:45 :
j'aimerai savoir qui va financer tout ce beau programme : le premier budget de l'état a toujours été et reste l'éducation...vous voulez dépenser encore plus ? pour quel résultat ? 20 à 25 % d'illettrés en fin de primaire alors qu'ils n'étaient que 7 % en moyenne dans les années 60 avec beaucoup moins d'enseignants ? la recherche je ne dis pas...quoique là aussi il faut des résultats de temps à autres...enfin les infrastructures, il me semble qu'il y en a déjà beaucoup dans le pays, sans compter qu'avec des verts tels que l'en en a, il y a toujours contestation à chaque projet...alors on n'est pas sorti de l'auberge, on veut faire un champ d'éoliennes à 30 MKS de la côte en normandie, et hop, l'association du coin dépose plainte car on les verra trop et que cela va défigurer...
enfin il faut lutter contre la fraude...peut être ignorez vous que nous sommes un sinon le pays le plus taxé au monde, que 47 % de la population ne paye pas d'impôts sur le revenu; et que si l'on continue à augmenter la pression fiscale sur les 53 % restants, nous n'aurons que des miettes pour consommer et peut être même faudra t il faire des crédits pour payer nos impôts....
Réponse de le 23/05/2012 à 15:06 :
il est temps d'arrêter le marché des esclaves et de restituer des droits de douane qui permettent de maintenir des ressources dignes pour tous
pigeon

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