Les Allemands face à la crise européenne : qui pense quoi ?

Le ton monte en Allemagne au sujet de la Grèce et de la politique européenne de la chancelière Merkel. Après l'échange entre la BCE et la Bundesbank, la fièvre gagne la coalition conservatrice. Tour d'horizon d'un pays en pleine ébullition et de ses protagonistes.
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Angela Merkel : La chancelière caracole toujours en tête des sondages et jouit d?un fort soutien de la population (70% lui font confiance). Jusqu?ici sa stratégie a consisté à se montrer intraitable face à ses partenaires européens sur la nécessité de réformes puis à faire quelques concessions de dernière minute. C?est, d?après Niels Annen, spécialiste des questions européennes à la fondation Friedrich Ebert, une de ses faiblesses : « Angela Merkel n?a pas de solution durable pour cette crise, elle joue au coup par coup, en essayant de ménager ses alliés ».


La CSU : Premier allié de la CDU, la CSU bavaroise se montre de plus en plus critique. Ce dimanche, le secrétaire général de la CSU, petite soeur bavaroise de la CDU, a déclaré dans le Bild Am Sonntag « s?attend(re) à une sortie de la Grèce de l?euro en 2013 » et ainsi désavoué la chancelière. Il a été suivi par le chef de la CSU, Horst Seehofer : « nous sommes arrivées à un point où le gouvernement de Bavière et la CSU ne peuvent plus dire « oui ». Avant de menacer de ne plus respecter les accords de coalition.


Le FDP : véritable poil-à-gratter de la coalition, le ministre libéral de l?Economie Philipp Rösler sème les petites phrases contre la politique européenne d?Angela Merkel. Fin juillet, il assure qu?une « sortie de l?euro ne lui fait pas peur » et fera tanguer la coalition. Pour Niels Annen, « Rösler joue sa survie en politique et son parti subit une crise existentielle, avec moins de 5% d?intentions de vote. Seehofer voit lui venir l?élection au parlement de Bavière, l?an prochain. Il essaye un positionnement sur une ligne plus dure pour progresser dans les intentions de vote. »


La CDU : le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, est considéré comme le plus pro-européen des ministres CDU. S?il appelle constamment à des contreparties des Etats en difficultés, il se veut conciliant. Sa relation avec la chancelière est cependant plus compliquée qu?il n?y parait, notamment en vue des législatives de septembre 2013.

Le SPD : Les sociaux-démocrates allemands peinent à trouver la bonne ligne de conduite. Pro-européen, les députés socialistes ont jusqu?ici voté tous les plans de sauvetage au Bundestag. Plusieurs leaders du parti se sont prononcés pour une mutualisation de la dette, un positionnement qui fait le jeu de la coalition, laquelle accuse depuis le SPD de vouloir dilapider l?argent du contribuable allemand.


Dans les plus petits partis, les Verts sont favorables à une politique solidaire envers les pays en difficultés alors que le parti d?extrême gauche die Linke souhaite faire annuler le vote du Mécanisme européen de stabilité après avoir saisi la cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Le rôle des institutions et des instituts économiques

Karlsruhe : La cour constitutionnelle allemande va rendre un jugement clé le 12 septembre prochain : elle devra statuer si le MES 'Mécanisme européen de stabilité) et le paquet fiscal sont compatibles avec la loi organique allemande. Si une décision négative est peu probable, l?institution à plusieurs fois sérieusement menacé les politiques allemands de donner raison aux plaignants. Une déconvenue serait catastrophique pour la chancelière.

Bundesbank : Dans un entretien au Spiegel, Jens Weidmann, le président de la « Buba », s?est dressé contre un possible un rachat d'obligations publiques par la Banque centrale européenne (BCE) pour soulager l'Espagne ou de l'Italie, un scénario qu'il assimile à un "financement des Etats par la planche à billets". Le successeur de l?intransigeant Axel Weber a depuis reçu le soutien d?Angela Merkel.

Les instituts économiques : que ce soit l?Institut bavarois Ifo et ou le DIW berlinois, les Instituts économiques allemands s?opposent souvent à la politique de Merkel et refusent toute mutualisation des dettes ou union des transferts. Le très médiatique chef de l?Ifo, Hans-Werner Sinn, s?agite de toutes ses forces pour infléchir la politique européenne d?Angela Merkel et demander une sortie de la Grèce de l?euro. Une position partagée par le président de l?association des exportateurs allemands la BGA, Anton Börner, et les 150 universitaires allemands qui s?opposent au refinancement des Etats par le MES.
 

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Commentaires 19
à écrit le 29/08/2012 à 6:02
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Si je comprend bien l'article la politique des dirigeants allemands est dictée par l'opinion publique qui elle est manipulé par la presse et les médias qui eux agissent selon les v?ux du gros capital allemand de qui ils dépendent financièrement, ne s...

à écrit le 28/08/2012 à 14:52
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J ai rien contre le peuple Allemand, mais les politiques ne devrai pas oublier que si l Europe n avait pas été la,la réunification leur aurai coûté plus chère et de plus si ils sont dans cette position d excédent dans l exportation c est aussi grâce ...

le 28/08/2012 à 15:21
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je pense que vous vous trompez sur la question de financement de l'unifiucation del'ex RDA et la BRD. C est l'allemagne qui as tout payé et toute seule. Pour Info le plus grand contribuable net en UE c est l'Allemagne toujours ete et elle l'est encor...

le 28/08/2012 à 15:57
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@rafale, vous avez raison que l'allemagne n'a pas reçu de subsides directes de l'UE, en revanche ils n'ont pas respecté à cette époque les critères de déficit budgétaire, je les trouve donc assez mal placé pour faire autant la leçon au reste de l'eur...

le 28/08/2012 à 19:25
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RPR a raison : non seulement la parité d'entrée de l'Allemagne dans la zone Euro était une aberration (due à la réunification toute fraîche alors), mais en plus cette parité - j'enfonce des portes ouvertes - est demeurée inchangée depuis. L'appréciat...

le 29/08/2012 à 9:08
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@truk, absolument, cette absence de réévaluation est une simple abbération économique. d'ailleurs depuis 10ans l'allemagne réalise entre 65% et 75% de toutes ses exportations vers les seuls pays de la zone Euro !! (source ministère allemand de l'écon...

le 30/08/2012 à 3:17
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@ RPR, "deal absolument stupide" in deed, mais il faut se souvenir que quand "les Français ont accepté ce deal absolument stupide" la France avait aussi un excédent commercial et les dirigeants de l'époque (Mitterrand) croyaient pouvoir profiter des...

à écrit le 28/08/2012 à 14:15
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petite correction : ' le SPD se prononce pour une mutualisation de la dette APRES integration europeenne'; je traduis " ok, on veut bien payer un peu plus, mais si vous n'avez pas les c... de faire le menage, on va le faire a votre place'

à écrit le 28/08/2012 à 14:06
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Il y a trop de pipo-litique et la population en est victime. Ce qu'il est nécessaire et vital c'est de contrer les manoeuvres funestes qui conduisent à l'élimination de millions de gens.

à écrit le 28/08/2012 à 12:55
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Comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là ! http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/10-raisons-sortie-de-l-union-europeenne

à écrit le 28/08/2012 à 9:59
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@journaliste : travaillant pour une société allemande et m'y rendant tous les mois, je pense que l'on peut ajouter une autre ligne de fracture dans le pays entre les citoyens en général qui penchent lentement mais surement pour une sortie de l'euro e...

le 28/08/2012 à 11:26
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Les Allemands ont une position ambigüe, ils sont 2/3 à ne pas vouloir payer plus pour la Grèce et 60% à vouloir la sortie de la Grèce de l'euro. http://www.20min.ch/finance/dossier/eurokrise/story/22632540 en même temps ils soutiennent massivement l...

le 28/08/2012 à 14:03
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parce qu'on raconte n'importe quoi aux allemands comme aux Français. pour arriver à démêler quelque chose de ce maelstrom politico économique. La crise de l'Euro ou de la dette est en fait une crise de confiance une crise de fait politique. L'Europe...

à écrit le 28/08/2012 à 9:03
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Cette construction Européenne "autoritaire" et l'Euro exigé et imposé par l'Oncle Sam sera la plus grosse arnaque de l'histoire contemporaine et le vol déficitaire "organisé" des peuples par les banksters, et la plus grande régression sociale et la ...

le 28/08/2012 à 9:28
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Faut pas confondre les effets de la mondialisation et ceux de la crise de l'endettement public et faut arrêter de tout mettre sur le dos de l'euro et de la construction européenne. La France seule au monde et décadente depuis 30 ans, n'a aucune chanc...

le 28/08/2012 à 9:38
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Alors là, cher Gaulois, vous êtes tout à fait à côte de vos p... A part J.F.Kennedy aucun président américain était pour une Europe et encore moins pour un Euro! Par contre les Français pourraient se mettre au travail et dépoussiérer leur pays et sys...

le 28/08/2012 à 11:32
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Evidement que les USA sont pour l'EURO, c'est le FMI et la FED qui finance (Draghi ex gsachs) ! Ils savent très bien que cela ne marchera pas car ce sont eux qui tiennent les règles et décident des limites. Regardez bien l'envi de revenir à l'étalon ...

le 28/08/2012 à 12:07
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FMI? Madame LAGARDE?

le 28/08/2012 à 12:52
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Ce qui est bien vai dans tous ces commentaires, c'est que la France est en voie de décadence depuis près de 30 ans...Entre une gauche qui a du mal à se sortir de ses vieux démons, et une droite qui a perdu ses valeurs (d 'où la défaite aux présidenti...

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