L'attentisme tactique de Mario Monti

 |   |  493  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le président du conseil italien ne fera pas la course à sa propre succession. Pas sûr pour autant qu'il abandonne son poste après le scrutin du mois d'avril.

Les marchés et les dirigeants européens aiment Mario Monti. Les Italiens aussi, d'ailleurs, puisqu'il reste l'homme politique le plus populaire du pays malgré la récession créée par sa politique de rigueur. Mais l'ancien commissaire européen juge que ce n'est pas là une raison suffisante pour poursuivre sa mission au-delà des élections parlementaires prévues en avril prochain.

Retour à une vie politique « normale » ?

L'actuel président du conseil a donc répété sur la chaîne CNN qu'il n'entendait pas se présenter à sa propre succession. Il a ainsi répété ce qu'il avait annoncé début septembre : son gouvernement technocratique, nommé en novembre 2011, n'a pas vocation à demeurer éternellement. « Je pense qu'il est important que la vie politique italienne reprenne son cours normal », a précisé à CNN Mario Monti.

Attentisme

Reste que l'on sent bien que derrière cette volonté de laisser la démocratie faire son chemin, Mario Monti ménage l'avenir et ne ferme pas la porte. Sa force dans l'opinion transalpine, c'est évidemment sa capacité à apparaître comme le plus « neutre » possible, comme le « sage » au-dessus des partis. Il n'a donc aucun intérêt à mener un camp lors de la campagne électorale. D'où sa fin de non-recevoir adressée à Silvio Berlusconi qui, dans une interview à la version italienne du Huffington Post, lui demandait de prendre la tête du centre-droit dans la campagne.

Situation politique bloquée

Mario Monti préfère voir la situation politique italienne devenir toujours plus complexe et se dégrader. Les deux grands partis, le parti démocratique de centre-gauche et le peuple de la liberté de centre-droit, sont en chute libre dans les sondages. Ils peinent à trouver des leaders crédibles et à la hauteur des enjeux. Ils sont concurrencés par les partis protestataires, notamment le mouvement « 5 Etoiles » de l'humoriste et blogueur Beppe Grillo. Bref, il y a fort à parier que l'issue des élections ne permettent guère de sortir le pays de l'ornière.

Le pari de Monti

Aussi Mario Monti a tout à gagner à attendre et à observer. Il peut dire , comme il l'a fait sur CNN, « souhaiter qu'il y ait une grande responsabilité et une grande maturité. » Mais si ce n'est pas le cas ? Nul doute que les marchés, qui ont fait de Mario Monti leur champion, ne tarderont pas à attaquer le pays. Au reste, on se demande bien qui, dans la classe politique italienne, pourrait trouver grâce aux yeux des investisseurs qui semblent vivre dans la terreur des « incertitudes de l'après-Monti. » Il y a donc fort à parier qu'en avril, au lendemain des élections, le spread (écart de taux d'emprunt) repartira à la hausse. La panique s'emparera de la péninsule et le seul recours sera évidemment... Mario Monti. Lequel aura alors réussi à conserver son logis au Palazzo Chigi en tenant sa promesse : il n'aura pas fait campagne, ni chercher à reconduire son gouvernement technocratique. Il aura laissé sa chance à la démocratie italienne...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :