Les primaires de la gauche italienne : une chance pour Mario Monti ?

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Pier Luigi Bersani, vainqueur des primaires de gauche en Italie. Copyright Reuters
Pier Luigi Bersani, vainqueur des primaires de gauche en Italie. Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La victoire de Pier Luigi Bersani lors des primaires du centre-gauche italienne pourrait profiter à l'actuel président du conseil italien.

C'est donc Pier Luigi Bersani qui portera les couleurs du parti de centre-gauche italien, le parti démocratique (PD) lors des élections législatives italiennes du printemps prochain. L'actuel secrétaire général de ce parti a largement devancé le maire de Florence, Matteo Renzi, et l'emporte avec quelques 60 % des suffrages exprimés.

Victoire de l'appareil

Les sympathisants du PD ont donc choisi la sécurité d'un homme d'appareil de 61 ans, entré en politique comme militant du Parti communiste italien dans les années 1980 et qui, depuis, a accompagné l'évolution de ce parti vers le réformisme le plus modéré. Ministre du gouvernement Prodi en 1996, Pier Luigi Bersani a l'avantage de rassurer la base du parti et sa gauche par ses origines communistes et d'assurer un pragmatisme qui est la marque du centre-gauche italien depuis 1989. En face, Matteo Renzi, 37 ans, ancien centriste de tendance chrétienne-démocrate, a raté son pari d'une modernisation et d'un rajeunissement de la vie politique italienne. Il ne sera pas, en tout cas cette fois, le « Tony Blair » ou le « Barack Obama » italien.

Quel effet Bersani ?

Quelles sont les conséquences pour le scrutin ? Le PD bénéficie actuellement de « l'effet primaire. » Sous le feu des médias, il caracole en tête des sondages et se renforce actuellement, mais aucune enquête ne lui attribue plus de 31 % des intentions de vote. C'est moins que les 33 % récoltés lors de la défaite de 2008. La question est de savoir si Pier Luigi Bersani pourra maintenir ce mouvement. Dans les enquêtes d'opinion, il semblait en effet beaucoup moins populaire que Matteo Renzi auprès de l'électorat centriste. Or, compte tenu de l'effondrement politique du centre-droit, il y a là pour le PD une réserve potentielle de voix dont Pier Luigi Bersani, incarnation de la gauche modérée italienne, pourrait devoir se priver. Reste que le premier sondage post-primaire semble confirmer la percée du PD, donné à 35 %.

Quelle alliance ?

Evidemment, compte tenu de la complexité de la loi électorale italienne, il est difficile encore de faire des projections en sièges, mais il semble évident que le PD devra s'allier à un ou plusieurs partis pour former une majorité. Or, derrière lui, c'est le mouvement protestataire « 5 Etoiles » du comique et blogueur Beppe Grillo qui semble s'installer avec 18 à 20 % des intentions de vote. Ce parti est violemment opposé à la politique de Mario Monti et une alliance avec le PD semble impossible. Restera donc à Pier Luigi Bersani la possibilité de mener une « grande coalition » avec le centre-droit, actuellement à la dérive avec moins de 15 % des intentions de voix mais sans doute néanmoins indispennsable, ou avec les petits partis centristes.

Monti en embuscade

Dans tous les cas, il n'est pas certain que Pier Luigi Bersani, en tant qu'apparatchik du PD, soit le mieux placé pour mener une telle coalition. Naturellement, on se tournera donc vers Mario Monti qui, du reste, commence à sortir progressivement du bois. D'autant que les marchés paniquent dès que l'on évoque le départ de l'actuel locataire du palais Chigi. Comme il est fort peu probable qu'il y ait un grand mouvement d'opinion en faveur de Bersani, il semble donc que Mario Monti puisse encore avoir sa carte à jouer dans la politique italienne. Cela aurait sans doute été plus difficile face à Matteo Renzi.
 

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Commentaires
a écrit le 03/12/2012 à 10:43 :
"...dès que l'on évoque le départ de l'actuel locataire de Mario Monti"

L'auteur voulait probablement dire : dès que l'on évoque le départ de l'actuel locataire du Palais Chigi, qui est la résidence du président du conseil Italien.

Sérieusement, il serait temps que la tribune se paye les services d'une ou deux secrétaires de rédaction. Il est invraisemblable de poster des articles sans même qu'ils aient été relus.
Réponse de le 04/12/2012 à 9:45 :
Mais au moins, voici un article correctement rédigé, avec des liens vers plusieurs sources, ce qui est très rarement le cas sur ce site.

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