Mario Monti va-t-il être candidat aux élections législatives de février en Italie ?

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Le chef du gouvernement italien démissionnaire Mario Monti semble peu enclin à se présenter aux élections législatives de février.

Le chef du gouvernement italien démissionnaire Mario Monti semble peu enclin à se présenter aux élections générales de février, laisssant la voie ouverte à un affrontement entre le centre-gauche et l'imprévisible Silvio Berlusconi. "Je ne sais pas encore (ndlr: si je vais me présenter). Mais quelque chose en moi me dit de ne pas le faire", affirme-t-il dans une interview publiée dimanche dans la Repubblica. "Qui s'engage dans des élections le fait pour gagner", note-t-il exprimant quelques doutes sur les capacités du centre à remporter plus de 9 à 12 % des suffrages.

Pressé par les centristes, l'Eglise et les grands entrepreneurs

L'Italie est suspendue aux lèvres du président du conseil qui donne une conférence de presse ce dimanche à partir de 10H00 GMT, lors de laquelle il devrait dresser le bilan de ses 400 jours à la tête du pays et dévoiler ses intentions. Pressé par les centristes, l'Eglise et de grands entrepreneurs de se lancer dans la course pour les élections programmées les 24 et 25 février, Mario Monti a démissionné vendredi, dès l'adoption du budget, comme il l'avait annoncé après avoir perdu le soutien du parti de Silvio Berlusconi. Mario Monti "doit révéler ses intentions une fois pour toutes", s'impatiente le journal économique Sole 24 ore. "Le pays a besoin de clarté".

Un programme de réformes à mettre en oeuvre pour le prochain gouvernement

Après 13 mois passés au palais Chigi, l'ancien commissaire européen a démissionné vendredi après le vote du budget 2013 par le Parlement comme il s'y était engagé après la fronde menée par les élus du Peuple de la Liberté (PDL, centre-droit) de son prédécesseur Silvio Berlusconi. Mario Monti, nommé en novembre 2011 à la tête d'un gouvernement de techniciens pour aider l'Italie à sortir de la crise financière, a annoncé à la "Repubblica" qu'il présenterait dimanche matin un programme de réformes à mettre en oeuvre, selon lui "pendant les 100 premiers jours du prochain gouvernement". Le président du Conseil sortant a ajouté que son programme préconiserait de nouvelles lois contre la corruption, une dérégulation de l'économie afin de favoriser la concurrence et "par-dessus tout" des investissements dans l'éducation et la recherche.

Mario Monti est-il trop seul ?

Mario Monti a par ailleurs dit craindre que la plate-forme du Parti démocrate (PD, centre-gauche), grand favori de l'élection, penche trop à gauche, mais a affirmé qu'il ne soutiendrait "jamais" Silvio Berlusconi et que les formations centristes ne le convainquaient pas. Certains observateurs envisagent pourtant que Mario Monti apporte son soutien à une nouvelle formation centriste créée par le président du groupe Ferrari, Luca Cordero di Montezemolo ou encore soutienne plusieurs petits partis qui s'engageraient à poursuivre sa politique de rigueur budgétaire.

Mario Monti est plébiscité par de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement en Europe mais la politique d'austérité qu'il a menée ne l'a pas rendu populaire dans son pays - 61 % des électeurs interrogés par l'institut de sondage SWG ne souhaitent pas qu'il entre dans la campagne. Certains observateurs n'excluent toutefois pas que le 'Professore" puisse décider de revenir sur la scène politique plus tard dans la campagne, si les sondages se font plus cléments. L'Italie, troisième économie de la zone euro, est entrée en récession mi-2011 et le taux de chômage a atteint un niveau record de 11 % de la population active. Malgré la politique d'austérité menée par Mario Monti, la dette de l'Italie a franchi en octobre pour la première fois le seuil symbolique des 2.000 milliards d'euros et devrait continuer à augmenter en 2013.

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a écrit le 23/12/2012 à 10:47 :
L'Europe, surtout du sud, se vide de son sang et agonise. Dû à l'énorme excédent commercial de l'Allemagne (16 Milliards par mois, je répète : PAR MOIS, en moyenne et ceci depuis 17 ans) l'Euro est surévalué pour la plus part des autres pays de l'Union monétaire. Cela favorise les importations et pénalise les exportations, de la le déficit de la balance commerciale de la plus part des pays de la Zone Euro dont la France, de la le chômage en général mais surtout des jeunes et les déficits budgétaires qui en découlent par manque à gagner. Pire encore, les bénéfices réalisé par les entreprises allemandes dans les pays déficitaires de la Zone Euro sont en grande partie réinvestis en dehors de celle-ci, souvent dans les pays de l'ancien bloc soviétique, ce qui en fait n'est autre qu'une fuite de capitaux légale. Conséquence, le centre politique et économique de l'UE se déplace vers l'est, plaçant ainsi l'Allemagne au centre de celle-ci. Le chômage des jeunes qui en découle oblige beaucoup de jeunes hautement qualifiées à chercher fortune sur d'autres continents, ce qui est non seulement une tragédie humaines mais équivaut à un drainage de cerveaux qui à long terme s'avérera tragique économiquement pour toute l'UE. Il faut revoir les traités pour pouvoir arriver à une plus grande convergence des économies de la zone Euro et à une répartition équitable du travail à l'intérieur de celle-ci si nous voulons réussir l'Europe.

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