La Slovénie sera-t-il le sixième pays de la zone euro à faire appel à une aide de l'Union européenne ?

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Le gouvernement slovène de centre-gauche a adopté jeudi en conseil des ministres un plan d'assainissement des finances publiques, qui va être communiqué à la Commission européenne afin d'éviter un recours à l'aide financière internationale, a annoncé la Premier ministre, Alenka Bratusek.

La Slovénie, échaudée par les conditions drastiques imposées par l'Union européenne à Chypre pour une aide, a joué son va-tout jeudi avec la présentation par le gouvernement de centre-gauche d'un plan d'assainissement des finances publiques devant éviter ce recours. Il va être communiqué à la Commission européenne, qui aura à donner son avis et déterminer si la Slovénie sera ou non le sixième pays de la zone euro à faire appel à une aide de l'Union européenne (UE), après Chypre, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande et la Grèce. Les spéculations sur une demande d'aide de l'ex-élève-modèle parmi les anciens pays communistes membres de l'UE, s'étaient renforcées après le sauvetage de Chypre, même si les deux cas diffèrent fortement: le secteur bancaire slovène représente 130 % du Produit intérieur brut (PIB) quand les banques chypriotes représentent 800 % du PIB.

Au cours d'une conférence de presse à Ljubljana, la Premier ministre slovène Alenka Bratusek, avec à ses côtés le ministre des Finances, Uros Cufer, a souligné qu'il s'agissait d'assainir les finances publiques, notamment le secteur bancaire public, au bord de l'implosion, et de stimuler la croissance. Le secteur bancaire public croule sous une montagne de créances douteuses : environ sept milliards d'euros, soit 20 % du PIB, la Slovénie, petit pays de deux millions d'habitants issu de l'ex-Yougoslavie communiste, payant ainsi sa décision de ne pas privatiser ses principales banques publiques lors de son indépendance, en 1991. En conséquence, Ljubljana va injecter 1,3 milliard d'euros dans les banques publiques, ce qui aura pour conséquence le creusement du déficit public à 7,8 % du PIB en 2013 -- contre 3,7 % en 2012.

Bratusek renonce à un impôt de crise frappant tous les Slovènes

Le plan d'assainissement comprend pêle-mêle des économies, des privatisations d'entreprises publiques, de nouveaux impôts et des augmentations d'impôts déjà en vigueur, économies et recettes nouvelles étant à l'équilibre, à 50/50. Ce plan est censé générer un milliard d'euros par an, selon Uros Cufer. Parmi les mesures annoncées, le chef du gouvernement a créé une certaine surprise en renonçant, dans un premier temps, à "un impôt de crise" frappant tous les citoyens : "Nous sommes conscients que le renoncement à un impôt de crise aura un impact positif pour l'économie et c'est pourquoi nous avons choisi la solution qui aura le moins de conséquences négatives pour la croissance", a-t-elle déclaré. Toutefois, si ce plan ne produisait pas les effets escomptés, alors "un impôt de crise" pourrait faire partie "d'un plan B", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, le gouvernement a décidé d'augmenter la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à compter du 1er juillet - le taux généraliste passant de 20 à 22 % et le taux pour les produits de première nécessité augmentant de 8,5 à 9,5 % -, et d'instaurer un impôt foncier et immobilier à partir de janvier 2014, cette dernière mesure ayant été initialement prévue pour 2015. Aucun chiffre de taux n'a été cité pour ce nouvel impôt. Comme prévu, Alenka Bratusek a également annoncé que le gouvernement allait proposer au Parlement la privatisation à 100 % d'entreprises publiques. Uros Cufer a précisé qu'elles seraient au nombre d'une quinzaine, notamment la banque NKBM, le groupe de télécommunications Telekom, la compagnie aérienne Adria Airways, l'aéroport de Ljubljana et le producteur agro-alimentaire Zito. Enfin, si Alenka Bratusek et Uros Cufer ont annoncé une réduction du train de vie de l'Etat et des dépenses publiques, ils n'ont cependant donné aucune précision, renvoyant notamment à la délicate négociation en cours avec les syndicats sur une nouvelle réduction de salaires des fonctionnaires, qui avaient déjà diminué de 8% en 2012.

Maintien de "la totale souveraineté"

Alenka Bratusek, au pouvoir depuis seulement sept semaines après le renversement au Parlement du gouvernement conservateur de Janez Jansa, a souligné que ce plan devait permettre à la Slovénie de "conserver sa totale souveraineté" tout en "correspondant aux critères de l'UE". Enfin, elle a annoncé sa détermination à combattre énergiquement contre "l'économie grise", avec un renforcement de la législation contre le marché noir.

Un dirigeant de l'opposition conservatrice, l'ancien ministre Andrej Vizjak, a critiqué la hausse de la TVA qui aura "un impact négatif sur une économie luttant déjà pour survivre". Si l'agence d'évaluation financière américaine Moody's avait rangé le 30 avril la note souveraine du pays dans la catégorie "spéculative", la Slovénie avait toutefois réussi à lever le 3 mai 2,7 milliards d'euros, avec une demande forte. Autre atout du pays, son endettement total qui reste bien en-dessous de la moyenne européenne : 54,1% du PIB en 2012, contre 90,6 % pour la zone euro.

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a écrit le 10/05/2013 à 21:54 :
Buvons à la santé de l'union européenne
http://www.u-p-r.fr/wp-content/uploads/2010/11/Fly-Fetedeleurope.jpg
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est
Excellent cours d'histoire et de géopolitique.
Comprendre la dette publique
http://www.youtube.com/watch?v=ZE8xBzcLYRs

a écrit le 10/05/2013 à 14:18 :
TVA...TVA...TVA...A quoi sert l'augmentation de la TVA ? Avec cet augmentation, le pouvoir d'achat coûtera cher. Si le gouvernement augmente la TVA, si le public boycotte l'achat, ou bien si TOUS se rendent en Belgique, que gagnera le gouvernement avec la TVA ? Et avec l?augmentation des impôts. Et encore, si le peuple n'a pas de travail, d?où viendront les impôts. Si les Slovéniens demandent de l'aide, c'est normal, mais de l'autre côté, il faut qu'ils fassent un effort pour qu'un autre état européen leur fasse confiance, une "garantie"... sans aide personne ne peut rien développer son économie, même un Etat.
a écrit le 10/05/2013 à 13:46 :
Les pauvres...ils veulent se suicider......!! bof, tout compte fait, ils feront ça, en compagnie, et quelle compagnie !!!
a écrit le 10/05/2013 à 11:48 :
Les dominos tombent les uns après les autres, l'Euro apportant une fois de plus, la preuve de son efficacité dans la chute des économies et le maintien dans la dépression. Mais, on vous dira encore, que ce n'est pas à cause de la monnaie commune mais des méchants Etats qui "vivent au-dessus de leurs moyens" ou du coût du travail "exorbitant". Voyons, vous n'avez toujours pas compris qu'on veut faire des travailleurs de l'UE des esclaves compétitifs et dociles façon made in China ?
Réponse de le 10/05/2013 à 12:22 :
TC, Retourner aux monnaies locales impliquera une dévaluation encore plus brutale, jusqu'à atteindre l'équilibre du commerce extérieur... avec à la clé une violente baisse du niveau de vie, et une hausse tout aussi énorme de la dette ! Est-ce bien ce que vous souhaitez ?
Réponse de le 10/05/2013 à 12:49 :
@Yves : toujours la même rengaine des européistes, on brandit la menace d'une dévaluation monétaire "brutale" avec une conséquence de baisse du niveau de vie "énorme", etc. Pathétique ! 1) Plusieurs études ont montré (Natixis, Sapir etc) que si nous retournions au franc, l'impact d'une dévaluation monétaire serait très minime 2) Que croyez-vous que provoque la dévaluation interne (pratiquée partout dans les pays du sud de la zone euro), si ce n'est une baisse des salaires et du niveau de vie ? 3) Il va falloir m'expliquer comment la dette augmenterait avec sa conversion en franc sachant que la parité avec l'euro serait appliquée, soit 1 franc = 1 euro ?
Réponse de le 10/05/2013 à 13:11 :
ça arrange uniquement les "affairistes" cette UE et cet euro! vous pensez bien que les gouvernements et Bruxelles s'y accrochent tous vent debout !! je vous suis pleinement ++ 100000000 !
Réponse de le 10/05/2013 à 13:47 :
@TC & jacques : L'Euro et l'Europe n'ont été créés que pour satisfaire les financiers au détriment des peuples. Pourquoi alors ne pas avoir créer une monnaie mondiale unique et tout ce qu'elle engendre (taxes notamment)
Réponse de le 10/05/2013 à 14:34 :
Sacré TC. Ignorez vous que la dévaluation était une des, sinon l'unique arme pour rééquilibrer les niveaux économiques de pays divergents ? Alors OK, s'en suivait une inflation un peu supérieure les 2/3 premières années mais cela permettait de relancer l'économie. La dévalutaion de la monnaie n'étant plus possible, on assiste à une dévaluation interne (les salaires) qui détruit totalement l'économie. Vous préférez un peu d'inflation pendant 2/3 ans ou la ruine ? Je vois que vous faîtes le choix de la 2ème option. Les européistes aussi et on voit le résultat.
Réponse de le 10/05/2013 à 18:29 :
@Clyde, Où avez-vous vu que je faisais le choix de la ruine ? J'ai pourtant été claire, il me semble.^^
Réponse de le 10/05/2013 à 18:30 :
@Clyde : Ah, c'est de l'ironie, au temps pour moi !!!
Réponse de le 11/05/2013 à 9:18 :
bien parlé, exact ++++
Réponse de le 11/05/2013 à 10:57 :
Autant pour moi TC, je me suis trompé d'une ligne, je répondais à Yves après relecture.
a écrit le 10/05/2013 à 0:13 :
Impossible que la Slovénie demande de l'aide voyons ! Nos sauveurs du FMI, de l'UE et de la BCE nous ont dit qu'après la Grèce, plus aucun pays ne poserait problème ! D'ailleurs, ils l'ont redit après l'Irlande. Puis répété après le Portugal. Réitéré après l'Espagne. Redit après Chypre. Autant dire que c'est impossible : la Slovénie n'a donc pas besoin d'aide.
Réponse de le 10/05/2013 à 13:09 :
BRAVO !! vous avez tout dit! et il y en a encore pour dire le contraire! il faut de tout, c'est clair, mais lorsqu'ils ouvriront les yeux, nous serons tous, rendus "au moyen âge ".. !!!!
Réponse de le 12/05/2013 à 1:49 :
après la slovénie je mise sur l'italie. qui prend les paris ??? et ensuite je paris que les français aurons découvert françois asselineau et qu'ils auront donc leur sorts entre leurs mains.
a écrit le 09/05/2013 à 22:35 :
Le titre ressemble à une comptabilité mortuaire. Il ne s'agit que de petits pays, prétendus nullement d'exemple systémique bien que les potions administrées, comme à Chypre, aient pu être déclarées administrables à tout un chacun. Six sur dix sept du foirail de l'euro-land, ça commence à ressembler à une pandémie, d'autant que les gros tels l'Espagne ou l'Italie paraissent tellement indigestes qu'on en semonce une France vouée aux gémonies. Vous avez dit Europe, mais qu'est-ce que pareil machin mortifère ?
Réponse de le 10/05/2013 à 13:14 :
EURO=misérabilisme de tous les pays.....cancer chronique ! on pourrait largement mieux faire, et mieux vivre, non ? ;;;
a écrit le 09/05/2013 à 19:01 :
Complètement faux ! Si on sort de l'Euro, on retourne au moyen-âge !
Que serait la France aujourd'hui si elle n"était pas dans l'Euro ? Elle serait dans le trou !
Le Franc vaut rien aujourd'hui et les prix seront multiplié au moins par deux sans augmentation de salaires !
Alors oui ! sortons de l'Euro, mais après il ne faudra pas vous plaindre, comme vous en avez l'habitude !
Finalement, ça ne va pas si mal que ça en France quand on voit comment vous foutez l'argent par le fenêtres !
Réponse de le 09/05/2013 à 19:25 :
sortons de l'euro....si si sortons cette Europe là... beaucoup n'en veulent plus.. je pourrais argumenter ....mais trop long.....pas envie de faire un cours d'histoire.. ni d'économie
je reconnais pourtant .... la réflexion est très difficile... rien n'est acquis..jamais
mais le vivre ensemble... je n'y crois plus du tout....désolé....
Réponse de le 09/05/2013 à 21:38 :
@pbrn2004

Je vous retourne la question: que serait l'euro aujourd'hui sans la France? De mon point de vue ce ne serait qu'un vague projet politique d'union monétaire sans aucune application possible par défaut de crédit. L'Europe coûte extrêmement cher aux états fondateurs, d'autant plus suite à la démesure de son expansion en direction de nations corrompues. Devant la passivité des citoyens européens et la fuite en avant des responsables politiques, l'intégration de la Turquie est quasi-acquise et sera la boite de pandore qui étendra l'islam au coeur de la vielle Europe de tradition chrétienne. Ne croyez pas au leurre de la laïcité proposée par des islamistes "modérés" qui n'ont qu'un seul but depuis des siècles: dominer le monde par la terreur. Il suffit de pointer son regard sur le statut des femmes pour découvrir le pot aux roses.
Réponse de le 10/05/2013 à 3:09 :
"l'intégration de la Turquie est quasi-acquise et sera la boite de pandore qui étendra l'islam au c?ur de la vielle Europe de tradition chrétienne"
Ça fait un bail que l'Europe n'est plus Chrétienne (au sens noble du terme).
La récente loi sur le mariage gay en France et dans d'autres pays le prouve...
"Il suffit de pointer son regard sur le statut des femmes pour découvrir le pot aux roses."
Nos femmes "Chrétiennes" teintées de féminisme sont devenues tout simplement invivable a un tel point que de moins en moins de mecs veulent se marier et préfèrent faire "Eternal Bachelor" (terme très connu aux USA).
Réponse de le 10/05/2013 à 10:28 :
Ou son vos arguments ? L'ue et l'euro sont une catastrophe. Quel est le bilan de 20 ans de cette dicature européenne ? Misère, chômage et dette infinie. Si vous voulez vous renseigner avec de vraies analyses de la situation : www.u-p-r.fr
Réponse de le 10/05/2013 à 13:17 :
@@pbrn2004 + 1000 on se liquéfie, les uns après les autres, c'est pire qu'Attila cet euro....partout où il passe, tout le monde TREPASSE !!
Réponse de le 10/05/2013 à 14:27 :
@ Chute Finale on vous sent un peu aigri envers les femmes Ma compagne est catholique ,feminine et modérement féministe je l adore ( et non elle est pas derriere moi a lire ce que j écris!) Faut pas généraliser
Réponse de le 10/05/2013 à 14:30 :
Et le vainqueur de la stratégie de la terreur du jour est... roulement de tambour... pbrn2004 !!! Encore un cassandre de l'apocalypse qui annône les prophéties chaotiques sans aucun argument. Regardez la Suisse ou la Norvège: au bord de la ruine sans l'euro. Ah non tiens. Quand la persuasion par la peur devient un argument, c'est un signe évident de fébrilité de voir son utopie se liquéfier face aux réalités.
Réponse de le 10/05/2013 à 23:04 :
Suisse et Norvège ne sont pas dans l'union européenne. Ils n'ont pas l'euro. Mauvais exemples de pays dans votre argumentaire : La Suisse, faible population, vit grâce à ce que tout le monde sait (sauf vous), et la Norvège, faible population également, est un des plus gros producteurs de pétrole et de gaz (peut être vous ne le saviez pas).
Réponse de le 11/05/2013 à 10:55 :
Et alors, vous croyez m'apprendre quelque chose ? Chaque pays joue sur ses points forts, quelle découverte ! Ce sont justement les deux exemples les plus proches comme quoi ne pas être dans l'UE ou l'euro ne sont nullement des freins et ne mènent en rien à la ruine. D'autres pays, dans l'UE mais pas dans l'euro, s'en sortent bien mieux (Danemark, Pologne ou Tchéquie). Ce que je dénonce, c'est l'inclination des européistes à faire croire à la fin du monde si l'euro disparaissait ou si nous le quitions alors que c'est totalement faux. Malheureusement, il n'y a pas de débat équilibré sur le sujet car l'euro est une profession de foi.
Réponse de le 12/05/2013 à 1:57 :
et le meilleur exemple est la suède, un martèlement psychologique pour faire adopter l'euro. si le NON l'emportait tout devait s?effondrer. c'est tout l'inverse qui c'est passé.
mieux comprendre l'euro sur www.u-p-.fr
a écrit le 09/05/2013 à 18:48 :
Je déteste la maffia des médias français, ayant des comportements similaires à Sylvio Berlusconi, ancien président du conseil des ministres italien.
a écrit le 09/05/2013 à 18:24 :
Jusqu'à quand allons-nous payer pour les erreurs des autres sans être capable de payer pour nos propres erreurs?
Réponse de le 09/05/2013 à 18:41 :
Jusqu'à la faillite finale de tous les Pays du sud dont la France. L'Europe est une machine infernale que la France peut arrêter en sortant de l'euro et en retrouvant la maîtrise de sa gestion, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Le Peuple Français avait dit non au traité Européen en 2005 et nos dirigeants n'en ont tenu aucun compte. Que de temps perdu pour rien...!
Réponse de le 11/05/2013 à 9:23 :
et pas que de temps perdu pour rien, que faites vous de la souffrance" ?? !!

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