Les agences de notation en désaccord sur la Slovénie. Mais une chose est sûre : ça va mal

"Obligation pourrie" pour Moody's, "niveau d'investissement" pour S&P. Les agences sont partagées sur la situation de ce pays de la zone euro très fragile.
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L'étau se resserre autour de la Slovénie. Ce petit pays de l'ex-Yougoslavie, peuplé de deux millions d'âmes, a été dégradé mardi soir par l'agence de notation Moody's de deux crans, passant de Ba1 à Baa2. Un niveau qui fait désormais de la dette slovène une dette spéculative ou, pour parler comme le font les marchés, une « dette pourrie. » L'agence n'est guère tendre avec Ljubljana puisque la perspective reste négative et, donc, qu'une nouvelle dégradation est à attendre.

S&P ne suite pas

La nouvelle est arrivée au plus mauvais moment pour le gouvernement slovène qui a dû renoncer à une adjudication de dette libellée en dollars prévue le 1er mai. Ce jeudi, le ministre des Finances, encouragé par la décision de S&P de ne pas suivre son concurrent et d'attribuer aux titres que la Slovénie propose d'émettre la note A-, soit un niveau « d'investissement », a annoncé que la vente de dette en dollars aurait bien lieu.

Un gros risque financier

Reste évidemment que la situation devient difficile pour la Slovénie qui est souvent citée comme le prochain pays qui devrait avoir recours à l'aide du Mécanisme européen de Stabilité (MES) et du FMI. Comme le souligne Moody's, la faiblesse principale du pays est son système bancaire. Les deux principales banques du pays comptent dans leur bilan pas moins de 28 % de créances douteuses en raison de prêts accordés un peu trop généreusement. Or, ces banques sont publiques. Leurs difficultés est encore plus qu'ailleurs directement des difficultés de l'Etat lui-même.

Une aide européenne nécessaire ?

Compte tenu de l'environnement économique - le PIB slovène a reculé de 2 % en 2012 et devrait reculer d'autant cette année - le bilan de ces banques devraient continuer à se détériorer, forçant l'Etat a encore recapitaliser les banques. Moody's évalue à 8 à 11 % du PIB le besoin de recapitalisation du système financier slovène. Et comme Ljubljana souffre beaucoup de la défiance des investisseurs après l'affaire chypriote et que son endettement public progresse vite, l'agence estime que le pays aura du mal à financer ces nouveaux besoins par des adjudications classiques. Elle devra demander l'aide du MES et du FMI. Or, Chypre a montré que le coût de « l'aide » européenne est désormais plus lourd. On ne peut donc exclure une restructuration de la dette slovène ou une taxe sur les dépôts. D'où la décision de Moody's.

La Slovénie n'est pas Chypre

S&P, de son côté, préfère attendre. Il est vrai que la Slovénie n'est pas Chypre : les sommes en jeu sont bien moindres. Selon une analyse du think tank britannique Open Europe parue le 11 avril dernier, l'aide européenne pourrait être de 1 à 4 milliards d'euros, bien inférieure aux 23 milliards d'euros nécessaires à Chypre. Par ailleurs, l'endettement public slovène est un des plus faibles de la zone euro, même s'il est passé en quatre ans de 22 % du PIB à 54,1 % du PIB. Enfin, Ljubljana doit théoriquement mettre en place une « bad bank », une structure de défaisance pour ôter les mauvaises créances des bilans des banques, qui serait financer par des émissions obligataires. Même cette décision est soumise à des débats politiques forts et que le parti de la nouvelle premier ministre, Alenka Bratusek, a milité fortement contre sa mise en place. Il n'est psa sûr du reste qu'elle soit efficace, car qui achètera les obligations qui financeront les pertes de cette structure ?.

Agir vite

Désormais, le pays a le dos au mur. Il doit rapidement créer cette structure de défaisance pour envoyer un signe aux marchés et les rassurer. S&P met du reste en garde sur le risque de « mise en place » de cette structure et des réformes économiques et sociales. Outre le bilan de ses banques, le pire ennemi du gouvernement slovène est le manque de confiance que la décision de Moody's ne manquera pas encore d'alimenter. Il est vrai que certaines informations ne sont guère rassurantes. Les analystes d'Aurel ETC Pollak rappelle ainsi que ce sont les banques slovènes elles-mêmes qui, le 17 avril, ont racheté le 1,1 milliard d'euros de dette émise ce jour-là, grâce au financement de la BCE. Autrement dit, tout se passe comme si la Slovénie n'avait déjà plus accès au marché. Le temps presse donc pour Ljubljana, car elle pourrait bien devoir avant la fin du trimestre renflouer ses banques. Sans le soutien du marché, qui est désormais probable, elle devra se tourner vers ses « partenaires. » A quelques mois de la campagne électorale allemande, une telle demande serait, à coup sûr, risquée et douloureuse.


 

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Commentaires 6
à écrit le 02/05/2013 à 18:41
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Et dire qu'en juillet prochain c'est le tour de la Croatie de rentrer dans l'oeil du cyclone. Les croates sont plus que réservés pour une telle entrée et suivent de près ce qui se passe en Europe.

à écrit le 02/05/2013 à 17:05
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Lorque l'Archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône d'Autriche Hongrie, a été assassiné par un nationaliste serbe à Sarajevo, cela a donné lieu, par le jeu des alliances, à la première guerre mondiale. Ce jeu de châeau de cartes est au moins économi...

à écrit le 02/05/2013 à 15:29
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Après le printemps arabe voilà que pointe le printemps européen.

le 02/05/2013 à 16:40
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si c est pour avoir le même resultat non merci Le "printemps" arabe est un miroir aux alouettes pour ceux qui ne savent pas regarder au dela de l illusion

à écrit le 02/05/2013 à 15:08
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Et de six ! Quel autre pays pour tomber la prochaine fois ? L'Italie, l'Espagne, la France ? Elle est belle votre union européenne !

le 02/05/2013 à 15:25
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