Scandale de corruption : Mariano Rajoy rejette la faute sur son trésorier

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En proie à des soupçons de corruption, Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, a promis des explications au pays ce jeudi. Il devrait tenter de faire passer ça au milieu d'un optimisme affiché sur le plan économique pour le pays après la publication de résultats moins pires que prévu.

Sous forte pression politique depuis que son nom est apparu dans un scandale de corruption présumée, "l'affaire Barcenas", le chef du gouvernement de droite espagnol Mariano Rajoy s'est finalement résigné à donner des explications au pays jeudi lors d'une intervention devant les députés. Répondant aux demandes pressantes de l'opposition de gauche et aux révélations distillées dans la presse, Mariano Rajoy a rejeté la faute sur l'ancien trésorier de son parti en affirmant s'être "trompé" en faisant confiance à Luis Barcenas. "Je me présente devant les députés pour fournir les clarifications nécessaires sur la situation que nous vivons", a affirmé Mariano Rajoy, ajoutant qu'il entendait démentir les "mensonges et manipulations" le concernant, et excluant de démissionner. "Je me suis trompé en faisant confiance à quelqu'un qui ne le méritait pas", a-t-il ajouté L'exercice était délicat pour le chef du Parti populaire qui, malgré sa confortable majorité absolue au Parlement, se retrouve en posture difficile, aux prises avec des soupçons de corruption qui, en pleine crise économique, ont déjà entamé sa crédibilité.

343.700 euros touchés au noir pendant vingt ans

Le scandale, du nom de Luis Barcenas, intendant puis trésorier de 1990 à 2009 du Parti populaire, présidé par Mariano Rajoy depuis 2004, avait éclaté en janvier avec la publication dans la presse de documents révélant une présumée comptabilité parallèle au sein du parti. Le nom de Mariano Rajoy apparaissait pour la première fois le 31 janvier dans des notes publiées par El Pais, devenues célèbres sous le nom des "notes de Barcenas". Selon ces documents, le chef du gouvernement aurait perçu, entre 1997 et 2008, "des paiements pour un montant total de 25.200 euros par an" provenant de dons de chefs d'entreprises privées. Le journal El Mundo a calculé récemment que c'est une somme totale de "343.700 euros" que l'ex-trésorier aurait destinée à Mariano Rajoy durant une vingtaine d'années.Jamais, depuis que le scandale a éclaté, le chef du gouvernement, au pouvoir depuis la fin 2011, n'a donné d'explications au pays même s'il avait, dès février, nié avoir touché de l'argent au noir.

Mais face aux soupçons qui se sont installés, au mécontentement d'une partie de l'opinion publique et aux pressions politiques, la stratégie semble avoir changé.
Amorce d'embellie économique

Noyer le poisson dans l'optimisme économique

"J'ai compris que face aux doutes que peuvent avoir de nombreaux citoyens espagnols, il est bon que je m'adresse au Parlement", avait-il annoncé le 22 juillet, en promettant que ces explications, au-delà du seul cadre de "l'affaire Barcenas", porteront "sur la situation économique que vit le pays". Lors de cette séance de questions-réponses qui s'est ouverte à 9h00 heure de Madrid, le chef du gouvernement espère en effet se prévaloir d'une amorce d'embellie pour l'économie espagnole: une baisse du chômage au deuxième trimestre, passé de 27,16% à 26,26%, et un ralentissement du repli de l'économie. Mariano Rajoy "donnera les explications que tout le monde attend sur les scandales que nous avons connus récemment", a affirmé mercredi un dirigeant du PP, Esteban Gonzalez Pons.
"Il reliera tout cela avec la situation économique parce que nous ne devons pas laisser un mauvais climat politique porter atteinte à la récupération de l'économie. Les Espagnols ne nous le pardonneraient pas", a-t-il ajouté.

L'opposition réclame la démission de Rajoy

Une stratégie dénoncée par le Parti socialiste, qui réclame la démission de Mariano Rajoy et des explications en profondeur sur le scandale. "Notre objectif est double: que le président du gouvernement dise la vérité et qu'il abandonne son poste", a lancé mercredi la numéro deux du Parti socialiste, Elena Valenciano. "Si nous n'y parvenons pas demain, nous continuerons à lutter pour cela". Dans ce contexte, les révélations visant Mariano Rajoy en personne se sont accumulées dangereusement ces dernières semaines. Le 14 juillet, le journal El Mundo avait publié le contenu de plusieurs échanges de SMS attribués à Mariano Rajoy et Luis Barcenas, longtemps très proches, montrant, d'après le quotidien, que le Premier ministre "a maintenu un contact direct et permanent" avec l'ex-trésorier au moins jusqu'en mars 2013, alors que le scandale avait déjà éclaté. Le lendemain, Luis Barcenas, en prison depuis le 27 juin dans le cadre d'un autre scandale de corruption, était entendu par le juge Pablo Ruz, chargé de cette double enquête: il confirmait l'existence d'une comptabilité B et citait Mariano Rajoy parmi ses bénéficiaires.

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Commentaires
a écrit le 02/08/2013 à 8:26 :
j`ai écouté le discour de mr rajoy
C´était très bien, comme toujours nous n´apprenons rien
la langue de bois comme tous les politiques de tous les pays
cela devient de plus en plus une république bananiére et la
gauche dans tout cela n´a rien à proposer
viva españa
a écrit le 02/08/2013 à 2:47 :
le plus grave dans tout cela c'est que rien n'est regle en espagne. les banques ont mis leurs creances immobilieres douteuses dans une bad bank. les expulsions se poursuivent pour laisser aux banques les logements dont les occupants ne peuvent plus rembourser les emprunts. la valeur de l'immobilier a chute de 30% et ce n'est pas fini ( il n'y a pas d'acheteurs solvables). puisque le gouvernement ( celui la et le precedent du PS) ne veulent pas faire payer les banksters, ce sont les particuliers qui paient. le gouvernement demantelent ( il n'y a pas d'autre mot), le systeme de sante publique et des hopitaux prives ouvrent ( il faut bien soigner ceux qui ont les moyens)?. le systeme educatif subit le meme coup de rabot mais a une echelle inimiginiale en france. le taux de chomage des jeunes atteint plus de 50% et au niveau du pays, il fleurte avec les 30%. Ce qui attend les français ?
a écrit le 01/08/2013 à 20:39 :
ils ont un cahuzac aussi en Espagne
a écrit le 01/08/2013 à 15:49 :
Aucune dignité, pas capable d'assumer, c'est pas moi c'est l'autre, à vomir.
a écrit le 01/08/2013 à 15:08 :
Un pour tous, tous pourris !
Réponse de le 01/08/2013 à 15:50 :
Et oui, c'est toujours d'actualité.
a écrit le 01/08/2013 à 14:22 :
C'est decidemment pas la joie.
a écrit le 01/08/2013 à 14:10 :
Nous aurions aimé avoir la version du Trésorier ? a moins qu'il ne soit qu'un fusible .
a écrit le 01/08/2013 à 11:24 :
TOUS ! DANS LE MEME SAC à puces !
a écrit le 01/08/2013 à 11:16 :
çà !! multiplié par le nombre de politiques dans chaque pays du monde c'est probablement plus que toute l'évasion fiscale du monde entier . en réalité ils marchent main dans la main , entre les deux catégories et nous ! nous donnons la pièce chaque fois qu'ils passent devant nous . c'est bien à nous qu'il faut tirer les oreilles puisque nous les remettons en selle chaque fois ..............
a écrit le 01/08/2013 à 11:08 :
L'économie espagnole repart à petits pas ! Quels rabajoys ces parlementaires qui cherchent des poux à un premier ministre qui veut se parer des plumes du paon !

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