Mariano Rajoy rejette en bloc les soupçons de corruption qui pèsent sur lui

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Le chef du gouvernement espagnol s'engage à publier ses déclarations de revenus sur internet. Copyright Reuters
Le chef du gouvernement espagnol s'engage à publier ses déclarations de revenus sur internet. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le chef du gouvernement espagnol a vivement rejeté samedi les soupçons de versements d'argent illégaux dont il aurait bénéficié. Des relevés de comptes publiés mercredi par El Pais font état de versements réguliers à Mariano Rajoy, qui aurait reçu 25.200 euros annuels pendant onze ans, ainsi qu' à d'autres membres du PP.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a vivement rejeté samedi les soupçons de versements d'argent illégaux dont il aurait bénéficié, en provenance d'une "caisse noire" alimentée par des dons d'origine privée. "C'est faux", a déclaré le président du gouvernement dans une allocution télévisée, à l'issue d'une réunion des chefs du Parti populaire (PP). "Tout ce qui a été dit et tout ce qu'on a pu insinuer est faux. Je le dis en toute sérénité."

Il a ajouté que toutes ses déclarations de revenus seraient publiées sur internet. Tous les versements dont a bénéficié le PP, a-t-il poursuivi, ont été portés dans les comptes, comme le prévoit la loi. Après des manifestations de centaines de personnes devant le siège du PP, dans le centre de Madrid jeudi et vendredi, des policiers en tenue anti-émeute gardaient samedi le bâtiment, dont les accès étaient bouclés. Un petit groupe de personnes a quand même lancé quelques cris de "démission !".

L'"affaire Barcenas", du nom d'un ancien trésorier du PP, a été révélée il y a une dizaine de jours par le journal El Mundo, selon lequel des responsables du parti conservateur ont reçu, pendant des années, jusqu'à 15.000 euros mensuels de "compléments de salaire". Selon ces articles de presse, les versements consistaient surtout en commissions remises par des sociétés de construction, dont certaines ont bénéficié de contrats publics et d'autres ont été employées à titre privé par le PP, à l'époque de l'essor du marché immobilier espagnol, dans les années 2000.

Le quotidien El Pais a publié mercredi des relevés de compte manuscrits, qui auraient été rédigés sur une période de vingt ans par deux trésoriers, dont Luis Barcenas. Ce dernier a quitté ses fonctions en 2009 lorsque des juges ont commencé à enquêter sur son implication dans le versement présumé de fonds occultes à des responsables du PP. L'enquête a permis d'établir qu'il a détenu un compte en Suisse, doté à un moment de 22 millions d'euros.

Les avocats de Barcenas ont remis au Tribunal suprême un document montrant que sa firme a demandé en 2012 à bénéficier d'une amnistie fiscale pour des fonds déposés en Suisse, a-t-on appris cette semaine auprès du service de presse de la juridiction. Le juge Pablo Ruz, qui instruit le dossier pour le Tribunal suprême, envisage désormais de demander au parquet d'enquêter sur les nouvelles allégations d'El Mundo et d'El Pais.

Dans un communiqué transmis cette semaine à l'agence de presse EFE, Luis Barcenas affirme que l'article d'El Pais est erroné et qu'il n'a jamais tenu de comptabilité parallèle. Les comptes publiés mercredi par El Pais font état de versements réguliers à Mariano Rajoy, qui aurait reçu 25.200 euros annuels pendant onze ans, et à d'autres membres du PP. El Mundo ne mettait pas en cause les cadres actuels du parti. Parmi les entreprises de BTP citées par El Pais figurent les groupes FCC et OHL, ce dernier par l'intermédiaire de son président, Juan Miguel Villar Mir. Au nombre des bénéficiaires, El Pais cite également Rodrigo Rato, ancien directeur du Fonds monétaire international.

Le quotidien précise que cette pratique n'était pas forcément illégale, à condition que les bénéficiaires aient déclaré au fisc les sommes reçues. La loi espagnole autorisait à l'époque les dons anonymes aux partis politiques, qui devaient être portés dans la comptabilité officielle du parti. L'affaire entache cependant la popularité du PP en suggérant l'existence d'une "caisse noire", au moment où le gouvernement Rajoy mène une politique d'austérité dans un pays plongé dans la récession et confronté au taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne. Selon un sondage récemment effectué par l'institut Metroscopia, 96% des Espagnols pensent que la corruption est répandue au sein de leur classe politique.

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Commentaires
a écrit le 03/02/2013 à 10:35 :
Les gens du PPE se distinguent encore une fois après l'affaire de la banque "Bankia"
a écrit le 03/02/2013 à 10:33 :
Les gens PPE se distinguent encore une fois après l'affaire de la banque "Bankia"
a écrit le 03/02/2013 à 9:46 :
Des entreprises de BTP qui graissent la pattes a des politiques et une bulle immobilière gigantesque qui casse le pays. Les crise économiques des pays seraient elles proportionnelles à la corruption des états.
a écrit le 02/02/2013 à 19:13 :
Pour lui ce n'est pas la joie.
a écrit le 02/02/2013 à 19:10 :
Sérieusement, vous croyiez qu'il allait dire "Oui, c'est vrai, c'est moi, vous m'avez choppé avec les deux mains dans le bocal de confiture et je suis un crevard comme mes collègues !" ?
a écrit le 02/02/2013 à 19:02 :
traduction; avec rupture ideale
a écrit le 02/02/2013 à 17:29 :
Qui pèsENT
Réponse de le 03/02/2013 à 9:02 :
c'est le fondS qui compte
a écrit le 02/02/2013 à 17:28 :
"les soupçons.. qui pèse": c'est le stagiaire de 3ième qui fait les titres à La Tribune ?

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