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ÉconomieUnion européenne

Italie : quelle "combinazione" pour sortir de la nouvelle crise politique ?

Photo de Marina Torre

latribune.fr

Publié le 30 septembre 2013 à 06:54 - Mis à jour le 01 octobre 2013 à 06:58

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Le parlement italien devra trancher. Face à la crise gouvernementale après la démission de cinq ministres, Enrico Letta le président du conseil, a prévu de lui poser la question de confiance. De son côté Silvio Berlusconi appelle à la tenue d'élections au plus vite. Revue des hypothèses possibles.

Enrico Letta a rapidement réagi à la nouvelle ruade du Cavaliere. Le Premier ministre italien a indiqué dimanche soir son intention de demander la confiance du parlement. Celui-ci se prononcera mercredi.

Il s'agit de régler au plus vite la crise gouvernementale qui a éclaté après la démission samedi de cinq ministres du Peuple de la Liberté (PDL), le parti de l'ancien chef du gouvernement, Silvio Berlusconi. Lequel a profité de la situation pour appeler à la tenue de nouvelles élections "le plus rapidement possible". Ce que l'actuel président du conseil n'entend pas lui accorder.

  • Pas de dissolution sans réforme de la loi électorale

Tout comme Giorgio Napolitano, le président italien, qu'il a rencontré dimanche, Enrico Letta écarte l'idée d'une dissolution du parlement après le départ de son allié de centre-droit et , surtout, avant toute réforme de la loi électorale ayant conduit le pays dans cette impasse électorale.

Pour mémoire, le système a contribué à un blocage politique de plusieurs semaines à la suite des précédentes élections des 24 et 25 février.

Autant dire que si des nouvelles élections devaient être organisées rapidement, comme le souhaitent Silvio Berlsuconi mais aussi l'ancien comique qui s'est imposé dans le paysage politique, Beppe Grillo, les problèmes pour former un nouveau gouvernement se reposeraient à nouveau.

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Letta doit compter sur des défections

Une période d'intenses tractations politiques démarre donc à Rome qui devrait durer au moins deux jours. Enrico Letta devra compter sur des défections au centre-droit, et des soutiens à gauche, pour tenter de former un nouveau gouvernement.

"Chacun au parlement assumera sa propre responsabilité devant le pays", a par exemple fait valoir le Premier ministre italien dans un communiqué publié samedi. Le lendemain, il confiait son sentiment qu'un retournement au sein du PDL était possible, observant une division entre les tenants d'une ligne "dure" et les autres au sein du parti de centre-droit.

Le début de plusieurs mois de blocage?

Problème: au Sénat, aucune majorité claire ne se dégage. Le PDL et le parti de Beppe Grillo représentent plus de la majorité des votes au Sénat. Le premier en compte 91, le parti "cinq étoiles" de l'ancien humoriste 50, tandis que Letta, de centre-gauche, peut a priori compter sur 108 voix.

Pour mémoire, la coalition au pouvoir rassemble jusqu'à présent le parti démocratique de Letta, le PDL ainsi que les centristes (20 voix). Dans l'opposition se trouvent, outre Beppe Grillo, 52 députés de divers partis. dont la Ligue du Nord. A la Chambre des députés, le parti démocrate de Letta dispose d'une courte majorité relative.

Autrement dit, si mercredi, les calculs d'Enrico Letta se révèlent faux, il risque de ne pas obtenir la confiance du parlement. Dans ce cas, il présentera sa démission. "Je n'ai pas l'intention de gouverner à tout prix. S'il n'y a pas de confiance, j'en tirerai les conclusions", a prévenu le président du Conseil.

Dans ce cas, Giorgio Napolitano tentera de former un nouveau gouvernement comme il l'a déclaré au cours du week-end, sans Letta. Mais, comme au début de l'année, cela pourrait prendre plusieurs semaines, faute de majorité absolue au parlement.

Or, pour la troisième économie européenne qui se débat toujours avec sa dette colossale, une telle situation risquerait d'aggraver le déficit de confiance des investisseurs. Lors de la précédente crise, l'Italie avait ainsi vu sa note souveraine dégradée par l'agence Fitch.

Berlusconi condamné

Le sort de Silvio Berlusconi, 77 ans depuis dimanche, est toujours en suspens lui aussi. Le Sénat doit se prononcer prochainement sur son immunité parlementaire. Le milliardaire italien a été condamné le 1er août à une peine de prison pour fraude fiscale qu'il purgera à domicile ou en effectuant des travaux d'intérêt général.

Il doit en outre affronter d'autres procès, dont celui du "Rubygate", pour prostitution de mineure et abus de pouvoir.

Son camp bénéficie toujours d'un certain soutien auprès des Italiens. Le PDL ainsi que la ligue du Nord qui forment jusqu'à présent les principales troupes de Berlusconi sont soutenus par 36,3% des Italiens contre 33,8% pour le parti de Letta, d'après une enquête  d'opinion publiée vendredi et citée par le Wall Street Journal.

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