L'Italie fait un dernier effort pour faire passer son déficit sous les 3% du PIB

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Le président du Conseil italien, Enrico Letta espère atteindre l'objectif de 3% de déficit public dès 2013.
Le président du Conseil italien, Enrico Letta espère atteindre l'objectif de 3% de déficit public dès 2013. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le gouvernement espère rentrer dans les clous et atteindre in extremis les 3% de déficit dès cette année.

Malgré les soubresauts politiques, le programme d'austérité italien fait son chemin. Si les nouvelles mesures approuvées mercredi soir par Rome sont appliquées, l'objectif de 3% de déficit pourrait même être atteint. A titre de comparaison, la France a dû demander un délai pour atteindre cette cible. Un report à 2015 lui a été accordé par Bruxelles. 

1,6 milliard d'euros d'économies

La coalition menée par Enrico Letta, qui a reçu la semaine dernière la confiance du Parlement après une tentative de mise en échec par Silvio Berlusconi, s'est accordé sur une série de mesures d'économies budgétaires. Parmi elles: une réduction des dépenses des ministères, la mise en vente de biens immobiliers appartenant à l'Etat d'une valeur de 500 millions d'euros. 

En tout, les économies budgétaires atteignent 1,6 milliard d'euros. Ce qui suffirait à corriger l'excédent de dépenses budgétaires enregistré le mois dernier pour l'année 2013. 

"Les seules mesures qui ont pu attirer l'attention jusqu'à présent furent la suppression de la taxe sur la résidence principale et l'ajournement du relèvement de la TVA. Deux mesures qui auraient pu soutenir l'économie à court terme mais ont en même temps assombri les perspectives pour les finances publiques", commentait début octobre Joerg Kraermer, économiste en chef chez Commerzbank cité par Bloomberg. 

Boucler le budget 2014 avant le 15 octobre

Le gouvernement italien doit soumettre son projet de Budget pour 2014 d'ici le 15 octobre. Pour l'an prochain, Enrico Letta est plus ambitieux encore puisqu'il vise une réduction du déficit à 2,5% du PIB.

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Commentaires
a écrit le 10/10/2013 à 16:12 :
Citation: "Est-il possible de ne pas rembourser ?

Oui, mais il y a la manière. La mauvaise façon c?est de le faire savoir :
En effet, donner un coup d?éponge sur l?ardoise française revient à se déclarer en faillite. Nous l?avons vu, la France empruntera 170 milliards en 2013. Si notre pays est en cessation de paiement, il n?y aura plus personne pour nous prêter cet argent. Il n?y aurait plus de quoi payer nos instituteurs, nos infirmières, nos médecins, nos juges, nos policiers, gendarmes ou militaires. Les conséquences seraient terribles : plus de service public, explosion des vols, de l?insécurité, de la criminalité, des maladies etc. Nous aurions une grave récession économique et un taux de chômage qui dépasserait allègrement les 20 % de la population. D?ailleurs, ces chômeurs ne seraient plus payés.

En décembre 2001, l?Argentine était en faillite. Résultat : un taux de chômage de 20 %, 14 millions de personnes sur un total de 37 millions d?habitants vivant au-dessous du seuil de pauvreté, une perte de pouvoir d?achat de près de 50 % en cinq ans.
En 2002 l?Argentine affichait un PIB en baisse de 11 %, mais ensuite, elle affichait une croissance à la chinoise, de plus de 8 % par an jusqu?en 2008. Les dettes étaient effacées. la croissance était de retour. Mais peut-on sérieusement imaginer d?imposer une telle cure dans notre pays ?"
Réponse de le 11/10/2013 à 10:44 :
LA FRANCE A ASSEZ D ARGENT DANS CES COFRES ET SES BANQUE POUR RENBOURSSE SA DETTE ?MAIS ENTRETENIR LA PEUR EST LE JEUX FAVORIE DES GRAND DE CE MONDE ???
a écrit le 10/10/2013 à 16:04 :
Il parait qu on va sucrer l épargne vie un de ces 4? On place 220 milliards d obligations, pendant encore combien de temps? 170 pour l Italie.
a écrit le 10/10/2013 à 15:29 :
C est combien le cumul des intérêts pour la France?
a écrit le 10/10/2013 à 12:18 :
....Grâce, entre autres, au travail d'André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, le débat sur la légitimité de la dette publique et la création de la monnaie a pris en France. Il semble qu'il arrive en Italie, où il a été calculé que le montant des intérêts payés depuis 1980 équivaut à deux fois le PIB ! Les intérêts boules de neige. Le cas italien est encore plus spectaculaire que notre cas. Le PIB du pays était de 1 566 milliards d'euros fin 2012, et dont la dette était de 1 988 milliards, soit 127% du PIB, une hausse de 10 points en seulement deux ans, malgré des déficits plus faibles qu'en France. Ceci montre que les politiques austéritaires sont aussi responsables de la hausse de la dette. Mais le chiffre qui interpelle, c'est le montant des intérêts payés par le pays depuis 1980 : 3 100 milliards, deux fois le PIB, plus d'une fois et demi le montant de la dette. Cela fait 20 ans que le pays a un excédent primaire en vain. Le problème du pays, ce sont les déficits colossaux des années 1980, qui ont fait explosé le poids de la dette, au-delà de 100% du PIB à partir de 1992. Il faut noter que les intérêts ont englouti jusqu'à 12% du PIB du PIB en 1993. Pour mémoire, cela représenterait 240 milliards d'euros dans la France de 2013? Ce qui est intéressant avec l'Italie, c'est que ce pays montre qu'il est extrêmement difficile de réduire le poids de la dette une fois qu'elle atteint un certain niveau, même en accumulant 740 milliards d'excédents primaires (hors intérêts) depuis 1992. Inquiétant pour la zone euro. Un problème de monnaie et de banque centrale. Dans l'absolu, on pourrait dire que les Italiens doivent assumer les conséquences de leur inconséquence budgétaire, qu'au pire, ils peuvent toujours faire défaut. Mais, comme le souligne André-Jacques Holbecq, le problème vient que, parallèlement, nous avons privatisé la création de la monnaie dans l'intervalle. Or la monnaie est un bien commun. Du coup, le bénéfice de sa création devrait revenir à la collectivité. Et si tel avait été le cas, alors, le poids de la dette italienne se serait sans nul doute fortement allégé. 5% du PIB Italien sur 20 ans, c'est environ 1500 milliards d?euros?Bien sûr, monétiser l'équivalent de 5% du PIB pendant 20 ans est une expérience inédite. Néanmoins, la création monétaire sur la période n'a sans doute pas été très éloignée de ce total. Et son bénéfice aurait du être mis au crédit de la collectivité. Après, on pourra toujours dire, à raison, que si tel avait été le cas, alors le gouvernement aurait davantage dépensé, compensant tout ou partie de la monétisation. Mais le PIB aurait été plus important alors? Et surtout, Londres, Washington et Tokyo démontrent le succès des politiques de monétisation de la dette publique dans cette proportion. Il est extrêmement heureux que le débat sur le rôle des intérêts dans la montée de la dette publique passe les Alpes. Voici un bon moyen de remettre en question les mauvais dogmes européens et néolibéraux. Voilà de quoi faire de l'Italie une alliée dans la refondation du continent...'''

Réponse de le 10/10/2013 à 13:21 :
C'est marrant de voir que les gens qui généralement ne comprennent rien à l'économie arrivent à comprendre la création monétaire. Cependant, ils ne comprennent qu'à moitié. C'est pas parce qu'une banque centrale crée de la monnaie qu'elle la distribue, les dettes restent toujours des dettes et les gens raclés des gens raclés. La création monétaire profitent aux acteurs qui sont en haut de la pyramide...
Quand aux 2 ans de PIB que représentent les remboursements de l'Italie, cela est simplement dû au montant de la dette et à sa persistance. Si vous avez un crédit perpétuel pour payer votre maison vous ne payez que des intérêts. Ça aussi, les gens qui ne comprennent rien à l'économie ne peuvent pas le comprendre :)
Réponse de le 10/10/2013 à 14:32 :
@jboss: Maintenant, ils peuvent toujours s'instruire sur la financiarisation de nos économies ! (Mais étant donné qu'ils n'ont toujours rien compris aux conséquences de la dérégulation des marchés financiers sur nos économies ''modernes'', pas plus que les effets pervers de la monétisation à outrance, alors je doute qu'ils comprennent la financiarisation de nos économies ''[ir]réelles''). Ce qui intéresse les politiques, s'est bien de sauvegarder leur fauteuil et tous les privilégès allant avec. L'intérêt général a depuis longtemps disparu de leur vocable et si tel n'est pas le cas encore, pour certains, leurs agissements les trahissent d'autant. (http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/quest-ce-que-la-financiarisation-de-leconomie)
a écrit le 10/10/2013 à 11:36 :
L'Italie réussi ce que la France est incapable de réaliser. Un peu de modestie Mr Moscovici.
Réponse de le 10/10/2013 à 12:00 :
@Celestin : Effectivement, l'Italie a su prendre le taureau par les cornes. En France, il faut supprimer l'ensemble des niches fiscales. La mission "Remboursements et dégrèvements" de 96 milliards est de loin la plus coûteuse de l'Etat (24,3% à elle toute seule).
Elle regroupe aussi bien la restitution de TVA que les remboursements dus au titre du bouclier fiscal, le versement de la prime pour l'emploi, les niches fiscales ou le remboursement d'impôt indûment perçus. Oui, vous avez bien lu, le "bouclier fiscal" de Sarko. C'est incroyable non ? Allons Mr Moscovici, un peu de courage politique : SUPPRIMEZ TOUTES LES NICHES FISCALES !!!

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