« Il faut dédramatiser la dégradation de la note de la France »

Propos recueillis par Romaric Godin

Propos recueillis par Romaric Godin
Très faible. Nous n'observons aujourd'hui aucun mouvement significatif sur la partie « cash » (NDLR : le marché des obligations d'Etat en tant que telle), un peu plus sur les dérivés. Mais rien de réellement important.
Non. Mais il existe des paliers qui ont une signification, et d'autres qui en ont moins. La vraie catastrophe est le passage de la catégorie « investissement » à la catégorie « obligations pourries », autrement dit de BBB- à BB+. Dans ce cas, tout une partie des investisseurs ne peuvent plus acheter la dette du pays et cela limite donc mécaniquement la demande. Mais le passage de AA+ à AA n'a guère de sens sur le marché.
Il faut dédramatiser cette dégradation qui a surtout un sens politique. S&P a encore du retard sur le marché. Plus aucun investisseur aujourd'hui n'est enthousiasmé par la France et ne se fait d'illusions sur la politique économique du pays. Ceux qui ont le choix préfèrent, de toute façon, investir dans la dette privée plutôt que dans la dette publique. Ce qui soutient le marché des titres d'Etat, ce sont d'abord les « achats forcés » des assureurs et des banques qui sont contraints, par la réglementation à acquérir des obligations d'Etat. C'est aussi la volonté de la Chine de diversifier en euros ses réserves de change. Les dés sont donc pipés et de nouvelles dégradations n'auront pas plus d'impacts que celle-ci.
Très honnêtement, nous sommes encore très, très loin d'un impact de ce type pour la France. D'autant que la demande pour les obligations privées reste importante. C'est ce qui rend cette dégradation encore moins significative.
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Pas vraiment. L'OMT soutient surtout la dette périphérique. Chacun sait que si la France passe dans ce camp, l'OMT ne pourra pas être utile, car les montants seront trop importants. Il y a donc une sorte de « solidarité franco-allemande » sur le marché qui maintient la France avec l'Allemagne, à ce niveau de note. L'investisseur sait qu'en réalité, si la France tombe, elle entraînera l'Allemagne. Le risque n'est donc pas si éloigné entre les deux pays et celui qui a besoin de dette souveraine de la zone euro pourra préférer acheter la française qui a un meilleur rendement…
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