Chypre débloque certains dépôts, mais ne lève pas le contrôle des capitaux

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Un automate bancaire à Nicosie. Une partie des dépôts bloqués seront libérés demain.
Un automate bancaire à Nicosie. Une partie des dépôts bloqués seront libérés demain. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La Bank of Cyprus a levé le blocage des comptes à termes venant à échéance le 31 janvier. Mais il est toujours impossible de sortir ses fonds du pays.

La Bank of Cyprus (BoC), banque héritière du système bancaire international chypriote, a annoncé qu'elle libérait certains fonds déposés sur ses comptes. Il s'agit des dépôts à terme à 6 mois arrivant à échéance le 31 janvier. On ignore le montant qui serait ainsi libéré, mais l'ensemble des dépôts à terme détenus par la BoC atteint 900 millions d'euros.

« Stabilisation » du système bancaire

Lors du « sauvetage » du printemps dernier, les déposants de la Laïki Bank, l'autre grande banque chypriote, avait vu 47,5 % de leurs avoirs supérieurs à 100.000 euros convertis en actions de la BoC. Le reste avait été gelé, restant à disposition de la direction de la BoC en cas de besoin de recapitalisation.

La BoC semble avoir moins de tension liées à sa liquidité ces temps-ci. Le gouvernement de Nicosie - qui a donné son accord pour la décision - a donc décidé de libérer une partie des dépôts afin de pouvoir montrer aux investisseurs que le système bancaire est « stabilisé. »

Le contrôle des capitaux demeure

Mais cette « libération » des fonds déposés à la BoC ne signifie pas la levée du contrôle des capitaux. Si le contrôle des opérations « quotidiennes » comme les retraits aux automates ou les virements entre deux comptes chypriotes ont été levées, la limitation des transferts vers le reste du monde, y compris la zone euro, demeure en place. D'ores et déjà, la volonté de Nicosie de lever ces contrôles en janvier a échoué.

Contraction du PIB en 2014

En libérant l'accès aux comptes tout en limitant les sorties de capitaux, Chypre espère donc favoriser les injections de liquidités dans l'économie chypriote. En 2013, le PIB pourrait avoir reculé de plus de 6 %, tandis que le gouvernement table sur une nouvelle contraction de 3,9 % cette année. Tout investissement, toute dépense sont donc bons à prendre. Mais il n'est pas certain que les déposants ne préfèrent pas attendre patiemment la levée du contrôle des capitaux…

Situation difficile

Car la situation chypriote demeure loin d'être stabilisée, malgré les satisfecit de la troïka. Chypre sera, avec la Slovénie, le seul pays en contraction en 2014 dans la zone euro. Le montant des créances douteuses atteint 19 milliards d'euros et pourrait donc gonfler encore. Fitch avait déjà mis en garde en décembre contre la fragilité de l'accès de la BoC à la liquidité. On comprend donc que le temps n'est pas encore venu d'ouvrir les vannes. Les déposants étrangers devront donc attendre longtemps pour rapatrier leurs fonds.

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a écrit le 31/01/2014 à 10:14 :
Chypre se trouve dans un piège prévisible qui est la conséquence de la solution qui a été mise en œuvre pour recapitaliser ses banques dans le cadre de la gestion de la crise de l’euro, à savoir la ponction massive des comptes bancaires. Le contrôle des capitaux est très pénalisant pour l’économie de pays mais l’abolir complètement risque d’être encore pire car les banques pourraient se vider rapidement de leurs dépôts bancaires, leurs clients préférant déposer leur argent en des lieux étrangers, suisse et autres (ils auraient le droit en cas d’abolition totale du contrôle des capitaux) où le risque de ponction massive des dépôts est beaucoup moins élevé, voir inexistant. La question qui se pose est combien de temps cette situation va pouvoir tenir.

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