Italie : Enrico Letta chassé du pouvoir par son propre parti qui lui préfère Matteo Renzi

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Il est nécessaire et urgent d'ouvrir une phase nouvelle avec un exécutif nouveau soutenu par la majorité actuelle, s'est justifié Matteo Renzi pour prendre la place d'Enrico Letta à la présidence du Conseil italien. (Photyo : Reuters)
"Il est nécessaire et urgent d'ouvrir une phase nouvelle avec un exécutif nouveau soutenu par la majorité actuelle," s'est justifié Matteo Renzi pour prendre la place d'Enrico Letta à la présidence du Conseil italien. (Photyo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
L'Italie va changer de chef du gouvernement à la faveur du leader du Parti démocrate Matteo Renzi. Une fois intronisé, le maire de Florence de 39 ans sera le septième président du Conseil italien non élu depuis 1992.

Matteo Renzi vient de réussir son coup de force face au Premier ministre désormais donné démissionnaire, Enrico Letta, pourtant du même parti que lui, le parti démocrate (PD). Les membres de la direction du PD lui ont donné raison à 136 voix contre 16 et 2 abstentions. Enrico Letta a annoncé qu'il présentera sa démission vendredi.

Une victoire en coulisse pour Matteo Renzi

Ainsi, l'Italie verra-t-elle se hisser à sa tête vendredi un nouveau chef du gouvernement... sans nouvelle élection.

Jeudi après midi, Matteo Renzi s'était fendu devant les membres de la direction du PD d'un discours en forme de coup de poignard à l'égard d'Enrico Letta. Selon lui, "il est nécessaire et urgent d'ouvrir une phase nouvelle avec un exécutif nouveau soutenu par la majorité actuelle". Même si pour la forme, il a tout de même remercié, sans le nommer, son prédécesseur "pour l'important travail accompli".

Letta "trahi"

Selon Matteo Renzi, chef du PD encore inconnu il y a un an et demi, ce jeu des chaises musicales sans élection a deux justifications. L'action gouvernementale serait trop lente, et l'absence de réforme électorale risquerait de plonger à nouveau le pays dans l'impasse en cas de nouvelle élection, réclamée au passage par le parti conservateur Forza Italia et le Mouvement cinq étoiles du sulfureux Beppe Grillo.

Le problème est qu'Enrico Letta affirme de son côté que ce ralentissement dans l'action gouvernementale a lui même été décidé par la tête de son parti, donc par Matteo Renzi. En somme, ce dernier aurait laissé Enrico Letta gérer la difficile période de transition de l'après Berlusconi avant reprendre les reines pour mener à bien, selon son souhait, un nouveau train de réformes jusqu'à la fin de la législature en 2018. Le fringant Florentin de 39 ans, plus populaire qu'Enrico Letta, selon les sondages, deviendrait en cas d'intronisation le plus jeune président du Conseil de l'histoire italienne.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2014 à 19:07 :
"Reprendre les reines"

C'est une idée.
a écrit le 14/02/2014 à 8:18 :
A propos de l'Italie :

2007 : dette publique de 1605,1 milliards d’euros, soit 103,3 % du PIB.
2008 : dette publique de 1671 milliards d’euros, soit 106,1 % du PIB.
2009 : 116,4 % du PIB.
2010 : 119,3 % du PIB.
2011 : 120,8 % du PIB.
2012 : 127 % du PIB.
Fin septembre 2013 : dette publique de 2068,722 milliards d’euros, soit 132,9 % du PIB.
a écrit le 13/02/2014 à 23:30 :
Est-ce que la Mafia , qui est une organisation plus forte que l'Etat italien , ne devrait pas être mandatée par les Nations-Unies pour restaurer l'ordre et la stabilité en Italie ???

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