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ÉconomieUnion européenne

L'ambitieux et jeune Matteo Renzi, prochain chef du gouvernement italien?

Photo de Romaric Godin

Romaric Godin

Publié le 12 février 2014 à 14:23 - Mis à jour le 12 février 2014 à 15:36

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Jeudi, le parti démocrate (PD) italien décidera s'il veut porter son chef, le jeune Matteo Renzi, à la direction du gouvernement. Enrico Letta veut rester en place, mais il est isolé.

Décidément, à 39 ans, l'ambition de Matteo Renzi ne connaît pas de limites. Celui qui se présente comme le « Kennedy italien » et qui a pris le contrôle du Parti Démocrate (PD), le principal parti du pays, en décembre dernier après une primaire triomphale (plus de deux tiers des voix) vise maintenant le palais Chigi, le siège de la présidence du conseil italienne.

Une loi électorale menée par Renzi

L'offensive de Matteo Renzi a en fait débuté dès son ascension à la tête du PD, lorsque, à la surprise générale, il a décidé de rencontrer Silvio Berlusconi personnellement pour mettre au point la réforme électorale. Dans les jours qui ont suivi, c'est lui et non pas Enrico Letta, l'actuel premier ministre italien, qui a mené la danse sur cette importante réforme qui était la tâche de ce gouvernement lors de sa formation en avril 2012.

Mise en cause de l'action du gouvernement Letta

Progressivement, la figure de Matteo Renzi a écrasé celle d'Enrico Letta dans l'espace public italien. Et ce qui devait arriver arriva : la question de la « relance » de l'action gouvernementale - accusée à demi-mots de lenteurs et d'impuissance - est devenue un thème dominant en Italie. Et, évidemment, la question d'un changement de tête de l'équipe gouvernementale, va avec celle de cette « relance. » D'autant que fin janvier, la ministre de l'Agriculture, Nunzia de Girolamo, a dû démissionner sur fond de scandale de nominations « d'amis » à certains postes.

Renzi dans l'arène

Matteo Renzi est alors entré dans l'arène, se faisant, comme sur la loi électorale, le juge de paix de la « relance » du gouvernement. Lundi, il a été reçu pendant deux heures par le président de la république Giorgio Napolitano. L'option d'un gouvernement Renzi s'est fait jour rapidement, devenant évidente en début de semaine. Mardi, une liste de ministres a même circulé dans les médias de la Péninsule.

Letta tente de réagir

Enrico Letta, jusqu'ici fort discret, s'est depuis réveillé. Mardi, il a assuré que la « relance » gouvernementale a été retardée « à la demande de son parti », autrement du chef de ce parti, Matteo Renzi. Bref, Renzi aurait savonné la planche de Letta qui affirme qu'une « révolution de palais est à l'œuvre. » On imagine que la rencontre qui, ce mercredi, a duré une heure entre les deux hommes a dû être glacée. A son issue, du reste, un communiqué a conclu sur des « positions distantes » entre les deux leaders potentiels du PD. Mais Enrico Letta a ajouté qu'il était « déterminé » à continuer à son poste. Il a même annoncé un nouveau « pacte de coalition. »

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L'isolement de Letta

Le problème, c'est évidemment qu'il est fort isolé. Matteo Renzi, fort de son résultat aux primaires de décembre, tient le PD, et les alliés centristes de ce dernier, estiment, comme le note ce matin le quotidien La Stampa, que « c'est au PD de renouveler la confiance » dans l'actuel premier ministre. Autrement dit, en tant que premier parti de la majorité, le PD doit déterminer le nom du président du conseil. C'est pourquoi Matteo Renzi peut, en réalité, entrer au Palais Chigi quand il le voudra.

Un jeudi décisif

Sera-ce ce jeudi ? La direction du PD se réunit ce jeudi et elle pourrait décider du changement de président du conseil. Le président de la république suivra et les alliés du PD aussi. Le changement se ferait donc en douceur. L'effet d'instabilité sera effacé par l'incroyable popularité de Matteo Renzi dans la communauté financière. Mais il n'est pas sûr que ce soit le bon moment.

Le bon moment ?

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S'il remplaçait maintenant Enrico Letta, Matteo Renzi ne pourrait guère jouer le rôle de « démolisseur » qu'il a aimé cultivé. Il sera à la tête d'une coalition hétéroclite, dépendant au Sénat du parti berlusconien. Pas certain qu'il puisse mieux faire qu'Enrico Letta qu'il accuse de ne pas avoir mis en place les « réformes structurelles » dont le pays aurait besoin. Matteo Renzi aurait donc intérêt à attendre de nouvelles élections avec la loi électorale sur mesure qu'il a proposée afin de disposer d'une majorité. Mais, consumé par l'ambition, pourra-t-il attendre ?

Romaric Godin

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