Berlusconisme : une histoire italienne en douze dates

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A 77 ans, Silvio Berlusconi signe la fin de sa carrière politique / Reuters.
A 77 ans, Silvio Berlusconi signe la fin de sa carrière politique / Reuters. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
En Italie, une commission de sénateurs a proposé, ce vendredi, la destitution de Silvio Berlusconi. Avant d'être définitive, cette décision devra être votée au Sénat à la mi-octobre. La vraie fin d'une longue carrière politique pour le chef de file du Peuple de la Liberté, qui a tenté, en vain, de faire tomber le gouvernement Letta?

Il Cavaliere est presque à terre. En Italie, une commission de sénateurs s'est prononcée, ce vendredi 4 octobre, en faveur de la destitution de Silvio Berlusconi. Le chef de file du Peuple de la liberté avait tenté en vain de renverser le gouvernement d'Enrico Letta (Parti démocrate) cette semaine.

Une décision de mauvaise augure pour le milliardaire. A la mi-octobre, le Sénat devra voter sur la levée ou non de l'immunité de Berlusconi, élu sénateur en février dernier. L'ancien chef du gouvernement italien, âgé de 77 ans, a été condamné le 1er août à un an de prison pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset. "L'ère Berlusconi est terminée", commentait, mercredi, le politologue italien Sergio Fabbrini à La Tribune. Retour sur la carrière du Cavaliere.

  • 1961 - PREMIERS SUCCÈS DANS L'IMMOBILIER

Silvio Berlusconi fonde sa première société de construction en 1961. Mais ses véritables premiers pas en tant qu'homme d'affaires d'envergure remontent à 1963, lorsqu'il créé la société de promotion immobilière Edilnord, qui deviendra en 1968 Edilnord 2. Cette même année, il lance à Brughiero, dans la grande banlieue milanaise, le chantier d'un complexe résidentiel de 18 tours pouvant abriter 4.000 personnes. Succès qui se poursuivra avec la construction des quartiers Milano 2 et Milano 3 à la fin des années 1960.

  • 1976 - CRÉATION DE SA PREMIÈRE CHAINE DE TÉLÉVISION

Sur sa lancée, il fonde en 1976 la chaîne Tele Milano, une télévision locale qui diffuse dans toute la Lombardie (région de Milan).

  • 1977 - L'ADOUBEMENT

Silvio Berlusconi est décoré de l'Ordre du mérite du travail. Il obtient alors le titre de "Chevalier" - il Cavaliere en italien - l'un de ses nombreux surnoms (avec il Caïman,  Sua Emittenza, César, le Conquérant, la Couleuvre...) 

  • 1978 - ARRIVÉE MYSTÉRIEUSE A LA TÊTE DE FININVEST

Les deux piliers de son empire - l'immobilier et les médias - sont alors fondés. En 1978, il les réunit au sein de la holding Fininvest. L'entreprise est aujourd'hui détenue à 96% par sa famille et présidée par sa fille, Marina Besluconi, âgée de 47 ans. Elle regroupe 20.000 filiales, dont le géant de l'audiovisuel Mediaset, le club de football du Milan AC, la société d'édition Mondadori, des banques et des sociétés de production.

Des doutes planent sur la création de la société Fininvest et sur ses liens avec la mafia, comme le soulignait en 2009 le quotidien italien La Repubblica. Plusieurs enquêtes ont été menées pour savoir si elle ne permettait pas de blanchir de l'argent de la mafia sicilienne Cosa Nostra.

  • 1978 - ADHÉSION A LA LOGE MAÇONNIQUE PROPAGANDA 2

Cette même année, Silvio Berlusconi aurait également adhéré à la loge maçonnique Propaganda 2, impliquée dans plusieurs affaires criminelles italiennes dont la faillite de la banque Amborsiano, liée au Vatican et à la mafia.

  • ANNÉES 1980 - LA GLOIRE DU MILAN AC

En février 1986, Silvio Berlusconi met un crampon dans le monde du football et devient le propriétaire du Milan AC, au bord de la faillite. Il en fait le plus grand club du monde. Les "Rossoneri" dominent le football européen pendant plusieurs années. Silvio Berlusconi y investit à tour de bras : il revalorise les salaires de ses joueurs, construit un nouveau centre sportif ultra-sophistiqué, recrute de grands joueurs comme Marco Van Basten, Ruud Gullit, Frank Rijkaard...

Et les résultats ne se font pas attendre. Les Milanais remportent par deux fois, en 1989 et en 1990, la Ligue des champions, deux Coupes intercontinentales et deux Supercoupes d'Europe, les mêmes années, le championnat d'Italie en1988 et une Supercoupe d'Italie en 1988. Le Milan AC est alors sur le toit de l'Europe et Silvio Berlusconi est au firmament de sa popularité. Il en profite pour se lancer dans une nouvelle carrière.

  • 1994 - PREMIÈRE VICTOIRE ÉLECTORALE

Au début des années 1990, l'Italie est secouée par l'opération "mains propres". Une partie de la classe politique est poursuivie pour corruption, accusée d'avoir financé illégalement les principaux partis du pays. Fort du soutien du président de l'Alliance nationale néo-fasciste, Gianfranco Fini, Silvio Berlusconi lance Forza Italia, classé très à droite. Il fait campagne et devient président du Conseil en se présentant comme le bouclier contre le communisme. Une posture qui devient, par la suite, l'une des marques de fabrique du berlusconisme politique.

  • 2001 - "BERLUSCONI STORY" OU LA MAITRISE DE LA COMMUNICATION POLITIQUE

Si le berlusconisme ne devait léguer qu'une chose, ce serait peut-être la maîtrise de sa communication politique, inspirée de l'industrie du spectacle. En témoigne, par exemple, ces romans-photos sobrement intitulés "Berlusconi, una storia italiana" (Berlusconi, une histoire italienne) envoyés, en 2001, à tous les foyers transalpins.

  • MAI 2010 - DÉBUT DU RUBYGATE

Le 24 juin 2013, Silvio Berlusconi est condamné à sept ans de prison et à une peine d'inéligibilité à vie pour "abus de pouvoir sous la contrainte" et "incitation à la prostitution de mineure". Il Cavaliere est accusé d'avoir eu des relations sexuelles tarifées avec une danseuse Karima El-Mahroug, surnommée "Ruby Robacuori" (Ruby, la voleuse de cœurs, en français). Une relation qu'ils ont tout deux démentie.

Le 27 mai 2010, la jeune fille de 17 ans est arrêtée par la police après avoir volé un bracelet de 3.000 euros. Silvio Berlusconi aurait alors abusé de son pouvoir pour la faire libérer en la faisant passer pour la nièce du président égyptien, Hosni Moubarak. Il a fait appel du jugement.

> Scandale du Rubygate : sept ans de prison pour Silvio Berlusconi

  • 2010 - SON DIVORCE AVEC GIANFRANCO FINI

Silvio Berlusconi avait créé en 2008 le parti du Peuple de la Liberté avec son allié néo-fasciste Gianfranco Fini. Mais les deux hommes finissent par être en désaccord sur plusieurs sujets. En 2010, Il Cavaliere lui demande ouvertement de démissionner de son poste de président de la Chambre des députés. Il refuse. Le divorce est prononcé.

  • 2011 - SA DÉMISSION

Sur fond de crise budgétaire et de scandale sur sa vie privée, Silvio Berlusconi démissionne le 12 décembre 2011 de la présidence du Conseil qu'il occupe pour la troisième fois. Mais il n'a pas dit son dernier mot.

> Silvio Berlusconi quitte le pouvoir sous les huées

  • 1er AOUT 2013 - SA CONDAMNATION

La Cour de cassation condamne définitivement Silvio Berlusconi à un an de prison pour "fraude fiscale". L'homme d'affaire est accusé d'avoir gonflé, au travers de sociétés écrans off-shore, les prix d'achat des droits de diffusion de films américains afin de réduire ses bénéfices et de payer moins d'impôts.

> La Cour de cassation confirme la peine de prison de Silvio Berlusconi

 

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Commentaires
a écrit le 06/10/2013 à 21:16 :
Dommage que ne soient pas mentionnés ses liens anciens avec le leader du PSI Bettino Craxi président du conseil avant d'être balayé par Mani pulite et mourir en exil en Tunisie. C'est par cette filière socialiste que Berlusconi fit une tentative (malheureuse) dans l'audiovisuel français (La 5).
a écrit le 06/10/2013 à 10:57 :
C'est une belle histoire,c'est un beau roman,ah tu te seras pas ennuyer dans la vie mon petit Silvio.Ta grande joie
c'était de faire des bras d'honneur à tous ces politiciens qui te crachaient à la figure..Pour conclure sur une note de gaité en Italie les femmes sont bellissimas mamamia !!!!!.........
Réponse de le 19/10/2013 à 14:44 :
monsieur nous disons ennuyé et non ennuyer.. Merci de corriger.
Madame Desgranges, professeur de philosophie, lycee Lurcat de Bruyeres
a écrit le 05/10/2013 à 23:37 :
Le voir toujours entouré de jolies jeune filles souriantes rend beaucoup de gens jaloux. Il n'est pas pervers, cocu, manipulé et sans charisme comme le sont nos "politicons" français...

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