Le congé maternité européen en passe d'être abandonné ?

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Le projet de directive que la Commission pourrait jeter aux oubliettes était déjà bloqué depuis quatre ans. Il n'avait pas dépassé le stade de l'adoption en première lecture au Parlement européen. (Photo: Reuters)
Le projet de directive que la Commission pourrait jeter aux oubliettes était déjà bloqué depuis quatre ans. Il n'avait pas dépassé le stade de l'adoption en première lecture au Parlement européen. (Photo: Reuters) (Crédits : Reuters)
Bruxelles envisage de supprimer des textes en cours de validation un projet de directive imposant aux pays membres un congé maternité de 20 semaines (et un congé paternité de 2 semaines). Des défenseurs des droits des femmes attribuent à la montée de l'extrême-droite ce qu'ils considèrent comme un recul.

La France le fait, les Etats-Unis y réfléchissent. L'Union européenne, elle, pourrait bien abandonner complètement l'idée de garantir un congé maternité. Le projet de directive qui aurait imposé dans tous les pays membres un congé maternité payé de 20 semaines (au total il dure 16 semaines en France et 26 à partir du troisième enfant) était déjà bloqué depuis quatre ans. Il n'avait pas dépassé le stade de l'adoption en première lecture au Parlement européen. Il pourrait être définitivement jeté aux oubliettes.

Simplifier la législation européenne

Ce qui a provoqué l'ire des organisations de défense des droits des femmes et des défenseurs de la parité tient dans un communiqué publié le 18 juin. Voici le paragraphe qui a mis le feu aux poudres: 

"La Commission considère comme une bonne pratique de gestion législative le fait de retirer des propositions bloquées en phase législative afin de permettre un nouveau départ ou de trouver d'autres moyens d'atteindre l'objectif législatif visé. Un examen minutieux de toutes les propositions en attente d'adoption par le législateur a permis d'identifier d'autres propositions qui sont dépassées ou n'ont pas le soutien du législateur et dont le retrait devrait donc être proposé. Il s'agit notamment de propositions concernant (...) les travailleuses enceintes."

>> Union européenne : les femmes enceintes sont des travailleuses comme les autres

Un renvoi précise qu'il s'agit bien du congé maternité, celui-ci étant donc cité parmi ces projets en "pause" dont la Commission pourrait se passer dans le cadre du programme de simplification de la législation européenne (programme REFIT). 

Un effet des victoires de l'extrême-droite aux européennes?

Le Lobby européen des femmes (LEF) s'en est ému qui a envoyé une lettre datée du 4 juillet adressée à Jean-Claude Juncker, récemment désigné pour présider la Commission. Joanna Maycock, la secrétaire générale du LEF, y voit un effet de la montée en force des partis d'extrême-droite. Elle écrit ainsi : 

"La montée des forces conservatrices et religieuses et d'acteurs politiques d'extrême droite ont un impact négatif sur les droits des femmes et remettent en question la notion même de droits (...) qui sont l'aboutissement d'âpres luttes par les générations précédentes de femmes et d'hommes."

Les pères également pénalisés

Les défenseurs de cette directive pointent en outre le fait qu'elle ne s'adressait pas qu'aux femmes puisque des dispositions concernaient également les pères qui, d'après le projet, bénéficieraient de deux semaines de congés payés. 

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>> Congé maternité: "si la France le peut, nous le pouvons aussi" (Obama)

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Commentaires
a écrit le 17/07/2014 à 23:12 :
Et on tire sur les jeunes, suppression des congés maternités... L'Europe chronos déglingue la société! On y prône le vice et le chômage, la baisse du PIB comme mode de croissance! Vu les déficit, pire demain! Quel est le but de la société? L'exploser par des bulles, ou des austérités?
a écrit le 09/07/2014 à 12:21 :
Toujours la même incohérence de la part des conservateurs. Ce sont justement les pays qui accordent le plus de droits aux femmes pour concilier vie familiale et professionnelle qui ont les meilleurs taux de natalité. Ceux qui comme l'Allemagne ou l'Italie enferment les femmes dans une vison traditionaliste ne font plus d'enfants.
Réponse de le 10/07/2014 à 1:53 :
Toujours la même fuite en avant de la part des boomers... le chômage de masse de leurs enfants ne leur suffit plus, les petits enfants devront être mis à contribution pour financer leur oisiveté et jouir toujours plus fort.
a écrit le 09/07/2014 à 3:50 :
Toujours des droits sans devoirs... la notion d'égalité est totalement à revoir en France.
a écrit le 08/07/2014 à 17:47 :
Pour remettre un peu de bon sens dans ce galimatias... Je ne comprends pas comment l'extreme droite pourrait être contre ce genre de projet.... leur discours est de mettre les femmes à la maison et les hommes au boulot eu égard à une conception traditionnelle de la famille. Donc là c'est qui vous voulez sauf eux. Je précise à toute fins utiles que l'extreme droite n'a pas non plus cassé le vase de Soissons car elle n'existait pas en ce temps là. Dans Pierre et le Loup, Pierre crie au loup en dépit du bon sens et à la fin, les villageois, lassés, ne se mobilisent plus et Pierre finit dans le ventre du loup. A force d'accuser le fn de tout en dépit du bon sens, "les défenseurs des droits des femmes" vont leur attirer la sympathie. Faudra plus venir pleurer ensuite si vous les rendez populaires. D'ailleurs puisqu'on est dans l'égalité, qu'attends-on pour voir des défenseurs de droits des Hommes dans les journaux ? les 40% si chers à Najat ne sont clairement pas atteints dans la magistrature ou dans les lieux d'enseignement. L'état ne doit-il pas donner l'exemple de la vertu avant d'ordonner à tout le monde et de condamner automatiquement ceux et celles qui mettent du temps à suivre ?
Réponse de le 09/07/2014 à 3:44 :
Votre discours est criblé de clichés...
a écrit le 08/07/2014 à 14:05 :
Dans la tribune , faudrait pas voir Marine derrière tout ce que VOUS estimez negatif !
Réponse de le 08/07/2014 à 18:10 :
Précarité et conservatisme réactionnaire conduit inévitablement à un recul des droits civiques et sociaux notamment pour les femmes. L’initiative citoyenne européenne des mouvements les plus rétrogrades «One Of us», fort heureusement rejetée, en est un parfait exemple. Est-ce là le futur qui se profile pour le Parlement Européen alors qu’il fut un des plus actifs précurseurs en matière de politiques publiques d’égalité entre les femmes et les hommes Les droits des femmes, dans ce contexte potentiellement «liberticide» ne doivent être pas être des variables de négociation ou d’ajustement comme cela a pu être le cas (le rejet du rapport Estrella sur la santé sexuelle et reproductive)
Être un homme ou une femme ne donne toujours pas la même place, et aucune différence ne justifie les inégalités et le cortège des discriminations à l’œuvre aujourd’hui en matière de sexualité. Trop de résistances freinent cette avancée en Europe : nous devrons mettre toute notre énergie pour vaincre ces peurs entretenues par les tenants de l’ordre moral et social existant !
a écrit le 08/07/2014 à 14:01 :
Et on nous bassine avec l Europe sociale !!!

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