Qui sera le successeur de Herman van Rompuy à la présidence du conseil européen ?

 |   |  879  mots
La chef du gouvernement danoise, Helle Thorning Schmidt et le président du Conseil des ministres polonais, Donald Franciszek Tusk, sont candidats à la présidence du conseil européen
La chef du gouvernement danoise, Helle Thorning Schmidt et le président du Conseil des ministres polonais, Donald Franciszek Tusk, sont candidats à la présidence du conseil européen (Crédits : Reuters)
Il reste deux candidats à la présidence du conseil européen : la danoise Helle Thorning-Schmidt et le polonais Donald Tusk. La course s'annonce indécise.

Selon le Financial Times, il ne reste plus, avant le sommet européen de ce samedi, que deux candidats à la présidence du conseil européen. Deux actuels chefs du gouvernement : la danoise Helle Thorning-Schmidt et le polonais Donald Tusk seraient ainsi encore sur les rangs. On serait ainsi passé de six candidats potentiels à deux.

Des différences politiques minces

Les deux personnalités représentent en théorie les deux spectres politiques de la majorité politique européenne : Helle Thorning-Schmidt est sociale-démocrate, Donald Tusk, libéral membre du parti populaire européen. Mais en réalité, il n'y a pas de divergences fondamentales entre ces deux candidats sur le plan politique. Ce sont deux alliés assez proches d'Angela Merkel. Helle Thorning-Schmidt, notamment, a été très vivement critiquée après son arrivée au pouvoir en 2011 pour avoir oublié ses promesses de relance et de politique sociale et avoir mené une politique budgétaire très stricte. Quant à Donald Tusk, orthodoxe en matière économique, il a toujours été un défenseur de l'amitié avec son voisin occidental contre les tentations nationalistes de la droite représentée par le parti des frères Kasczynski.

Deux sociaux-démocrates à la tête de l'Europe ?

Certes, la nomination quasi certaine de l'italienne Federica Mogherini au poste de haut représentant aux Affaires Etrangères donne un avantage à Donald Tusk afin que la parité PPE-PSE soit respectée. Sauf que le premier ministre polonais n'est pas soutenu par une partie des Conservateurs européens, notamment David Cameron qui, après son échec concernant la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, voudra être entendu. Même Angela Merkel semble plutôt pencher pour la social-démocrate danoise.

Helle Thorning-Schmidt, meilleure pour forger des compromis

Le choix du successeur de Herman van Rompuy se fera donc sur d'autres critères. D'abord, la capacité à trouver et forger des compromis. De ce côté, l'avantage va plutôt à Helle Thorning-Schmidt, ancienne conseillère des syndicats danois, qui dispose des habitudes des pays nordiques dans ce domaine. Surtout, elle peut aussi s'appuyer sur sa bonne connaissance des cultures européennes. Mariée au fils de l'ancien leader travailliste britannique Neil Kinnock, elle est diplômée de l'université de Bruges, parle parfaitement l'anglais et le français et se défend en néerlandais et en allemand. Quoique très europhile, Donald Tusk n'est pas réputé pour sa maîtrise des langues étrangères et ne dispose sans doute pas de la même aisance que sa concurrente danoise pour forger des compromis.

L'atout de Tusk : le soutien de l'Europe centrale

Mais Donald Tusk dispose d'un atout : sa nomination, dix ans après le grand élargissement de l'UE, serait une reconnaissance apportée à l'ensemble des 13 pays qui ont adhéré après 2004. D'autant que dans un contexte très trouble en raison de la crise ukrainienne, beaucoup de pays d'Europe centrale serait conforté et rassuré par une telle nomination. Le premier ministre polonais peut donc compter sur un bloc de soutien des pays se situant derrière l'ancien rideau de fer. La France, qui s'est rapproché de la Pologne sur la question des travailleurs détachés (où Varsovie et Londres se sont déchirés) soutient aussi Donald Tusk. Mais si Berlin et Londres décident de soutenir la Danoise, y aura-t-il une épreuve de force ? François Hollande insistera-t-il pour nommer à la présidence du conseil un conservateur contre une candidate du PSE ? Pourra-t-il assumer son refus de nommer une femme de son camp à ce poste ? Et que fera Matteo Renzi ?

Deux candidats mal en point dans leurs pays

Les deux candidats ont un dernier point commun : ils sont fort impopulaires en ce moment dans leur pays et pourraient perdre les élections prévues l'an prochain. Au Danemark, le gouvernement d'alliance entre Sociaux-démocrates et Socialistes a attisé les déceptions et le mécontentement. Deux camps en profitent : les populistes du Parti du Peuple danois (Df), actuellement donnés à plus de 20 % des intentions de vote et l'extrême-gauche (donnée à près de 10 %). La coalition de Helle Thorning Schmidt accuse un retard de 15 points dans les sondages face à l'alliance de droite avec un parti social-démocrate sous les 20 %, du jamais vu depuis 1901 ! Donald Tusk, lui, a été fragilisé par les révélations concernant les relations de son parti avec la banque centrale en juin. Aux élections européennes, son parti et celui des Conservateurs ont fait jeu égal, mais il accuse désormais du retard.

La clé à Londres ?

Les jeux seront donc serrés entre ces deux chefs de gouvernement en difficulté. L'enjeu n'est pas mince, car le président du Conseil européen est une pièce discrète, mais importante, du dispositif de décision de l'UE. Comme Berlin peut être tranquille sur la fidélité des deux candidats, la clé de la décision résidera certainement à Londres. Car le Royaume-Uni abrite une forte communauté de Polonais. Le locataire de Downing Street, va donc devoir choisir entre l'anglophile Danoise ou le soutien au premier ministre polonais pour s'attacher les Anglo-polonais. S'il se rallie à Donald Tusk, rien ne pourra sans doute empêcher ce dernier de présider le conseil européen.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/08/2014 à 22:31 :
C'est vrai que cette élection, comme celles des présidents précédents de l'UE, montre bien que ce n'est plus du tout de la démocratie ! Nous sommes bien dans un système politique oligarchique ( dans lequel l'autorité est partagée par quelques personnes ). On ne nous demande pas notre avis.
Les députés européens choisissent un gars ou une femme qu’on ne connait pas, on ne sait rien du tout sur eux et on ignore s’il ou elle va déclarer la guerre à un pays, autoriser la vente d’arme, la culture du haschich, la mise sous camisole chimique des citoyens contestataires et des femmes enceintes pour qu’elles n’aient pas de dépression post partum ( je ne plaisante pas, il y a de tels projets en France) ; favoriser les banques, détruire les réserves de monnaies, encourager la méthode globale de lecture ou la méthode syllabique, encourager ou non le travail, taxer les riches et les pauvres, interdire ou libéraliser les cultures d‘OGM, etc .
Pour l’instant, je me méfie des deux ! S’il ou elle avait eu un programme de remise sous contrôle de chaque pays de ses finances , échappant ainsi au pouvoir malsain des banques centrales qui nous ont volé notre souveraineté financière, ils n’aurait même pas pu sortir de l’ombre ! Et s’il ou elle avait insisté, ils auraient fini tragiquement comme John Kennedy, Hussein ou Kadafi qui ont osé proposer une reprise en main de la monnaie pour JFK, un dinar en or pour le 3ème afin de contester le dollar américain et son utilisation internationale, et une nationalisation des compagnies pétrolières qui permit d’améliorer la vie des irakiens pour le second.
Des campagnes sordides ont été faites pour influencer les populations occidentales et justifier les attaques militaires pour tuer les deux derniers car ils menaçaient les intérêts des grands financiers planétaires. (JFK aurait été assassiné par un prétendu fou …)
On peut actuellement, en observant simplement l’état de nos pays, juger de la valeur de ces interventions armées, et de la valeur, de la compétence, de l’honnêteté des élus qui soutiennent la création actuelle de l’Europe !
En Bref, nous ne sommes pas dans un système démocratique, et on peut douter de la valeur réelle pour les population de l'élection de ce Donald Tusk. Il y a cependant de l'espoir de faire évoluer les institutions, car la Suisse possède un système responsabilisant ses citoyens : les votations sont possibles sur tout sujet si une pétition sur ce sujet recueille un certain nombre de voix ! C’est le meilleur exemple de démocratie que je connaisse.
a écrit le 30/08/2014 à 20:55 :
La nomination du polonais est une grande victoire pour l'Allemagne et un nouveau camouflet pour notre pays. Les centres de décisions/influences sont à l'Est sous la coupe "bienveillante" de notre voisin outre-Rhin. Il serait bon pour la France de se RÉVEILLER et d'arrêter de se faire dicter des leçons par l'Allemagne; retrouver une influence (perdue). Fini de quémander et faire le mendiant Hollande, bouges-toi pour redorer le blason de notre pays !
a écrit le 30/08/2014 à 12:06 :
Juste quelques corrections à apporter à l'article, la coalition gouvernementale n'a pas pas 15 mais 5 points de retard selon le dernier sondage en date et Helle Thorning-Schmidt n'a jamais été aussi populaire depuis sa nomination avec 47 % d'approbation, toujours selon le dernier sondage en date.
a écrit le 30/08/2014 à 10:52 :
la danoise serait plus efficace que le polonais !
a écrit le 29/08/2014 à 13:17 :
Il faut avouer que des "ratés de la politique" nous en sommes la nation la plus représentative ! Pourvu qu'il ne soit pas français......Voir, DSK, Lagarde.......
a écrit le 29/08/2014 à 13:01 :
Le gars n a aucune chance face a une femme, idéologie du genre oblige. Elle servira de caution morale.

Je me marre en lisant que les deux sont impopulaires dans leurs pays respectifs : je vois que chez eux aussi l Europe sert de retraite pour les rates de la politique nationale.
a écrit le 29/08/2014 à 12:05 :
et si l'Europe commençait par faire des économies en ne remplaçant pas Van Rompuy et Lady Ashton. le seul intérêt de cette nomination est pour le portefeuille de l'intéressé(e) cela fait cher l'inexistence!
a écrit le 29/08/2014 à 11:00 :
Je serais curieux de savoir combien d'europpéens espèrent et croient en un changement après l'élection d'une de ces deux potiches du système.
a écrit le 28/08/2014 à 23:57 :
Si les Anglais décident alors ce sera le Polonais, atlantiste et pro-américain. La Pologne n'a -t-elle pas acheté des avions militaires américains, alors qu'ils sont européens et que ce n'est pas le choix qui manque en la matière. Les Polonais veulent profiter de l'Europe, mais en matière de défense, il nous font toujours payer notre inaction en 39/40.
a écrit le 28/08/2014 à 23:50 :
On s'en fout, il sert à quoi Van Rompuy? A rien.
a écrit le 28/08/2014 à 22:28 :
Le choix de Tusk serait vraiment le signe d'un Europe a la derive.
a écrit le 28/08/2014 à 22:21 :
Et si un outsider "sortait du chapeau" ?? Je pense à Nicolas Sarkozy ....
a écrit le 28/08/2014 à 21:30 :
Et l'intérêt général des européens, qui s'en soucie ?
a écrit le 28/08/2014 à 20:27 :
Nous sommes en face d'un terrible dilemme : le choix entre une Danoise pro-Washington et un Polonais pro-Washington. Dur dur....
Réponse de le 28/08/2014 à 21:49 :
Seul Donald Tusk est politiquement coherent avec la majorité exprimée au Parlement
a écrit le 28/08/2014 à 19:21 :
Bref, encore un choix entre deux atlantistes de combat qui font tout pour l'hégémonie US et font l'une les yeux doux à l'hôte de la Maison Blanche et l'autre à son administration.
Comment peut-on en arriver à nommer autant de personnes qui doivent tout à une puissance qui n'a d'autre ambition que notre mise sous tutelle?
Je crains bien connaitre la réponse à cette question taboue, mais il semble que la décomplexion soi telle quant à ce qui nous est imposé et par qui que cela ne pose bientôt problème.
a écrit le 28/08/2014 à 15:57 :
En même temps, qu'est ce qu'on s'en fout ? Qu'est ce que cela va changer ? Rien. C'est juste une histoire de postes entre politiques.
Réponse de le 28/08/2014 à 17:51 :
+1000

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :