La vraie relance allemande sera-t-elle... salariale ?

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(Crédits : reuters.com)
Le puissant syndicat allemand IG Metall veut obtenir une hausse des salaires allant jusqu'à 5,5% pour les 3,7 millions d'employés de la métallurgie et de l'industrie électrotechnique, secteur crucial de la première économie européenne.

Et si l'Allemagne relançait, mais par la montée des revendications salariales dans une économie proche du plein-emploi ? Si le plan de relance de l'investissement de 10 milliards d'euros d'ici 2018 annoncé par le ministre allemand de l'économie sera sans doute trop faible et trop tardif pour changer les choses, les salariés du secteur privé eux ne veulent pas attendre pour partager les fruits de la croissance.

Alors même que l'industrie allemande semble ralentir, Detlef Wetzel, président du puissant syndicat IG Metall a estimé mardi que "les salaires et les rémunérations des apprentis doivent connaître une hausse allant jusqu'à 5,5% pour une durée de 12 mois". Cette recommandation du directoire d'IG Metall fait écho aux demandes des sections régionales du syndicat, qui réclament des hausses de salaires entre 5 et 6% pour 2015.
Elle doit encore être validée par des commissions régionales le 25 novembre puis définitivement adoptée le 27 novembre. Le chiffre retenu au terme de ce processus ne diffère en général pas tellement des souhaits émis au niveau régional.
L'accord salarial en vigueur dans cette branche qui comprend l'automobile, l'électroménager, les semi-conducteurs ou encore l'électronique, expire le 31 décembre.

Dans le jeu très ritualisé des négociations, parfois agrémentées de grèves d'avertissement, les employeurs ne manqueront pas de faire valoir que les perspectives de l'industrie allemande, notamment à l'export, se sont dégradées depuis l'été, et que l'inflation est partie pour rester bien en dessous de 2%.

Des arguments rejetés d'emblée par M. Wetzel. "Les scénarios de naufrage de la conjoncture n'ont pas de raison d'être", a-t-il estimé, rappelant que la croissance allemande est attendue entre 1,2% et 1,9% pour l'an prochain selon les estimations. "La croissance reste stable", constate-t-il, et une hausse des salaires permettrait de soutenir la consommation privée, à même de tirer l'économie allemande. "Les entreprises en ont les moyens (...) Ce n'est que justice que les salariés reçoivent une part équitable des bénéfices", a poursuivi M. Wetzel.

Plusieurs appels, en provenance de la France notamment, ont été adressés à l'Allemagne pour augmenter les salaires, moyen indirect de soutenir une conjoncture européenne qui flanche. Banque centrale européenne (BCE) et Bundesbank ont attesté aux employeurs allemands des marges de manœuvre pour faire grimper les salaires, après de longues années de retenue. Retenue dont la métallurgie n'a toutefois pas pâti le plus, IG Metall ayant négocié ces dernières années de confortables hausses.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2014 à 11:15 :
ENFINS DES SYNDICATS QUI FONT LEURS TRAVAIL? SEUL L AUGMENTION DES REVENUES PEUT AUJOUDHUI FAIRE REDEMAREZ LA CROISSANCE? LA FRANCE ELLE MARCHE A RECULON???
a écrit le 12/11/2014 à 11:09 :
Exactement l'inverse de ce qui se passe chez nous.............les donneurs de leçons invétérés !!!!!!!!!
a écrit le 12/11/2014 à 7:57 :
la difference entre IG Metal et la cgt, c'est qu'ils braillent n'importe quoi avant la negociation pour devenir bcp plus raisonnables apres
a écrit le 12/11/2014 à 7:46 :
Cela montre qu'il doit y avoir un équilibre entre cout du travail et prix de l'énergie. Si le prix de l'énergie est haut, on peut augmenter les salaires. S'il est bas, il faut réduire le cout du travail en augmentant à niveau constant le prix de l'énergie.
a écrit le 11/11/2014 à 20:45 :
Et la CGT propose quoi? Ha ha ha ce pays gauchiste mord la poussière...
Réponse de le 11/11/2014 à 22:49 :
Gauchiste depuis 2 ans ahahahaha

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