L'inflation a été négative en zone euro en décembre

Romaric Godin

Romaric Godin
La BCE l'avait prédit : l'inflation en zone euro est tombée en territoire négatif. L'indice des prix à la consommation en décembre pour la zone euro s'est ainsi établi à -0,2 % sur un an. En novembre, les prix avaient encore progressé de 0,3 %. Cette baisse est plus forte que prévu, puisque le consensus des économistes tablait sur une baisse de 0,1 % des prix sur un an. C'est la première fois depuis octobre 2009 que l'inflation en zone euro passe en territoire négatif.
Reste que cette entrée de la zone euro dans la baisse des prix est essentiellement due au facteur énergétique. Sur un an en décembre, les prix de l'énergie ont reculé de 6,3 % sur un an. Les aliments non transformés (-1 % sur un an) ont également tiré l'indice à la baisse. En revanche, les prix des services continuent de progresser sur un an au rythme de 1,2 %, tandis que ceux des biens industriels sont stables (contre une baisse annuelle de 0,1 % en novembre).
Ce chiffre négatif n'est donc pas si inquiétant qu'il n'y paraît. L'effet de base avec la fin de l'année 2013 concernant les prix énergétique et l'alimentation ont fortement tiré les prix à la baisse. Mais il n'y a pas de décrochage : l'inflation sous-jacente, qui ne prend pas en compte l'énergie, l'alimentation et le tabac est à 0,8 % contre 0,7 % en décembre. Il n'y a donc pas réellement de « déflation » au sens où la chute des prix s'auto-entretiendrait.
Pour autant, la situation reste préoccupante. D'abord parce que l'effet de la baisse de l'énergie va se propager au reste de l'économie et agir progressivement sur l'inflation sous-jacente. Les anticipations des acteurs économiques pourraient en être influencées. On sait, du reste, que les anticipations d'inflation des marchés - très suivies par la BCE - sont très influencées par le chiffre global de l'inflation. Au reste, le niveau de l'inflation sous-jacente est très faible : il évolue entre 0,7 % et 1 % depuis septembre 2013, soit depuis 15 mois. Un tel niveau ne peut que peser sur les marges des entreprises et la capacité d'investissement. C'est clairement un frein à la croissance. Et, à terme, c'est dans cette longue période de faible inflation que réside le risque de déflation.
À lire également
La BCE est donc bel et bien sous pression, malgré tout. Le 22 janvier, elle va être sommée d'agir. Mais pourra-t-elle lancer un programme de rachat massif de dette publique à trois jours des élections grecques ? Ce serait fort délicat et ce pourrait être perçu comme une invitation à « monétiser » la dette hellénique. D'autant que la pression allemande contre ce « QE » ne faiblit pas. Ce mercredi 7 janvier, le député CDU Michael Fuchs a appelé la BCE à ne pas contribuer à « réduire l'incitation aux réformes » en lançant un tel programme.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Romaric Godin
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?