La Banque nationale suisse (BNS) a surpris tous les observateurs, jeudi 15 janvier, en annonçant l'abandon du cours plancher du franc suisse en vigueur depuis trois ans, ce qui a fait chuter l'euro et les actions helvétiques. Elle a entre autres instauré un taux négatif sur les dépôts bancaires, passé de -0,75% contre -0,25%, au-delà d'un certain seuil, une première depuis les années 1970, mais réduit également d'un demi-point sa fourchette cible pour le taux libor à trois mois, ramenée entre -1,25% et -0,25%.
C'est pour combattre la récession et les menaces déflationnistes que la BNS avait instauré le plancher du franc le 6 septembre 2011, le désengagement massif des investisseurs de la zone euro se traduisait à l'époque par une forte appréciation du franc. Le mois dernier, la BNS avait même pris de nouvelles mesures pour défendre le plancher du franc, celui-ci bénéficiant alors d'achats liés aux interrogations sur la santé économique de la zone euro et à la dégradation de la situation en Russie.
Le franc suisse a gagné jusqu'à près de 30% face à la monnaie unique européenne dans les minutes qui ont suivi la publication du communiqué de la BNS. Vers 10h50 GMT, l'euro se traitait autour de 1,0450 franc contre 1,2010 franc suisse pour un euro mercredi 14 janvier à 23H00.
"C'est une décision très risquée. La réaction des marchés montre qu'elle est extrême", a toutefois commenté Alessandro Bee, économiste de la banque Sarasin.
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De fait, sur le marché actions helvétique, les principales valeurs tournées vers l'export étaient en forte baisse après l'annonce de la banque centrale : la banque UBS cédait 9,65%, le géant de la pharmacie Roche 8,7%, le cimentier Holcim 11,8%, le fabricant de montres Swatch 14,7%. L'indice SMI cédait quant à lui 8,75% à 11h53.
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