Face à la hausse du franc, la Suisse impose des taux négatifs

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Les dépôts bancaires seront taxés à 0,25 % par la BNS
Les dépôts bancaires seront taxés à 0,25 % par la BNS (Crédits : Reuters)
La banque centrale suisse imposera une taxe de 0,25 % sur les dépôt le 22 janvier. Il s'agit de défendre le seuil de 1,20 euro par franc, sous pression ses derniers jours.

Personne ne s'y attendait, mais la Banque nationale suisse (BNS) a frappé fort ce jeudi 20 décembre au matin. Dans un simple communiqué, elle a annoncé que, désormais, les dépôts des banques dans ses comptes seraient frappés d'un taux négatif de 0,25 % à partir de 10 millions de francs suisses. Chaque franc supplémentaire déposé à la BNS sera donc taxé à hauteur de 0,25 centime. Voici une semaine, dans sa réunion habituelle, la banque centrale helvétique avait jugé bon de ne pas recourir à cette arme, sa volte-face rapide constitue donc une surprise.

Défendre le seuil

Mais pour la BNS, il s'agit de défendre le cours du franc suisse. Depuis l'été 2011, la BNS a indiqué qu'elle ne tolérerait plus un euro plus faible que 1,20 franc. A l'époque, le franc était venu tutoyer la parité avec l'euro, jusqu'à 1,07 euro par franc. Un niveau intolérable pour l'économie suisse, avait alors jugé la BNS qui était intervenue massivement sur les marchés pour faire respecter son « seuil. » Mais ce seuil est à nouveau attaqué. Pour deux raisons.

L'effet BCE

La première, c'est la politique de la BCE. En instaurant des taux de dépôt négatifs dès juin, en annonçant sa volonté de gonfler son bilan d'un tiers et en préparant le terrain à un assouplissement quantitatif de grande envergure, Mario Draghi a naturellement pesé sur l'euro. Et mécaniquement renforcé le franc suisse. Structurellement, il était très difficile pour la BNS de tenir le seuil de 1,20 euro avec un taux de dépôt supérieur de 20 points de base à celui de la BCE. Il y est à présent inférieur de 5 points de base.

L'effet rouble

La seconde raison est plus conjoncturelle. Le franc suisse reste une « valeur refuge » pour les investisseurs. La chute des marchés dans la foulée des tensions sur le rouble a conduit beaucoup d'entre eux à reprendre des « positions de repli » dans la Confédération. Et mécaniquement, le franc s'est raffermi. Au point de venir frôler le fameux seuil, jusqu'à 1,2009 euro pour un franc mercredi. La BNS devait donc agir vite.

Suffisant ?

Ce taux négatif sera appliqué à partir du 22 janvier, mais d'ores et déjà, la menace a fait son effet, en quelques minutes, le franc s'est déprécié jusqu'à 1,2075 euro pour un franc. Reste à savoir si cette mesure sera durablement efficace pour maintenir le franc dans les limites fixées par la BNS face à la volonté de la BCE et à d'éventuelles autres tensions. Reste également à déterminer les effets sur l'économie suisse de ces taux de dépôt négatif. Le secteur bancaire suisse, déjà sous pression après la fin du secret bancaire, en sera-t-il affecté ?

Le communiqué de la BNS est ici.

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Commentaires
a écrit le 19/12/2014 à 6:01 :
que fait la BNS à acheter des actions US? Elle sert les intérêts de son pays ou...?
a écrit le 19/12/2014 à 2:39 :
L euro va être en hausse
a écrit le 18/12/2014 à 16:47 :
Merci de vérifier combien font 0,25% de 1 franc !
Réponse de le 19/12/2014 à 2:37 :
L euro va être en hausse
a écrit le 18/12/2014 à 15:47 :
La BNS a créé un peg sur l'euro (1.20 suisse pour 1 euro) pour protéger son économie en empêchant que les mouvement de foule (changement de monnaie pour du franc suisse) fasse trop monter la devise et ne détruise l'économie réelle du pays. Elle a du mal maintenir ce taux de peg ce qui la force à agir ainsi.
De mémoire, cela était déjà arrivé une fois dans les années 70... à la veille d'un grand événement : la première faillite de Bretton Woods, quand M.Nixon a déclaré la fin de la convertibilité du dollar en or. Cela confirme une réforme monnétaire imminente comme ne cesse de l'anoncer Jacques Attali. Un avis sur ce qui va être fait ?
Il y a la décision de la cour de Karlsruhe le 14 Janvier 2015 sur le rachat direct des OAT d'état par la BCE.
A mon avis, ils n'auront pas d'autre choix que d'accepter ou ce sera la fin de l'Euro. Si quelqu'un peut voir plus que moi, cela m'aiderait, merci.
Réponse de le 18/12/2014 à 16:05 :
La RFA et tous les pays germaniques quittent l'Euros et laisse couler la France.

Ca devient probable..


Dans ce cas là, la France va se "Portugaliser" rapidement..
Réponse de le 18/12/2014 à 16:45 :
le 14 janvier, il me semble que c'est la cour européenne au Luxembourg qui se réunit (trouve pas sur google), pas Karlsruhe (prévu plus tard je crois), je pense comme vous qu il ne s'y opposeront pas, restera à définir les modalités et là c'est loin d'être fait: Qui y à droit? quel montant....? les Allemands (mais sans doute pas qu'eux) sont fermement opposés et avec 27% des voix à la BCE, ils n'auront pas dit leur dernier mot. On en revient toujours au même débat, si cher à l'auteur de l'article, mais nous n'avons pas fait grand chose pour donner confiance aux allemands (le poisson qui se mord la queue)...Si quelqu'un devait sortir de l'Euro ce serait l'Allemagne et ses alliés (dont nous ne ferions pas parti à mon avis), pas un pays du Sud avec une dette libellée en Euro dont la valeur exploserait suite à la sortie, donc méga défaut assuré et collapse général garanti.

Je ne vois pas comment on pourrait revenir à des taux de changes fixes ou à la convertibilité en or et qui y a intérêt avec nos montagnes de dettes, cela dit la fin de Bretton Woods n'avait pas été annoncée par les Américains.

Par contre ce que je sens bien et préconisé par le FMI, c'est un hair cut sur l'épargne, comme à Chypre, un jour ou l'autre pour rembourser une bonne partie des dettes.

Je ne crois pas vous avoir aidé du tout, mais mon sentiment c'est que tout le monde est dans le brouillard. Ce qui se passe tant en économie réelle que monétaire ne correspond pas à ce que l'on connait en théorie économique. Les USA sont à 5.5% de taux chômage officiel pour des taux à 10 ans à 2%, du jamais vu je pense, les taux en Europe n'ont jamais été aussi bas et on manque d'investissement et d'inflation (trappe à liquidité?), la banque du Japon déverse des torrents de Yen et le gouvernement fait de la relance budgétaire pas d'inflation et pas de croissance. Les recettes sont à réinventées sans doute face à de nouvelles données, vieillissement, mutation économique, montagne de dettes et globalisation, ou alors un jour ou l'autre on en viendra peut être à une très ancienne recette, la guerre. Faut passer une annonce cherchons un ou des Keynes du XXI ème siècle, prix nobel garanti, place dans manuel d'éco pour les 100 prochaines années, gratitude éternelle des générations actuelles sacrifiées.
Certains (optimistes) disaient aussi en 2010, qu'après une telle crise on en avait pour dix ans 2008+10=2018, plus que 3 ans....
Réponse de le 18/12/2014 à 17:16 :
Au contraire Nico, vous m'aidez par votre réponse, car elle ajoute des éléments à ma réflexion. Le projet Macron, ce gros fatras de 107 artciles noie un gros poisson dont personne n'a parlé : on autorisera les banques à convertir de force les comptes épargne en ce qu'ils veulent pour les forcer à prendre les pertes, c'est dit dans un jargon technique inauble à tous mais c'est bien ce qui a été proposé par le banquier infiltré dans le gouvernement.

Il est possible qu'on nous propose le méga-deal suivant :
Convergence des salaires et des politiques des divers pays + Haircut sur les dettes via pompage dans l'épargne nationale pour chaque pays pour revenir à des niveaux de dettes des traités (60%) comme condition au rachat dew OAT par la BCE. ...
Réponse de le 18/12/2014 à 21:18 :
Ce serait une sacrée potion amère pour nous autres français et sans doute pour tous les états membres. Seul un pays au bord du précipice les utiliserait, trop restrictif à mon avis.si les eurobonds se font enfin officiellement j aurais plus vu la part supérieur à 60% titrisee contre contrôle strict des budgets nationaux, pour garantir le remboursement et le retour vers 60%, un grand pas federal en fait. Je regarde pour la loi macron, merci
a écrit le 18/12/2014 à 14:08 :
vce n'est pas un scoop. J'ai placé toutes mes économies à Genève et c'était toujours à intéret négatif 0.5% et j'estimais heureux. Il y a d'autres établissement à 0,75 à 1,25 c'est pour dire. Mais mes économlies restent des économies et pas de ISF Ha ha ^_^
Réponse de le 19/12/2014 à 2:36 :
Vous avez raison
a écrit le 18/12/2014 à 13:53 :
Laborieux comme article
a écrit le 18/12/2014 à 11:40 :
Quand, 3 fois dans le même article, on ne fait pas la différence entre 1 Euro = 1.20 Franc et 1 Franc = 1.2 Euro,... on change de métier...!!!!
"Il s'agit de défendre le seuil de 1,20 euro par franc,..."
"difficile pour la BNS de tenir le seuil de 1,20 euro ,..."
"Au point de venir frôler le fameux seuil, jusqu'à 1,2009 euro pour un franc mercredi,..."
a écrit le 18/12/2014 à 11:06 :
"Le secteur bancaire suisse, déjà sous pression après la fin du secret bancaire, en sera-t-il affecté ?"

Je veux bien que pendant les fêtes de fin d'année on soit tous plus sensibles aux gens qui nous entourent mais quand même je vais avoir du mal a m'inquieter pour le secteur bancaire suisse....
Réponse de le 18/12/2014 à 18:27 :
"je vais avoir du mal a m'inquieter pour le secteur bancaire suisse...."
On peut constater que vous n'avez simplement pas compris de quoi on parle!!!

Il ne s'agit pas içi du "secteur bancaire" mais du taux de change de la monnaie euro ou francs suisses utilisée par tout et chacun, vous, moi, la fermière!!!

La BNS (banque nationale suisse) n'est pas une banque style BNP qui recoit l'argent de client, c'est elle qui EMET la monnaie FRANCS SUISSE!!!

Du Taux de change Euro/francs suisses dépend l'état de l'économie de tous le pays Suisse, de l'état des PME, du taux de chômage, etc...

Alors que les politicards français pleurent à longueur d'interview que la France est en faillite parce que l'euro est sur-évalué et ne font rien... La BNS intervient pour que le franc suisse ne soit pas sur-évalué... Ce n'est pas pour rien que la Suisse prévoit une croissance en 2015 de 2,5% avec un taux de chômage de 3%... Voulez-vous que je vous fournisse les chiffres de la France pour comparer?
a écrit le 18/12/2014 à 10:05 :
Jeudi 20/12. On est le 18/12. Bravo le journaliste.
a écrit le 18/12/2014 à 10:05 :
Quand je pense que des gens ont bossé dur, pis que des apollons de la manipulation des bénéfices réussissent à nous plumer. Oui ils nous plument il y a 40 ans nous produisions 30 fois moins vite (j'y étais) et ils viennent aujourd'hui dire qu'il faut travailler plus et partir en retraite plus tard car il n'y a pas assez d'argent. Qu'ont-ils fait de notre sueur et de notre technologie ???
a écrit le 18/12/2014 à 9:50 :
Cette mesure devrait donner de quoi réflèchir aux national socialistes du FN qui rêvent de sortir de l'Euro. Même ceux qui n'en font pas partie, et qui en ont les moyens, en Europe, suivent la politique de change pratiquement fixe avec l'Euro. UK, pays scandinaves.
a écrit le 18/12/2014 à 9:42 :
Le cours du swissie est spéculatif comme beaucoup d'autres monnaies car @ 1.20 fs / euro, le fs est très surévalué. Un taux de 1.45 serait correcte mais rien n'est simple dans ce monde et la récente chute du Rouble en est la preuve.
a écrit le 18/12/2014 à 9:40 :
Je suppose qu'il s'agit de 1,20 franc pour 1 euro, et non l'inverse...
a écrit le 18/12/2014 à 9:39 :
La parité euro franc suisse est mise à mal dans cet article. Elle est inversée dans le titre, remise en l'état dans le texte puis réinversée en fin texte. Ce matin la parité est 1,20444 franc suisse pour un euro.
a écrit le 18/12/2014 à 9:30 :
Plusieurs erreurs viennent polluer la lecture :
"Chaque franc supplémentaire déposé à la BNS sera donc taxé à hauteur de 0,25 centime" : manque-t'il pas quelques 0 ...
"ne tolérerait plus un euro plus faible que 1,20 franc" : ne s'agit-il pas plutôt de 1,20 euro
Réponse de le 18/12/2014 à 9:49 :
Non absolument pas, je me suis posé la même question que vous et en y regardant de plus près on remarque qu'il n'y a aucunes erreurs.
Il ne s'agit pas de 25 centimes mais bien de 0,25 centimes donc bien un taux de 0,25%.
Pour la seconde erreur que vous mentionnez, l'euro étant plus "fort" que le franc suisse, le BNS ne souhaite pas d'un euro faible et qui passe en dessous du seuil de 1,20 francs suisse, ce qui serait désavantageux pour l'économie Suisse.

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