Nicolas Sarkozy mobilise ses troupes pour les régionales, le PS riposte

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
"Depuis deux ans et demi, tous les débats, toutes les initiatives sans exception, c'est nous qui les portons" a lancé Nicolas Sarkozy aux responsables de l'UMP pour le lancement de la campagne des élections régionales.

Nicolas Sarkozy a entrepris samedi de mobiliser l'UMP en vue des prochaines élections régionales en vantant sa politique d'unité de la majorité et de réformes sur des thèmes longtemps étrangers à la droite, comme la défense de l'environnement. Intervenant en clôture d'un conseil national qui a investi les chefs de file de la formation pour le scrutin de mars prochain, le chef de l'Etat l'a appelé à ne pas se refermer sur elle-même et à "prendre des risques".
 

"Depuis deux ans et demi, tous les débats, toutes les initiatives sans exception, c'est nous qui les portons", a-t-il dit, ajoutant qu'il n'entendait pas s'arrêter dans les réformes, obsédé qu'il est de tenir les engagements de la campagne présidentielle. "Je vous demande d'avoir le courage d'assumer des choix structurants", a-t-il indiqué.

Xavier Bertrand prudent
 

Auparavant, le Premier ministre François Fillon et le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, avaient appelé les candidats du parti à mener campagne non seulement sur des thèmes régionaux mais aussi et surtout nationaux. "Nous devons assumer notre bilan, nous devons assumer nos convictions, nous devons incarner le changement contre le conservatisme", a dit le premier.  N'ayant conservé au précédent scrutin de 2004 que deux présidences de région sur 24 en France métropolitaine, l'UMP a choisi comme slogan pour l'élection à venir "La France change, ma région doit changer aussi".Il repose sur la "conviction qu'ont les Français que, depuis 2007,la France est en train de changer alors que dans nos régions les choses ne changent pas", a déclaré Xavier Bertrand.

Prudent, le secrétaire général de l'UMP comme les autres dirigeants de la formation ont refusé de se fixer quelque objectif de reconquête de régions."Nous savons que les élections intermédiaires sont, par nature, difficiles pour la majorité", a-t-il dit dans une interview au Figaro. Dans ces conditions, "chaque région gagnée constituera une victoire et j'ai le sentiment que nous connaîtrons plusieurs victoires", a-t-il ajouté.
 

Le secrétaire général de l'UMP veut croire que la situation actuelle est comparable à celle qui prévalait à la même époque l'an passé "quand tout le monde pronostiquait une défaite" de la droite aux européennes. L'UMP était finalement arrivée largement en tête d'un scrutin toutefois limité à un seul tour.
Les derniers sondages lui attribuent pour le premier tour des régionales un score proche de celui des européennes (27,8%) mais font état aussi d'un rapport des forces qui lui est largement défavorable pour le second, l'unité réalisée entre le parti majoritaire et ses alliés ayant pour inconvénient d'amoindrir fortement ses réserves de voix.
 

Il espère que cette unité créera une dynamique à même de le faire progresser encore au deuxième tour face à des socialistes qui devront composer, dans les 20 régions qu'ils président à ce jour, avec des alliés verts très ambitieux depuis leur score élevé des européennes. "Dès le soir au 14 mars, la gauche se livrera au spectacle des rabibochages et des tractations (...) c'est un obstacle que nous n'aurons pas à franchir", a pronostiqué François Fillon.
 

Le bouclier fiscal maintenu
 

Nicolas Sarkozy s'est lui félicité que l'unité de la majorité soit aujourd'hui à "un niveau jamais égalé dans l'histoire de la droite et du centre". Le chef de l'Etat a une nouvelle fois exclu de revenir sur des mesures comme le bouclier fiscal ou la baisse de la TVA dans la restauration, indiquant qu'il se refuserait à toute hausse d'impôt "parce que la compétivité de la France ne le supporterait pas".
 

Il a critiqué les socialistes sur l'immigration, un autre thème cher à la droite, tout en invitant cette dernière à s'élargir à d'autres sujets "pour préparer l'avenir".
"Nous ne pouvons nous en tenir au seul corpus d'idées traditionnel", a-t-il indiqué. Dans ce contexte, il a mis en avant le rôle pionnier de son gouvernement dans la lutte contre le réchauffement climatique avec des mesures comme la taxe carbone, saisissant cette occasion pour critiquer les Verts et leur "stratégie invraisemblable de la décroissance".
 

"Est-ce qu'ils savent qu'il y a du chômage, est-ce qu'ils savent qu'il y a de la misère dans le monde, est-ce qu'ils savent qu'il y a près d'un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là, plus de chômage, et plus de pauvreté ? "Notre stratégie c'est celle d'une écologie populaire, nous voulons la croissance, mais la croissance durable, voilà le message que vous devez défendre devant les Français", a-t-il dit.

L'ex-Premier secrétaire du parti socialiste (PS) et possible candidat à la présidentielle de 2012, François Hollande, a riposté ce dimanche sur Canal Plus, estimant que Nicolas Sarkozy avait commis une "faute" en voulant "faire de l'immigration le sujet des régionales" et qu'il prenait un"risque" en tentant de "nationaliser" ce scrutin. "Parce que si les élections régionales sont mauvaises pour l'UMP, si la gauche garde ses régions, eh bien, ça sera la défaite de Nicolas Sarkozy".

Le député PS de Corrèze considère que le chef de l'Etat est "redevenu président de l'UMP" en s'exprimant devant les cadres du parti. "Soit, pourquoi pas finalement? c'est finalement la confusion des genres. On a maintenant un président candidat, il est même candidat aux régionales. Face à la gauche, "il y a un parti, un chef" qui dit 'c'est autour de moi et autour de ma politique qu'il faut partir'".

Mêm sentiment pour le député socialiste Arnaud Montebourg qui considère sur Radio J que Nicolas Sarkozy est sorti "de son rôle de président de tous les Français. Un président de la République ne se lance pas dans les campagnes locales".

Dans un communiqué publié samedi, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a lui aussi accusé le chef de l'Etat de "rupture avec la tradition républicaine. Il montre qu'il n'est plus le président de tous les Français mais le président d'un clan".

Les partisans du Président de la république ont balayé ces critiques d'un revers de main. Pour l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Justice dans le gouvernement de François Fillon, qui s'exprimait lui aussi sur Radio J, ces attaques n'ont "aucun sens. Le style de Nicolas Sarkozy est un style direct qui a le mérite de la franchise. (...) Je trouve ça tout à fait normal, (...) ça ne me choque pas".

Très proche de Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, répond au Parisien-Dimanche : "le seul endroit où il ne pourrait pas se rendre serait sa famille politique? En faisant cela, il met simplement fin à une hypocrisie. Il est notre référence et notre inspiration. Quel que soit le scrutin, les électeurs se prononcent sur des enjeux à la fois locaux et nationaux. Il est donc indispensable que le président s'engage comme il le fait". Le Ministre a par ailleurs répété vouloir mener à bien son projet controversé de couvre-feu pour les mineurs de moins de treize ans.

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