Grand retour après un exil plutôt Longuet

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Gérard Longuet était alors devenu en quelques mois l'une des pièces maîtresses du dispositif présidentiel d'Edouard Balladur avec Nicolas Sarkozy, son ministre du Budget. Mais l'ascension de l'ancien député de la Meuse a été brutalement freinée par le juge Renaud van Ruymbeke, qui l'a "fait tomber" pour une affaire liée au financement de sa villa de Saint-Tropez. Renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "recel d'abus de crédit", il sera relaxé en première instance, puis par la cour d'appel de Paris, en novembre 1998.

Gérard Longuet, ancien militant d'extrême droite devenu un grand espoir de la droite libérale, retrouve un poste de premier plan à la Défense après plusieurs périodes de purgatoire. Fidèle de Nicolas Sarkozy depuis la "traversée du désert" qui avait suivi l'échec de la candidature d'Edouard Balladur à la présidentielle de 1995, il n'avait pas caché son amertume d'avoir été écarté du dernier remaniement, en novembre dernier.

Le "patron" des sénateurs UMP s'était ainsi dit "déçu" par ce remaniement, qui selon lui n'avait pas d'acteurs importants, manquait de "chiraquiens" et ne jouait pas assez la carte de l'ouverture à l'ensemble de la majorité. Le nouveau gouvernement "semble très marqué par la seule préoccupation du premier tour de 2012", avait-il dit.

Selon le Canard enchaîné, Gérard Longuet aurait lancé directement, dans le bureau du chef de l'Etat : "Tu sais que j'ai envie de te casser la gueule ?". L'entourage du sénateur avait confirmé que les deux hommes avaient eu "une discussion franche."

Le sénateur avait auparavant réduit ses chances de retrouver un portefeuille ministériel en réclamant un "Français traditionnel" à la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations à quelques jours des élections régionales. Il avait alors jugé que Malek Boutih, ancien président de SOS-Racisme, n'avait pas le profil idéal, suscitant l'indignation de la gauche et des associations antiracistes rappelant le passé d'extrême droite du sénateur.

LA CARTE BALLADUR

Né le 24 février 1946 à Neuilly-sur-Seine, ancien élève de l'Ena et sous-préfet en 1973, Gérard Longuet participa à la fondation du mouvement Occident, dont les membres casqués se rendirent célèbres en se livrant à la chasse aux militants de gauche au début des années 1970. Secrétaire d'Etat, puis ministre chargé des Postes et Télécommunications dans le gouvernement de Jacques Chirac en 1986, il avait succédé en 1990 à son ami François Léotard à la tête du Parti républicain.

Dans le fil de ce parcours fulgurant, il était devenu ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Commerce extérieur du gouvernement Balladur. Décidés, au sein de la principale composante de l'UDF, à mettre un terme au double règne de Valéry Giscard d'Estaing, président de la confédération, et de Jacques Chirac, président du RPR, Gérard Longuet et François Léotard choisirent de jouer la carte Balladur à la présidentielle de 1995.

Gérard Longuet était alors devenu en quelques mois l'une des pièces maîtresses du dispositif présidentiel d'Edouard Balladur avec Nicolas Sarkozy, son ministre du Budget. Mais l'ascension de l'ancien député de la Meuse a été brutalement freinée par le juge Renaud van Ruymbeke, qui l'a "fait tomber" pour une affaire liée au financement de sa villa de Saint-Tropez.

Renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "recel d'abus de crédit", il sera relaxé en première instance, puis par la cour d'appel de Paris, en novembre 1998. En 2001, Gérard Longuet parvient à rebondir en entrant au Sénat à la faveur des élections et en prenant la tête, l'année suivante, de l'Association des régions de France (ARF). Il perdra cependant la présidence de la région Lorraine lors de la "vague rose" des régionales de 2004.

Il aura donc attendu une quinzaine d'années pour que soit digérée cette affaire immobilière finalement jugée sans objet par la justice au terme d'une procédure dont la longueur a de quoi susciter des interrogations sur l'efficacité du système.  Que voudra-t-il faire à la tête du ministère de la Défense, jadis occupé par un de ses proches, François Léotard, dans le gouvernement du Premier ministre Edouard Balladur ? C'est sans doute la question de la restructiration de l'industrie de défense qui l'intéresse le plus mais les quelques mois dont il va disposer d'ici à l'élection présidentielle de 2012 vont être probablement insuffisants pour enivsager des mar!ages entre EADS et Thales ou Zodiac et Safran.

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Commentaires
a écrit le 05/03/2011 à 17:07 :
Qui à bu boira ,souhaitons que Longuet fasse mentir ce dicton .
a écrit le 05/03/2011 à 10:56 :
insaisissable longuet... à quoi pense - t il, "j'ai survécu, et maintenant ils m'envoient à la défense, c'est bien ma chance, en tout cas défense de se moquer"

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