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ÉconomieFrance

Réforme de l'ISF : à gauche, mais aussi à droite, les critiques fusent

latribune.fr

Publié le 13 avril 2011 à 14:09 - Mis à jour le 13 avril 2011 à 14:32

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Au lendemain de l'annonce de la réforme de l'ISF et de la fin du bouclier fiscal, les critiques ont commencé à fuser. A gauche, mais aussi à droite.

Sans surprise, le choix de Nicolas Sarkozy de supprimer le bouclier fiscal et de réserver l'impôt de solidarité sur la fortune aux contribuables dont le patrimoine est supérieur à 1,3 million d'euros ne fait pas l'unanimité dans la classe politique.

L'une des toutes premières salves est à mettre au compte du président de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac. Ce député socialiste a qualifié la réforme de "bricolage" et estimé que le chef de l'Etat avait reculé sur tous les fronts. "L'élément le plus remarquable est la suppression du bouclier fiscal qui a été défendu avec véhémence par le président de la république il y a encore quelques mois: il s'est résolu à accepter sa suppression et donc, d'une certaine manière, à manger son chapeau. (...) L'ISF ne sera pas supprimé et là encore le président de la République recule, a expliqué Jérôme Cahuzac à des journalistes.

Pour le Parti communiste, la réforme est un "numéro de funambule fiscal au service de la bande du Fouquet's", une référence aux industriels qui avaient fêté avec Nicolas Sarkozy sa victoire à la présidentielle en mai 2007 dans un restaurant des Champs-Elysées. Le coût de la réforme est estimé par le gouvernement à 900 millions d'euros par an, dont 300 pour la suppression de la première tranche de l'ISF et 600 pour l'allègement du barème. Ce coût doit être compensé par la création d'une taxe de sortie pour les expatriés, une hausse de la fiscalité sur les héritages importants et un durcissement des conditions pour les donations en franchise d'impôt. Mais pour le parti communiste, "la politique fiscale de l'UMP va continuer à appauvrir l'Etat". "Les conséquences sont déjà connues: c'est moins de profs, de policiers, d'infirmières, et donc une société française qui s'affaiblit" prévient le PCF dans un communiqué.

"Ils ont réussi à faire un nouveau cadeau fiscal aux plus riches, ce qui est totalement invraisemblable", a lancé ce mercredi, le député communiste Jean-Claude Sandrier, membre de la commission des Finances de l'Assemblée. La co-présidente du Parti de gauche, Martine Billard, a quant à elle qualifié la réforme de "tour de passe-passe".

Jean-François Copé parle de première étape

Le porte-parole du groupe UMP pour le débat budgétaire Jérôme Chartier, s'est élevé contre toutes ces critiques. "Cette réforme, c'est loin d'être un cadeau aux riches", a-t-il dit dans les couloirs de l'Assemblée avant de préciser qu'Il "fallait nécessairement réformer l'ISF et en faire un impôt de solidarité juste mais qui ne soit pas confiscatoire".

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Tous les parlementaires de la majorité ne partagent pas ce point de vue. "Cette mesure qui va toucher 300.000 contribuables va apparaître naturellement à l'opinion publique comme une mesure de classe", a ainsi déploré mercredi le député UMP "villepiniste" Jean-Pierre Grand interrogé dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Et d'ajouter : "Ça, c'est extrêmement désagréable aux oreilles des républicains sociaux de la majorité".

À lire également

  • Ce qui va changer pour les Français qui paient l'ISF
  • Le gouvernement veut faire adopter sa réforme fiscale avant l'été

Pour tenter de calmer le jeu, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait que d'une "première étape" avant un "débat de fond" dans le cadre de la présidentielle, où il faudra selon lui parler de sa suppression pure et simple. "Nous sommes encore le seul pays d'europe à avoir un ISF. C'est intenable, c'est ce qui encourage les délocalisations de fortune, c'est quelque chose qui à mon sens est contraire à l'intérêt économique de notre pays", a expliqué Jean-François Copé. Pour le patron du parti majoritaire, "le débat est clos à partir du moment où on n'a pas les moyens de supprimer un impôt qui rapporte trois mlliards d'euros".

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