Une chambre froide où sont conservées 2.500 souches de microalgues. C'est un peu le trésor de Fermentalg, autant que le symbole de ses difficultés à percer. Depuis sa création en 2009, la société basée à Libourne en Gironde cherche des micro-organismes productifs pour les doter d'une application dans le champ de l'alimentation ou de la santé. « On capture des microalgues, on les mute et on les cultive. Ce n'est pas un business simple », illustre Pierre Josselin, nouveau directeur général de Fermentalg.
Seule une poignée a trouvé sa place sur les marchés, comme la microalgue qui produit en masse des oméga 3 ou une autre capable de générer un colorant bleu.
Pas de quoi fournir suffisamment de débouchés pour cette entreprise cotée en Bourse, dont le cours stagne au plus bas depuis fin 2023. En quinze années d'existence, jamais la rentabilité n'a été atteinte. Mais Fermentalg a quelques raisons d'espérer qu'enfin le potentiel des microalgues se révèle. En 2024, la biotech a enregistré un chiffre d'affaires record de 11,5 millions d'euros, dopé par le partenariat industriel noué l'année précédente avec Huvepharma, un fabricant bulgare de produits pharmaceutiques.
Au côté de Bpifrance, Huvepharma a participé à une augmentation de capital de près de 13 millions d'euros. Et noué un partenariat afin de produire en quantité industrielle l'huile riche en oméga 3 à partir des microalgues. De quoi abonder les débouchés du complément alimentaire et de la nutrition infantile où Fermentalg vise respectivement 20 % et 10 % de part de marché en France. La rentabilité de l'entreprise est attendue pour 2026.