Roselyne et le nucléaire

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Pour un début pétaradant, c'en est un ! Au lendemain de sa nomination à la tête du ministère de l'Ecologie et du développement durable, Roselyne Bachelot a pris à contre-pied les défenseurs de l'environnement en déclarant sa flamme pour l'atome. "L'industrie la moins polluante, c'est l'industrie nucléaire", a déclaré la ministre au micro de France Inter. Sans l'indiquer explicitement, Roselyne Bachelot fait ainsi le lien entre effet de serre et nucléaire. Il est en effet avéré que cette énergie ne rejette dans l'atmosphère aucun des gaz (CO2, méthane, CFC, etc.) responsables du fameux effet de serre, lui-même cause du réchauffement climatique de notre planète. En cela, le nucléaire est plus "vert" que les combustibles dits fossiles, brûlés dans les centrales thermiques : charbon, pétrole et gaz (ce dernier, un peu moins polluant).Pour autant, on peut trouver à redire à cette déclaration. D'abord parce que, dans sa brutalité, elle n'est pas très adroite, politiquement parlant. Roselyne Bachelot va, par exemple, avoir bien du mal à obtenir la collaboration pleine et entière d'un personnel ministériel et d'une administration où les antinucléaires occupent les postes-clés. A moins de les écarter tous sur l'heure... De même, le dialogue avec les grandes associations environnementalistes qui pèsent d'un poids non négligeable dans notre pays (France Nature Environnement, WWF, etc.) s'annonce difficile. Enfin, la sensibilité anti-nucléaire est une réalité en France, qu'on le déplore ou non. Les récents remous autour de la mise en place du site expérimental de stockage de déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse, en témoignent. En la matière, seuls le dialogue et la transparence des pratiques peuvent contribuer à lever les réticences. Et justement, sur cette question des déchets radioactifs, Roselyne Bachelot se montre bien légère. Ils ne sont pas une fatalité selon elle, et, insiste-t-elle, "mettre une recherche dynamique au service des déchets nucléaires c'est possible, on peut faire beaucoup mieux". Pas si sûr. Car, si des progrès sont en cours dans le traitement et le stockage des déchets de faible et moyenne activité, personne n'a encore trouvé de solution pour les 5.000 mètres cubes de déchets hautement radioactifs, ceux dont la durée de vie n'excède pas quelques millions d'années... Cela malgré les 2,3 milliards d'euros investis depuis une dizaine d'année dans la recherche et le développement. Il existe des pistes, certaines prometteuses, mais rien n'aboutira avant longtemps. Retrouvez l'actualité technologique tous les mercredis dans "La Tribune de l'Innovation", édition papier.

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