Qwest limoge son PDG

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D'un côté de l'Atlantique comme de l'autre, il ne fait décidément pas bon diriger un opérateur de télécommunications en ce moment. Après l'éviction de Bernie Ebbers, le patron de WorldCom, et alors que le siège de Ron Sommer, le PDG de Deutsche Telekom, semble plus que jamais éjectable, c'est aujourd'hui Joseph Nacchio, le patron du groupe américain Qwest, qui est poussé vers la sortie. Le conseil d'administration du quatrième opérateur local américain lui a en effet demandé sa démission, pour le remplacer par Richard Notebaert, l'ancien PDG d'Ameritech, qui occupait jusqu'à présent les mêmes fonctions chez l'équipementier de réseaux Tellabs. Jospeh Nacchio, en poste depuis 1997 et qui avait notamment piloté la fusion de Qwest avec US West, restera consultant du groupe pendant deux ans, pour faciliter la transition. Mais si Qwest change de PDG, il n'entend pas - officiellement du moins - modifier sa stratégie. Car même si Joseph Nacchio assure que son désir de consacrer plus de temps à sa famille a motivé sa décision, le communiqué du groupe le laisse clairement entendre : c'est la chute de l'action Qwest à Wall Street (87,5% en un an, 94% depuis mars 2000) qui a précipité celle de son PDG. "Nous devons désormais nous concentrer sur la restauration de la valeur actionnariale et faire en sorte que les salariés, les partenaires et les clients de Qwest puissent bénéficier de nos forces", explique Frank Popoff, l'un des membres du conseil d'administration. Richard Notebaert , 54 ans, hérite donc de la délicate mission de poursuivre le désendettement de Qwest tout en assurant le développement de ses activités. Alors que sa dette culmine à 25 milliards de dollars et que sa note financière a été dégradée récemment au niveau de celle des junk bonds (obligations spéculatives), le groupe s'est engagé dans un programme de cessions qui passe notamment par la vente annoncée des activités d'annuaires, estimées autour de 8 milliards de dollars. Parallèlement, Qwest a déposé la semaine dernière une demande d'autorisation pour commercialiser ses services longue distance dans cinq Etats supplémentaires (Colorado, Idaho, Iowa, Nebraska et Dakota du Nord), en plus des 14 Etats dans lesquels il opère déjà.A Wall Street, l'action Qwest rebondissait de 21,5% en milieu de journée lundi, à 5,04 dollars, les investisseurs saluant la volonté du groupe de restaurer sa crédibilité financière.Un autre opérateur américain, XO Communications, s'est placé aujourd'hui sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites. Fondé en 1994 par le milliardaire Craig McCaw, qui reste son principal actionnaire, le groupe a accumulé une dette de 4,5 milliards de dollars à laquelle il est aujourd'hui incapable de faire face. Et il n'est pas parvenu à conclure les discussions engagées sur un projet de refinancement avec Telmex et l'investisseur Carl Icahn. La SEC, le gendarme boursier américain, a en outre ouvert une enquête sur ses pratiques comptables.

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