« Il devient impossible de faire l’impasse dessus » : la lutte anti-drones, une priorité impérative pour la France
Canons dopés à l’IA, missiles à très courte portée, roquettes guidées laser, brouilleurs… la France souhaite renforcer ses capacités de lutte face aux menaces croissantes des drones. Un enjeu de survie pour les armées.
Qui dit drones, dit lutte anti-drones (LAD). Si la France prend enfin résolument le virage des drones depuis trois ans environ, elle investit tout autant, en parallèle, dans des capacités anti-drones. « Face à des menaces saturantes et hétérogènes combinant missiles et drones, la défense aérienne et la lutte anti-drones doivent être consolidées », a d’ailleurs estimé, en avril à l’Assemblée nationale, la ministre des Armées, Catherine Vautrin.
Car cette menace venant des États-puissances est désormais omniprésente. Ainsi, la Russie, qui produisait environ 180.000 drones tactiques en 2023, en a livré deux ans plus tard à ses armées plus de 1,5 million. En matière de drones longue portée, la production russe est passée de 2 500 unités en 2023 à plus de 30.000 en 2025.
La Chine est probablement le deuxième producteur mondial de drones militaires derrière les États-Unis, mais le premier exportateur de drones armés vers de nombreux pays, notamment au Moyen-Orient et en Afrique. Avant le début du conflit, l’Iran produisait 150 à 250 drones kamikazes Shahed par mois.
6,9 milliards d’euros dans la défense aérienne
« La lutte anti-drones constitue clairement un impératif, résume le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill. Il devient impossible de faire l’impasse dessus ». Pour réussir le virage d’une LAD efficace, les armées françaises peuvent s’appuyer sur le savoir-faire performant de la BITD (Base industrielle et technologique de défense), mais aussi sur l’émergence de nouveaux entrants dans le domaine de la défense.
En prenant en compte les nouveaux objectifs budgétaires du projet de loi d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), le ministère des Armées souhaite investir 6,9 milliards d’euros dans la défense aérienne élargie sur la période 2034-2030, dont la LAD. Soit 1,6 milliard d’euros de plus par rapport à la LPM initiale (+ 32 %). Par ailleurs, dès 2026 seront livrés neuf systèmes Parade (programme de protection déployable modulaire anti-drones) et trois effecteurs laser de lutte anti-drones.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.