Le président d'Horizons, Edouard Philippe, candidat déclaré à l'élection présidentielle, est favorable à l'introduction de la capitalisation dans le régime de retraite.
TN - REUTERS - Tom Nicholson - Tom Nicholson
Alors que le Conseil d’orientation des retraites présente ce jeudi 11 juin un rapport alarmant sur l’avenir du régime par répartition, l’introduction d’une part de capitalisation rejaillit dans le débat. Le sujet devrait être tranché pendant l’élection présidentielle.
Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui présente son rapport annuel ce jeudi 11 juin et que La Tribune a consulté, le régime de retraite « resterait durablement en déficit » d’ici à 2070. À cette date, le système pourrait être dans le rouge à hauteur de 2,4 % du PIB. Pour bâtir cette projection alarmante, le COR a pris en compte les prévisions démographiques actualisées de l’Insee dévoilées lundi 8 juin.
Avant même de se projeter si loin, il apparaît que la situation financière du système de retraite est aujourd’hui dégradée. Selon le COR, le déficit atteindrait 0,2 % du PIB en 2025, soit 5,1 milliards d’euros.
Et un point doit être relevé : l’année dernière, sur les 417 milliards d’euros de ressources allouées au système, près des deux tiers seulement (277 milliards d’euros) étaient des cotisations issues des revenus d’activité du secteur privé et des agents publics. Le reste (140 milliards d’euros, NDLR) correspondait à des transferts de l’État ou d’autres organismes publics (Cnaf, Unedic).
Autrement dit: le système ne tient que grâce à des perfusions d’argent public. Il n’est donc pas « quasiment à l’équilibre », comme l’a affirmé mardi 9 juin la présidente du groupe La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, à l’Assemblée nationale.
Par ailleurs, dans son scénario de référence, le COR anticipe une baisse sensible du niveau de vie moyen des retraités par rapport au reste de la population durant les 45 prochaines années. « Il atteindrait 90,3 % en 2070, contre 100,2 % en 2023 », projettent les experts. En 2023, en prenant en compte les loyers imputés — le montant que devrait verser un retraité propriétaire s’il était locataire de son logement —, les retraités avaient un niveau de vie supérieur de 6,5% à l’ensemble des ménages.
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