Tirés par le militaire, les résultats de Thales déçoivent

 |  | 624 mots
Lecture 3 min.
Un an après les attentats du 11 septembre, les valeurs liées à l'armement et à la défense ont bien résisté à la débâcle boursière. Thales et EADS restent ainsi remarquablement stables et ne perdent que 3% depuis le 1er janvier.Ce jeudi matin, au lendemain des commémorations des attentats qui ont frappé New York, le groupe Thales (ex Thomson-CSF) publie des résultats semestriels légèrement décevants.Le bénéfice net part du groupe ressort à 88 millions d'euros pour le premier semestre 2002, contre 14 millions pour la période correspondante de l'an dernier. Cette forte hausse des bénéfices s'explique par la croissance de l'activité (+15 % à 4,98 milliards d'euros), la réduction des frais financiers (-27 %) et de la charge d'impôt (-45%) sur la période. La progression est pourtant encore inférieure aux attentes des analystes interrogés par Reuters, qui tablaient en moyenne sur un RNPG de 94,6 millions.Le résultat d'exploitation du premier semestre est en hausse de 9% à 297 millions d'euros contre 274 millions, là encore inférieur aux attentes puisque le consensus tablait sur 321 millions d'euros. Un résultat qui n'est toutefois pas comparable au résultat d'exploitation de 282 millions d'euros publié au premier semestre 2001, en raison de changements de règles comptables. Le résultat opérationnel (EBIT) a progressé de 5% à 263 millions d'euros.Les prises de commandes enregistrées par le groupe au cours du premier semestre sont en baisse de 7% à 4,415 milliards d'euros. Sur l'ensemble de l'année 2002, les nouvelles commandes devraient atteindre un niveau proche du record atteint en 2001 (11 milliards), estime Thales. Au 30 juin 2002, le carnet de commandes du groupe atteignait 18,8 milliards d'euros.Dans un contexte de crise du secteur aérien civil, le bénéfice du groupe a été tiré par les marchés militaires. Le résultat d'exploitation du pôle "Défense" s'est ainsi accru de 20% à 235 millions d'euros, soit 10% de croissance à structure comparable. Le pôle "Aéronautique" maintient son résultat d'exploitation à 51 millions d'euros, au même niveau qu'au premier semestre 2001, grâce à la bonne tenue des commandes militaires. Enfin le résultat d'exploitation du pôle "IT&S" (technologies et services) s'est replié à 11 millions d'euros contre 27 millions un an plus tôt, en raison notamment de la déconsolidation du bénéfice de Thales Instruments, cédé en septembre 2001, et de la comptabilisation de la perte de Thales Telematics, désormais détenue à 100%. Dans ce secteur, Thales a récemment dû renoncer à vendre sa filiale Thales SI à GFI Informatique (lire ci-contre).Les difficultés rencontrées dans les secteurs autres que militaires expliquent la baisse de la marge d'exploitation de 0,3 point à 6% au cours de la période. L'endettement net consolidé a atteint 1,8 milliard d'euros, mais la poursuite des cessions devrait permettre de le réduire pour le ramener à un niveau proche de la fin 2001, soit 1,5 milliard, estime toujours le groupe, qui confirme ses objectifs d'une croissance annuelle de 10% pour son chiffre d'affaires consolidé et de 5 à 10% pour son résultat d'exploitation. La loi de programmation militaire qui a été présentée mercredi en conseil des ministres offre une certaine visibilité sur le secteur, dans un contexte plus général d'accroissement des tensions internationales. Le lancement, notamment, de la construction d'un second porte-avions français pourrait particulièrement favoriser Thales. "Sur le Charles de Gaulle, Thales avait réalisé un chiffre d'affaires de l'ordre de 100 millions d'euros et compte en récupérer beaucoup plus avec la construction d'un second porte-avions, d'autant qu'il se positionnera en maître d'oeuvre potentiel en face de la Direction des chantiers navals", explique ainsi l'analyste du CIC dans une étude récente.En attendant, les résultats légèrement décevants font tanguer le titre qui perd 4,84% à 35,97 euros en clôture.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :