CFF Recycling et Penauille en baisse après l'OPA

Après une semaine de suspension de cotation, la reprise des échanges boursiers sur les titres CFF Recycling et Penauille Polyservices n'est pas des plus calmes. Ainsi, CFF Recycling, qui a annoncé hier les modalités de son offre publique d'achat sur Penauille Polyservices, voit son titre fléchir sensiblement pour sa reprise de cotation. L'action chute de 6,36% à 20,04 euros, à la clôture.Le marché affiche en effet sa prudence face à l'opération. Outre le fait que CFF va débourser 110 millions d'euros pour financer le rachat de Penauille, l'intérêt stratégique du rapprochement laisse les analystes perplexes. "Les deux groupes ne s'adressent pas au même marché. Penauille est spécialisé dans le service aux entreprises (propreté, sécurité, services aéroportuaires) et CFF dans le recyclage de produits en fin de vie. Les synergies sont inexistantes", expliquent les analystes d'Aurel Leven. Pour les spécialistes, l'opération de diversification permet surtout à CFF de "gommer l'aspect cyclique de son activité", mais " le nouveau groupe constitué sera difficile à suivre avec ses deux activités différentes". En outre, la nouvelle société sera dotée d'un endettement très élevé de 535 millions d'euros, soit un "gearing" de 143%, d'après les estimations des analystes d'Aurel Leven.De son côté, l'action Penauille Polyservices est aussi sous pression et chute de 18,60% à 8,01 euros à la clôture. Le cours s'ajuste sur le prix de l'offre de CFF, qui est de 7 euros. En outre, le titre réagit au fait que l'opération, qui combine une augmentation de capital réservée à la société holding créée par CFF et Jean-Claude Penauille, alliée à une conversion de créances bancaires en fonds propres, aura un effet négatif pour les actionnaires de Penauille Polyservices. "Le nombre de titres de Penauille Polyservices est multiplié par 2,4, ce qui constitue une énorme dilution", calculent les analystes de Fideuram Wargny.En tout état de cause, le groupe se sort d'une situation délicate: asphyxié par ses dettes, Penauille Polyservices affiche, avant l'opération, un endettement représentant près de quatre fois ses fonds propres. Avec cet accord, il s'offre un nouveau départ, ramenant son gearing à 120% contre plus de 300% précédemment. "L'importante recapitalisation (par restructuration de sa dette) va permettre à Penauille de retrouver une dynamique financière positive et lui offrira une nouvelle capacité offensive sur le secteur (notamment par acquisition)", confirment les analystes de Fideuram Wargny.

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