Rémy Cointreau se désengage du réseau de distribution Maxxium

 |   |  526  mots
A compter de mars 2009, le groupe français de vins et spiritueux ne distribuera plus ses marques via le réseau Maxxium. L'objectif affiché par Rémy Cointreau est de redéployer ses positions sur le marché asiatique. En Bourse, le titre s'envole sur fond de rumeurs de rachat.

Célèbre pour ses marques mais petit par la taille, le groupe français de vins et spiritueux Rémy Cointreau se retrouve en position délicate. Il a en effet annoncé ce matin qu'il allait mettre fin à son contrat avec Maxxium. Si jusqu'ici la puissance de feu de ce réseau de distribution lui avait permis d'écouler ses alcools en Asie comme en Europe de l'Ouest et de faire jeu égal avec les poids lourds du secteur, cette décision relance les rumeurs d'un éventuel rachat du groupe.

"En accord avec ses partenaires au sein du joint-venture de distribution Maxxium, Rémy Cointreau a notifié la résiliation de l'accord global de distribution à effet du 30 mars 2009", précise un communiqué publié par le groupe. L'objectif avancé pour justifier cette "décision stratégique" est "d'adopter de nouvelles options de distribution dans des marchés prioritaires comme l'Asie".

"Notre réseau de distribution actuel est mal adapté à ce marché", fait-on savoir chez Rémy Cointreau. Des quatre membres de Maxxium, le groupe estime détenir la plus grosse part de marché en Asie, mais la croissance des ventes du réseau est inférieure à celle du secteur. Il entend donc être plus agressif sur le plan commercial en créant son propre réseau.

A l'origine, Maxxium est une co-entreprise créée en 1999 par Rémy Cointreau et deux autres acteurs du secteur vins et spiritueux, Beam Global Spirits & Wine et The Edrington Group, rejoints en 2001 par V&S, le propriétaire de la vodka Absolut. Ce réseau de distribution opère sur les grands marchés de spiritueux, en dehors des Etats-Unis, de l'Amérique du Sud, de l'Afrique et de l'Inde. Il dote Rémy Cointreau d'une envergure commerciale lui permettant de rivaliser avec les géants qui dominent le marché, à savoir Diageo et Pernod Ricard.

C'est justement là que le bât blesse... En raison de sa taille modeste, Rémy Cointreau fait figure de petit poucet par rapport à ses concurrents et ne dispose pas de moyens significatifs pour grandir par croissance externe. Le groupe ne se classe en effet qu'en queue du peloton des dix premiers du secteur au niveau mondial. L'annonce de son désengagement de Maxxium fragilise donc ses positions.

La calendrier de sortie qui a été défini donne deux ans et demi à Rémy Cointreau et ses partenaires pour s'organiser et assurer la transition. Pour ce qui est des conditions financières et de l'impact du désengagement du groupe de vins et spiritueux, ils seront annoncées lors de la publication, le 12 décembre prochain, de ses résultats semestriels clos fin septembre 2006.

Le titre Rémy Cointreau gagnait jusqu'à 7% à 45,78 euros dans les premiers échanges parisiens, dopé par l'attrait spéculatif de l'annonce. Le groupe est en effet fréquemment présenté comme une cible de choix dans un secteur des spiritueux en pleine consolidation. Contrôlé par la famille Hériard-Dubreuil, qui détient 44% du capital et 55,17% des droits de vote, Rémy Cointreau est notamment propriétaire des cognacs Rémy Martin, de la marque Cointreau et du champagne Piper-Heidsieck.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :