Aux Etats-Unis, rentrée scolaire rime avec obligataire

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Alors que les frais de scolarité et d'université flambent, Wall Street titrise 75% des emprunts étudiants. Une manne qui prospère tandis que les bourses fédérales se raréfient.

Pour les courtiers en obligation, la rentrée scolaire est désormais synonyme de lendemains qui chantent. Alors que la flambée exponentielle des frais de scolarité - de la crèche jusqu'à l'université - contribue à alourdir l'endettement des Américains, Wall Street s'est trouvé un nouveau filon au cours des dernières années: les obligations "adossées" aux emprunts des étudiants.

Selon Moody's, près de 44 milliards de dollars d'obligations de ce type ont trouvé preneurs rien qu'au premier semestre de 2006. L'agence de notation estime que l'engouement des investisseurs pour ce segment du marché obligataire est tel que le record de 2005, où la bagatelle de 73 milliards de titres avait été placée, devrait être facilement battu cette année.

L'an dernier, cette classe d'actifs a d'ailleurs enregistré une croissance cinq fois supérieure au marché des obligations adossées à des actifs dont elle représente 8% du total. Dans le même temps, le volume des titres liés à des emprunts hypothécaires s'est apprécié de 17%. L'Association du marché obligataire (BMA) indiquait à la fin du deuxième trimestre 2006 que la valeur des obligations "étudiantes" s'élevait à 170 milliards de dollars, contre 3,5 milliards en 1995...

Le rendement de ces obligations n'a pourtant rien de mirobolant. Cette année, il s'est inscrit à 2,77%. Reste que dans un climat international instable où les placements sûrs se raréfient, ces titres rassurent. Les défauts sont très rares sur ce type de papier, d'autant que certains sont garantis par le gouvernement américain qui préfère désormais prêter aux étudiants que leur accorder une bourse. Au cours de l'exercice fiscal 2006 qui s'achèvera à la fin octobre, huit millions d'étudiants vivant aux Etats-Unis auront emprunté 60 milliards de dollars au gouvernement fédéral.

Parallèlement, les étudiants ont de plus en plus recours à des établissements privés. Au cours de l'année universitaire 2004-2005, ces banques et instituts financiers leur ont prêté 13,7 milliards de dollars, soit neuf fois plus que dix ans plus tôt.

Dans ce contexte, le marché se frotte les mains. Wall Street titrise 75% des emprunts étudiants, qu'ils soient réalisés auprès du gouvernement ou d'établissements privés. En attendant, l'accès aux universités privées, généralement plus cotées, devient de moins en moins accessible pour les foyers modestes. Selon un rapport du College Board, le coût moyen d'une année universitaire représentait 83% des revenus d'un ménage du premier quartile au cours de l'année scolaire 2003-2004, contre 60% en 1992-1993. Même s'ils obtiennent une bourse fédérale, les frais d'université engloutiront un tiers des revenus de ces ménages...

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