Mais où est l'Europe conquérante et compétitive ?

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Deux documents, l'un sur l'éducation en Europe, l'autre sur la compétitivité des Etats européens, montrent qu'il y a encore du chemin à faire. Une fois de plus, les pays du Nord s'en sortent mieux que les autres, France incluse.

Le premier rapport, celui sur l'éducation, supervisé par le Lisbon Council, un think-tank européen qui s'est donné pour tâche de vérifier les promesses faites il y a six ans lors du sommet de Lisbonne consacré à la compétitivité de l'économie de la zone, est sans appel. Compte tenu du manque de financement - chronique, souligne le rapport - en matière d'éducation (de fait, les Européens dans leur ensemble dépensent moitié moins que les Américains pour chaque étudiant universitaire, soit 9.000 dollars par an contre 20.000), l'Europe ne risque pas de produire des petits génies de l'innovation. Et donc d'être compétitive selon ce critère.

Pis, dans certains pays, et pas des moindres puisqu'il s'agit en fait des poids lourds - France, Allemagne et Italie - le système éducatif est tellement pervers que des milliers de talents, et surtout ceux qui pourraient émaner des couches les moins favorisées de la population, sont négligés, ces jeunes ne trouvant jamais le chemin de l'université et de la réussite.

Seule la Finlande, déjà arrivée première de tous les pays développés lors d'une étude effectuée par l'OCDE sur les capacités en lecture des enfants, et deuxième en ce qui concerne les maths en 2003, peut espérer, avec un système d'éducation à la fois flexible, réactif et inclusif, s'en sortir. Tout cela n'est donc pas très enthousiasmant. Mais ce n'est pas tout.

Un autre rapport, publié aussi ces jours-ci, par le Centre pour la Réforme Européenne (Centre for European Reform), basé à Londres, n'est guère plus encourageant. Le document, publié tous les ans depuis six ans, vise à évaluer, entre autres, le taux d'innovation dans les économies européennes, de même que le taux de flexibilité du marché du travail.

Le résultat ne surprendra sans doute pas: le Danemark et la Suède sont, comme l'an dernier d'ailleurs, numéros un et deux pour ce qui est de la compétitivité de leur économie. L'Autriche a réussi à grimper de la cinquième place l'an dernier à la troisième cette année. Au-delà des réformes en matière de flexibilité sur le marché de l'emploi, par exemple, les cinq premiers pays enregistrent de bons scores en matière d'innovation et de recherche et développement.

Et où est la France dans tout cela? Elle occupe la huitième place - une avancée, puisqu'elle était onzième l'an dernier. Oh, pas parce que son marché de l'emploi est plus flexible, ni parce qu'elle a fait des réformes. C'est seulement parce que le taux de chômage, pris en compte comme l'un des critères, a (légèrement) reculé... Quoiqu'il en soit, la France fait mieux que l'Allemagne, qui se trouve à la dixième place, et vraiment beaucoup mieux que l'Italie, à la 23ème place. Mais faut-il regarder vers le bas ou vers le haut?

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