Le déficit recule en raison de la nouvelle présentation budgétaire

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Le déficit public français a atteint 26,9 milliards d'euros fin juin contre 35,7 milliards un an plus tôt. Mais la nouvelle présentation du budget brouille les cartes, et l'objectif d'un déficit inférieur à 3% du PIB cette année reste très incertain.

Voilà des chiffres à étudier avec la plus grande précaution. Le ministère des Finances a fait état ce matin d'un déficit public de 26,9 milliards d'euros fin juin contre 35,7 milliards un an plus tôt. Certes, le déficit recule par rapport au mois des 42 milliards d'euros du mois de mai et des 33 milliards du mois d'avril. "Mais les rentrées fiscales profitent chaque année particulièrement au mois de juin", relève Alexandre Bourgeois, économiste chez Natexis. Quant à la comparaison avec la même période l'an dernier, elle reste particulièrement délicate en raison des changements de périmètre de la loi de finances.

En juin 2006, les dépenses du budget général ont atteint 131,9 milliards d'euros à périmètre courant, "niveau inférieur d'environ 16,4 milliards d'euros à celui du même mois de 2005", indique le ministère. Mais après neutralisation des changements de périmètre de la loi de finances pour 2006 (transfert à la sécurité sociale des allégements généraux de charges sociales et incidence de la création du compte des pensions), les dépenses sont en diminution de 2,3 milliards d'euros par rapport au même mois de 2005.

Les recettes nettes du budget général s'établissent à fin juin à 117,4 milliards d'euros, contre 124 milliards à fin juin 2005. Cet écart est une fois encore pour l'essentiel la conséquence des changements de périmètre liés à la mise en oeuvre de la LOLF, nouveau cadre de la loi de Finances. Selon le ministère, "à périmètre constant, les recettes fiscales progressent d'une année sur l'autre de 6,7 %.

Le produit de l'impôt sur les sociétés est en forte progression (+11,6%) par rapport au montant de l'année dernière. Les recettes de TVA, en hausse de 5,7%, bénéficient toujours d'une consommation des ménages soutenue et durable. Les recettes de l'impôt sur le revenu, également en hausse de 3,9 %, restent favorisées par le développement du paiement dématérialisé et la mensualisation.

Le ministère confirme que sur la base de ces tendances, "les recettes fiscales nettes de l'Etat pour l'ensemble de l'année pourraient dépasser de 1 à 3 milliards d'euros les prévisions initiales, comme indiqué dans le rapport préparatoire au débat d'orientation budgétaire". Reste que l'objectif du gouvernement de maintenir un déficit inférieur à 3% du PIB apparaît encore bien incertain. L'an dernier, le gouvernement s'était en effet félicité d'un déficit à 2,9% du PIB, tout juste en deçà du seuil de tolérance de la Banque centrale européenne.

"Les chiffres du déficit public n'intègrent pas les comptes de la sécurité sociale, qui ne se sont pas révélés très favorables ces derniers mois, aussi bien pour l'assurance maladie que pour les caisses de retraite", indique Alexandre Bourgeois. L'économiste estime que les réformes Fillon n'ont pas vraiment porté leurs fruits. "Les incitations pour que les 58-60 ans continuent de travailler n'ont pas été efficaces, les seniors liquident leurs droits dès que possible", observe-t-il.

Par ailleurs, la dette s'est creusée d'un tiers en quatre ans, la plus forte dégradation dans l'Union européenne avec le Portugal. Le ratio dette sur PIB est ainsi passé de 56,2% en 2001 à 66,8% en 2005. Enfin, l'année 2006 ne bénéficiera pas des éléments exceptionnels qui avaient profité à l'an dernier, comme la soulte des retraités des industries électriques et gazières, et la perception de l'IS un peu plus tôt que d'habitude. Et même si la croissance reprend de l'allant, elle devrait difficilement dépasser 2%. Un taux bien insuffisant pour palier l'écart dû aux éléments exceptionnels de 2005.

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