Ralentissement "historique" des ventes de médicaments

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Les ventes de médicaments en France ont reculé de 1% en juillet. Sur les sept premiers mois de l'année, elles s'inscrivent en hausse de 1% seulement, contre 5,7% sur la même période de 2005. Un coup de frein qui résulte du plan de réduction des coûts des médicaments adopté par l'assurance-maladie.

La ralentissement de la consommation de médicaments en France est sur une pente "historique": c'est ce qu'affirme aujourd'hui l'organisme professionnel "Les entreprises du médicament" (Leem), selon qui les ventes de médicaments en reculé de 1% au mois de juillet.

Sur les sept premiers mois de l'année, la tendance est également à un ralentissement spectaculaire, avec une croissance des ventes de médicaments remboursables en ville et à l'hôpital ramenée à 1% seulement, contre 5,7% sur la même période en 2005. Ce qui fait dire au Leem que "ce mois de juillet aura confirmé plus encore la tendance historique observée sur le premier semestre 2006".

Et pour l'organisation professionnelle, il s'agit bien là d'un mouvement de fond: selon le communiqué du Leem, "sur le reste de l'année, l'industrie prévoit une croissance du chiffre d'affaires de l'ordre de 1,5%; ce chiffre devrait caractériser l'évolution en 2006 pour l'ensemble du secteur, hors le non remboursable qui tire avantage de cette situation, à comparer aux taux de croissance trois à quatre fois supérieurs de ces dernières années".

Les industriels du médicament attribuent cette décélération aux "mesures diverses portant notamment sur les volumes de médicaments prescrits, les baisses de prix, et les déremboursements et sur l'encouragement des génériques, dans le cadre de la volonté de limiter les déficits de l'Assurance Maladie". L'impact observé sur la consommation des médicaments ne suffit d'ailleurs pas à convaincre les laboratoires du bien-fondé de cette politique, à laquelle ils se sont toujours opposés: le Leem réaffirme que le déficit de l'assurance maladie est "purement structurel" et met en avant les conséquences négatives de cette chute de la consommation des médicaments: le "ralentissement net des investissements et des perspectives de recrutement des entreprises sur le territoire français, particulièrement visibles chez les leaders du marché". Et l'organisation professionnelle de menacer: "on devrait observer dans les mois qui viennent la planification de ces impacts négatifs, jamais connus dans ce secteur auparavant".

Reste que pour l'assurance maladie, ces chiffres constituent une bonne nouvelle. L'organisme bataille pour réduire ses déficits abyssaux. La Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM) vise à ramener son déficit à 6,3 milliards d'euros cette année, puis à 3,5 milliards l'an prochain. Sur les six premiers mois de 2006, un ralentissement assez sensible a été observé: le taux de croissance des dépenses remboursées par le régime général s'est établi à +3%, soit 1,1 point de moins que le taux de croissance calculé sur les douze derniers mois.

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