Jacques Chirac bat le rappel de la majorité autour du Premier ministre

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C'est un vibrant appel à la mobilisation de la majorité autour de Dominique de Villepin que Jacques Chirac a lancé ce soir, à l'occasion d'une intervention télévisée. S'exprimant sous forme d'une interview accordée à France 2, le chef de l'Etat a expressément affirmé qu'il ne changera pas de Premier ministre et a appelé le gouvernement à poursuivre son action.

Le Premier ministre a la "confiance" du chef de l'Etat, et ce denier ne voit aucune raison de changer un gouvernement qui, "dans tous les domaines, peut estimer qu'il a rempli sa feuille de route": c'est ce qu'a affirmé Jacques Chirac, selon qui l'équipe gouvernementale dirigée par Dominique de Villepin a accumulé les succès dans les principaux domaines de son action.

"Le chômage diminue, la croissance repart, la sécurité s'améliore, les réformes sont engagées": Jacques Chirac n'a pas hésité à couvrir d'éloges le gouvernement, dont il a nommément félicité les principaux membres, de Nicolas Sarkozy à Jean-Louis Borloo, en passant par Michèle Alliot-Marie.

Réfutant toute idée de crise politique, en dépit de l'échec du Contrat Première Embauche, de l'affaire Clearstream et des velléités de rébellion des députés de l'UMP, le chef de l'Etat a à plusieurs reprises assuré que les propos entendus fréquemment sur les désaccords au sein de son équipe "ne correspondant pas à la réalité". Tout juste a-t-il reconnu que la majorité "doit être mieux écoutée", et a-t-il conseillé à Dominique de Villepin de s'y employer.

Jacques Chirac a balayé d'un revers de main toute idée de fronde des parlementaires de la majorité contre le projet de privatisation de GDF et de fusion avec Suez. Ce projet "sera adopté à l'occasion d'une session extraordinaire début septembre", a-t-il affirmé, "c'est une opération qui s'impose".

Pour l'année qui reste d'ici aux prochaines élections présidentielles, le chef de l'Etat a fixé une "feuille de route" au gouvernement qui porte en premier lieu sur le problème de l'emploi. Appelant à poursuivre la baisse des charges, il a demandé au gouvernement de créer un Service public de l'orientation, pour aider les jeunes à ne pas s'engager dans des études sans débouchés. Au chapitre du pouvoir d'achat, il a mis en avant la hausse du Smic décidée ce matin même et a annoncé le prochain relèvement de 15% de la prime pour l'emploi.

Le président de la République a également demandé, en matière de justice, des mesures rapides d'amélioration des droits de la défense. Et en matière de sécurité, un effort accru pour lutter contre la délinquance des jeunes.

Outre l'affaire GDF-Suez, Jacques Chirac a passé en revue les autres grands feuilletons industriels du moment. A propos de l'offre de Mittal sur Arcelor, à laquelle son gouvernement et lui-même s'étaient publiquement opposés, mais qui vient d'être finalement acceptée par Arcelor, le chef de l'Etat a attribué à la réaction négative initiale du gouvernement français l'amélioration des garanties apportées par Mittal "en matière d'emploi et de maintien des centres de recherche en Europe". Autant de garanties qui ont permis à l'offre de devenir "amicale et acceptable".

S'agissant d'EADS, Jacques Chirac s'est borné à souligner que des négociations sont actuellement menées par le gouvernement français, représenté par Thierry Breton, et ses partenaires, sans vouloir préjuger de leur issue.

Le président de la République, enfin, a refusé d'exclure l'idée qu'il puisse de nouveau être candidat à la présidentielle de l'année prochaine. "Vous saurez au premier trimestre (2007) quand j'aurai pris ma décision", a-t-il lancé...

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