Qui pollue le plus : le train ou l'avion ? L'Ademe répond à Air France

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L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) confirme qu'un avion est aujourd'hui nettement plus émetteur de gaz à effet de serre qu'un train. L'éco-comparateur du site Internet de la SNCF, contesté par Air France, vise à sensibiliser les consommateurs au problème des émissions de gaz à effet de serre, pour 25% liés au transport en France.

Qui pollue le plus dans les transports, le train ou l'avion ? Censé répondre à la question, l''éco-comparateur du site Internet de la SNCF est aujourd'hui au coeur d'une polémique. Vivement critiqué par Jean-Cyril Spinetta, patron d'Air France, l'outil est aujourd'hui défendu point par point par l'un de ses concepteurs, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Comparateur de prix, de distance et d'émission de CO2 selon le mode de transport pour un trajet donné, cet outil démontre qu'un avion est nettement plus émetteur de gaz à effet de serre qu'un train. Pour un trajet Paris-Nice, un train pollue 25 fois moins qu'un avion pour un voyageur. Pour la voiture, tout dépend du nombre de passager. La voiture n'est plus intéressante que l'avion que si elle est peu polluante et transporte deux ou trois personnes au moins.

"Les grammes de dioxyde de carbone (CO2) émis par nos Airbus A 319 ou A 320 sont inférieurs de 20% à 40% à ce qui est inscrit sur le site", s'est insurgé ce week-end Jean-Cyril Spinetta au Cannes Airlines Forum. "Certes, mais dans ce cas l'avion reste au minimum 16 fois plus polluant que le train; par ailleurs, l'outil utilise des valeurs moyennes et non pas des données par type d'avion", rétorque Matthieu Orphelin, conseiller de la présidente de l'Ademe. En outre, l'éco-comparateur se sert de moyennes de 2003-2004 utilisées lors d'une collaboration entre l'Ademe et Air France sur un module "bilan carbone".

"Par ailleurs, les émissions auraient été multipliées par deux si l'éco-comparateur avait pris en compte les traînées de vapeur d'eau qui, libérées à cette altitude, contribuent aussi à l'effet de serre, " ajoute Matthieu Orphelin. Mais n'étant pas pris en compte par le protocole de Kyoto, le facteur H2O n'a pas été inclus dans le modèle. "Les hypothèses prises en compte ne sont donc pas si défavorables que ça au secteur aérien", conclut-il.

Enfin, autre critique du patron d'Air France, les énergies nucléaires étant limitées en France, les trains devront utiliser à terme davantage d'énergie fossile pour alimenter leur énergie électrique. "Dans ce cas, l'éco-comparateur s'adaptera à cette évolution", répond l'Ademe. Pour l'heure, l'énergie électrique en France utilise 78,5% de nucléaire, 10% d'énergie renouvelable et 11,5% d'énergie fossile.

Deux secteurs en France posent de réels problèmes en termes d'émissions de CO2: les transports et le bâtiment, avec chacun un quart des émissions environ. L'éco-comparateur permet de sensibiliser la population à cet enjeu majeur. La France s'est fixée comme d'autres pays comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas l'objectif de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Ces mesures visent à limiter le réchauffement climatique dans une limite acceptable, à savoir deux degrés de plus d'ici 2100.

Ce programme s'avère bien plus ambitieux que celui des accords de Kyoto, qui visent une réduction globale de 5,2 % des émissions de dioxyde de carbone d'ici 2012 par rapport aux émissions de 1990. "Pour ce faire, la France doit simplement stabiliser ses émissions par rapport à 1990", précise Matthieu Orphelin.

Avant la mise en place de l'éco-comparateur la semaine dernière, les campagnes de sensibilisation ont commencé par des étiquettes énergétiques sur les réfrigérateurs puis sur tous les appareils électroménagers, conformément à la directive européenne de 1992. Dorénavant, des indications sont également obligatoires pour les automobiles depuis mai dernier et les habitations (à partir de mi-novembre). Le développement des moteurs propres, des véhicules hybrides, le remplacement des transports de marchandises routiers par le mode fluvial ou le rail sont autant de mesures mises en place aujourd'hui pour répondre à la problématique transport.

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Commentaires
a écrit le 24/09/2018 à 3:53 :
"Par ailleurs, les émissions auraient été multipliées par deux si l'éco-comparateur avait pris en compte les traînées de vapeur d'eau qui, libérées à cette altitude, contribuent aussi à l'effet de serre, "

Faux selon le GIEC!
a écrit le 12/11/2017 à 6:57 :
L’automobilste sur la route nationale n’a pas de péage. Les routes ont été payées par les impots.
L’avion pour décoller, atterrir, et voler n’a pas d’orage, seules quelques taxes d’aeroport, qui participent au fonctionnement de l’aerogare, a l’entretien des pistes. Pour le train, l’usager paye dans le billet l’investissement. Voilà toutes les différences. Supprimons l’investissement des voies ferroviaires du billet et on obtiendra des tarifs très concurrentiel pour le train. ( idem pour le fret ferroviaire)
Réponse de le 24/09/2018 à 3:54 :
Ce que vous écrivez n'a strictement AUCUN sens
a écrit le 09/11/2017 à 5:16 :
Par contre on ne parle pas des vols locosts de Dole Tavaux et d'ailleurs ou on voit les dizaines de camions citerne qui attendent d'être procheter en fumée dans l'atmosphère pour emmener des personnes en vacances dans les pays étrangers en plus aux frais du contribuable pour compenser le prix du billet.

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