La croissance française bondit au deuxième trimestre

Thierry Breton a annoncé ce matin un taux de croissance compris entre 1,1% et 1,2% entre avril et juin. Un montant bien supérieur aux anticipations des économistes, qui a donné au ministre l'occasion de réaffirmer sa prévision de croissance sur l'année, comprise entre 2% et 2,5%. La France profite enfin du dynamisme de l'économie mondiale.

La France se relève. En plus du recul du chômage applaudi chaque mois, le gouvernement peut désormais se féliciter du retour en grâce de la croissance française. L'Insee a en effet publié ce matin un taux de croissance compris entre 1,1% et 1,2% au deuxième trimestre 2006. C'est bien mieux que le taux de 0,8% (2,3% en rythme annualisé) qu'attendaient les économistes du consensus recueilli par la banque Dresdner Kleinwort. Il faut remonter au quatrième trimestre 2000 pour retrouver une telle performance.

"L'acquis de croissance à la fin du premier semestre est de 1,9%" a fait valoir le ministre de l'Economie et des Finances Thierry Breton, interrogé ce matin sur France Inter. Le ministre a donc réaffirmé sa prévision de croissance annuelle comprise entre 2% et 2,5%. Souvent considérée comme trop optimiste, cette fourchette retenue pour l'élaboration du budget 2006 devrait désormais inspirer une plus grande confiance. "La croissance annuelle sera sans doute plus proche de 2,5% que de 2%", estime ainsi Dominique Barbet, chez BNP Paribas.

En rythme annualisé, la croissance française s'élève à 3% à l'issue du premier semestre, a-t-il également relevé. La croissance au premier trimestre n'avait été que de 0,5%. "L'économie française va mieux, elle va bien, elle va même très bien", a déclaré Thierry Breton en réaffirmant que "tous les indicateurs montrent que l'économie française est au vert. Le détail du PIB sera communiqué par l'Insee lors de la publication des "premiers résultats" des comptes nationaux trimestriels, le 22 août.

Mais une chose est sûre: la consommation des ménages a comme d'habitude joué son rôle de moteur de l'économie française. "Les dépenses en seuls produits manufacturés (près de 30% des dépenses totales) ont progressé de 1,5% au deuxième trimestre, portées par la baisse du taux d'épargne financière et le boom du crédit à la consommation", souligne Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès.

Les exportations ont dû également porter leur pierre à l'édifice, entraînées par le dynamisme de la croissance mondiale et en particulier par la forte reprise économique en Allemagne, principal partenaire commercial de la France. "De leur côté, les investissements des entreprises ont sans doute rebondi après la contreperformance du premier trimestre", ajoute l'économiste. Enfin, devant la vigueur de la demande mondiale, Nicolas Bouzou estime que les entreprises ont entrepris un mouvement de restockage des produits finis.

Prudence cependant, car ces chiffres sont susceptibles d'être révisés. Les comptes trimestriels font l'objet de trois publications successives de l'Insee, "l'estimation précoce", les "premiers résultats" et les "résultats détaillés", respectivement 42 ou 43 jours, 50 jours et 90 jours après la fin du trimestre. Les prochains rendez-vous sont donc fixés respectivement au 22 août et 28 septembre.


L'inflation reste contenue en juillet
Autre motif de satisfaction pour le gouvernement, l'inflation a reculé en juillet, en dépit de la flambée du pétrole, qui a atteint un pic lundi dernier à Londres à 78,64 dollars. Les prix à la consommation en France ont reculé de 0,2% en juillet par rapport à juin, affichant, comme au mois précédent, une augmentation de 1,9% sur un an. L'indice était attendu en recul de 0,1% par le consensus des économistes relevé par BNP Paribas. "Les prix de l'énergie n'ont augmenté que de 0,8%", souligne Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas. Hors tabac, l'Insee précise que l'indice de juillet diminue de 0,2% et son glissement annuel, en hausse de 2,0%, est stable par rapport au mois de juin.

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