La confiance des ménages américains en forte chute

 |   |  643  mots
L'indice du Conference Board est tombé en un mois de 107 à 99,6 points. Le moral des ménages est affecté par les prix de l'essence, la hausse des taux d'intérêt et la dégradation des perspectives en matière d'emploi.

C'est une très mauvaise surprise: la confiance des consommateurs américains a fortement chuté au mois d'août. Selon les chiffres publiés aujourd'hui par le Conference Board, elle s'est établie à 99,6 points, contre 107 points en juillet. Le moral des Américains semble ainsi marquer le coup, dans un contexte marqué par des prix record de l'essence, des taux d'intérêt en hausse et des perspectives incertaines sur le front de l'emploi.

A 99,6 points en août, l'indice du Conference Board s'inscrit au plus bas depuis novembre dernier. Sa chute est en outre nettement plus forte que prévu: les économistes tablaient, dans leur consensus, sur un chiffre de 103, selon l'agence Renters. Et le recul est d'autant plus fort que l'indice de juillet a été relevé: il s'établit finalement à 107 points, et non pas à 106,5 points comme annoncé jusqu'ici.

Selon l'institut de conjoncture, cette chute de la confiance reflète la détérioration des conditions économiques générales, ainsi que des perspectives en matière d'emploi. Des éléments qui ont pesé assez lourd pour provoquer la plus grosse chute mensuelle de l'indice depuis l'ouragan Katrina qui a ravagé le sud des Etats-Unis voici tout juste un an.

Selon Lynn Franco, directeur du centre de recherche du Conference Board, les consommateurs "deviennent de plus en plus pessimistes quant aux perspectives à court terme". De fait, l'indice qui mesure la confiance dans la situation actuelle a baissé à 123,4 points contre 134,2 points en juillet tandis que celui consacré aux attentes tombait à 83,8 points contre 88,9 un mois plus tôt.

Pour les Américains, les raisons d'être pessimistes ne manquent pas. La hausse continue des taux d'intérêt commence ainsi à peser sur leur moral - au moment même où la Réserve fédérale vient de décider de procéder à une pause dans la hausse continue de ses taux directeurs. Le paradoxe n'est qu'apparent: d'une part parce que l'impact des hausses de taux n'est ressenti par les consommateurs qu'avec retard; et d'autre part parce que la Réserve fédérale a fait clairement comprendre qu'elle pourrait très bien reprendre sa politique de hausse un peu plus tard.

Les consommateurs sont également affectés par la flambée des cours du pétrole ces derniers mois, et son impact sur les prix de l'essence, qui sont actuellement autour de leurs records historiques. Enfin, le Conference Board souligne que la perception par les Américains de la situation du marché du travail se dégrade. Ainsi, la proportion des sondés qui estiment que l'emploi est abondant est tombée à 24,4% en août, contre 28,6% en juillet.

A cet égard, les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis pour le mois d'août, qui seront publiés ce vendredi, seront suivis avec beaucoup d'attention. De la plus ou moins bonne tenue du marché de l'emploi pourrait en effet dépendre le véritable impact de cette baisse de la confiance sur la consommation effective des ménages. La corrélation entre un recul de la confiance et une baisse de la consommation est en effet loin d'être automatique. Mais c'est bien la chute éventuelle de cette dernière qui déterminera si, oui ou non, l'économie américaine va se monter capable d'effectuer l' "atterrissage en douceur" que les milieux d'affaires comme les pouvoirs publics appellent de leurs voeux.

Interrogé par l'agence Reuters, Robert Macintosh, économiste en chef chez Eaton Vance Management, estime que la baisse du Conference Board s'explique surtout par la "très forte corrélation inverse entre les prix de l'essence et la confiance du consommateur", mais que l'impact effectif sur la consommation reste à prouver: "la confiance a des hauts et des bas mais la consommation continue à progresser", estime l'économiste, selon qui cette statistique devrait donner à la Réserve fédérale "une nouvelle raison de marquer une pause."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :