Dernière campagne de tests techniques pour l'Airbus A380

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L'A380 a débuté ce lundi sa dernière campagne d'essais techniques en conditions commerciales. L'avion géant qui pourra transporter 555 passagers va tester sa capacité à être accueilli dans sept des principaux aéroports d'Asie. Dominique de Villepin se rend demain mardi à Toulouse pour faire le point sur la situation de la filiale d'EADS.

L'Airbus A380 chargé de réaliser la dernière campagne d'essais techniques en conditions commerciales avant la procédure de certification a décollé ce lundi en début d'après-midi de Toulouse pour Singapour. Une soixantaine de personnes, dont quatre pilotes d'Airbus et des pilotes des autorités de certification européenne (EASA - Agence européenne de la sécurité aérienne), sont à bord de cet appareil, dont le numéro de série est MSN002.

Lors de ces vols en condition commerciale, des essais relatifs à toutes les opérations aéronautiques normales seront effectués, depuis la maintenance technique de l'appareil jusqu'à son approvisionnement en kérosène en passant par son entretien. Seront également analysées les différentes phases de débarquement et d'embarquement des passagers.

Au cours de cette dernière campagne d'essais, qui se prolongera jusqu'à fin novembre et devrait aboutir à l'obtention de la certification en décembre, l'A380 va tester sa capacité à être accueilli dans les principaux aéroports du monde. Propulsé par quatre réacteurs Trent 900 du Britannique Rolls Royce, il effectuera 150 heures de vol dans un environnement opérationnel normal et fera escale dans 10 aéroports, dont 7 situés en Asie (Singapour, Séoul, Hong-Kong, Narita, Guangzhou, Pékin, Shanghai).

L'Asie est une zone particulièrement importante pour l'avion géant. L'A380, confronté à un retard de deux ans dans ses livraisons, fait l'objet de 149 commandes fermes (dont 15 en version cargo) et 17 intentions d'achat par 16 compagnies aériennes. Les compagnies de la région Asie-Pacifique représentent près de 30% des commandes fermes (44) et la totalité des intentions d'achat. Singapore Airlines (SIA) a passé 10 commandes fermes et fait état de 9 intentions d'achat. China Southern Airlines et Korean Airlines ont chacune effectué 5 commandes fermes, contre 6 pour Thai Airways International. La compagnie australienne Qantas Airways a pour sa part effectué une commande ferme de 12 appareils, avec 8 intentions d'achat.

Huit jours après que EADS -maison mère d'Airbus- a annoncé une sévère réduction du nombre de ses fournisseurs (qui passeraient de 3000 à 500), Dominique de Villepin a prévu de se rendre demain mardi à Toulouse où se trouve le siège d'Airbus. A cette occasion, il rencontrera des sous-traitants de l'avionneur. Accompagné des ministres Philippe Douste-Blazy (ministre des Affaires étrangères), élu local, Dominique Perben (ministre des Transports), François Goulard (ministre délégué à la Recherche) et François Loos (ministre délégué à l'Industrie), il entend "faire le point sur la situation". Lors de sa venue à Toulouse, l'intersyndicale de l'avionneur entend remettre au Premier ministre les premières conclusions d'un pré-rapport sur la situation d'Airbus en France.

Avant sa venue, Dominique de Villepin a dit lundi soir qu'il défendait "fortement" l'utilisation de la chaîne d'assemblage des jumeaux bi et quadriréacteurs A330 et A340, installée à Toulouse, pour y assembler le futur Airbus A350 XWB (pour extra wide body, fuselage élargi), censé riposter au nouveau Boeing 787 qui engrange les commandes (plus de 400 à ce jour).

Le lieu d'assemblage de l'A350 XWB, dont on attend toujours la décision officielle de lancement, fait l'objet de tensions entre Français et Allemands, ces derniers voulant réaliser l'avion à Hambourg mais risquant du coup de laisser partir à Toulouse l'ensemble du programme A380, un pari délicat pour le camp français car le programme du très gros porteur d'Airbus accumule les retards et vient d'enregistrer une première annulation de commandes de la part du transporteur express américain Fedex.

Dans un entretien au journal toulousain la Dépêche du Midi, le Premier ministre annonce aussi que le gouvernement va aider les PME sous-traitantes d'Airbus via des "avances remboursables" à hauteur de "80 millions d'euros pour 2007 et 2008". Il entend également proposer la signature d'une "charte de confiance" avec tous les sous-traitants de l'avionneur, qui portera notamment sur la question des délais de paiement.

En Bourse, l'action EADS, maison-mère d'Airbus, a terminé lundi à 22,22 euros, en hausse de 1,18%.


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Les Etats-Unis devraient déposer mercredi à l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce, leurs premiers arguments de fond dans la plainte déposée contre l'Union européenne sur les subventions accordées à Airbus pour le lancement de ses programmes. Américains et Européens s'affrontent devant l'OMC depuis de long mois, chacun accusant l'autre de subventionner son industrie aéronautique, les premiers via des aides indirectes à Boeing, les seconds via des aides directes à Airbus, aides que les Européens défendent, estimant qu'il s'agit d'avances remboursables et donc remboursées en cas de succés... ce qui a été le cas avec les Airbus.

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