Sony et Bertelsmann font appel de l'annulation de la fusion entre Sony Music et BMG
La Tribune
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La maison de disques Sony-BMG et leurs maisons-mères, le japonais Sony et l'allemand Bertelsmann, ont décidé de contre-attaquer. Elles ont décidé de faire un appel commun le 3 octobre dernier contre la décision de justice remettant en cause la constitution de leur filiale musicale commune. L'information, que l'on n'a apprise qu'aujourd'hui, a été confirmée par un porte-parole du Tribunal de première instance de l'Union européenne et par Bertelsmann.
Sony et Bertelsmann n'ont pas digéré la décision du Tribunal de première instance de l'Union européenne annoncée le 13 juillet dernier. Ce jour-là, le Tribunal, sous la pression des labels indépendants qui avaient déposé un recours, avait annulé l'accord donné à l'été 2004 par la Commission européenne à la fusion entre leurs deux maisons de disques Sony Music et BMG.
Motif invoqué: la Commission européenne n'aurait pas instruit correctement le dossier. Bruxelles n'aurait pas tenu compte du manque de concurrence qui résulterait du rapprochement entre ces deux géants du disque. Ce qui signifie que les services de la Concurrence, jugés trop laxistes, doivent réexaminer le dossier de cette fusion. "Bertelsmann et Sony vont communiquer dans les prochaines semaines un nouveau dossier à la Commission européenne", a indiqué un porte-parole du groupe allemand qui se déclare confiant. Selon lui, "Bruxelles devrait rendre un second avis positif à la fusion, même si la Commission exige pour cela des concessions qui permettraient d'avoir plus de concurrence sur le marché du disque".
Il faut dire que la fusion entre Sony Music et BMG a créé la deuxième plus grande maison de disques au monde derrière le leader Universal Music. Selon les derniers chiffres publiés par la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFI), en 2004, Sony-BMG détenait une part de marché du disque de 21,5% et Universal Music de 25,5%. Et cette concentration entre Sony Music et BMG faisait passer le marché de cinq à quatre majors avec Universal Music, Sony-BMG, EMI et Warner Music.
Cette décision du 13 juillet dernier a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans l'industrie du disque. Elle constituait une victoire pour les labels indépendants rassemblés au sein du syndicat Impala, qui avaient saisi la Cour européenne de justice. Ils considéraient en effet que la fusion entre Sony Music et BMG mettait à mal la concurrence alors que le marché du disque est en pleine consolidation. Cela a d'ailleurs freiné les négociations en vue d'un rapprochement entre le numéro trois mondial, le britannique EMI, et le numéro quatre, Warner Music. Fin juillet, les deux maisons de disques ont décidé de mettre en sommeil leurs projets, car elles craignaient que Bruxelles soit plus sévère en examinant une nouvelle alliance entre deux poids lourds du disque. EMI et Warner Music ont chacune lancé des offres de rachats l'une sur l'autre, en début d'année. Des offres que chaque maison de disques a déclinées.
Mais il semble aujourd'hui qu'Edgar Bronfman, le directeur général de Warner Music, a décidé de relancer la machine. Le 27 septembre dernier, le Times révélait qu'il s'intéressait toujours à EMI et qu'il aurait contacté en septembre, de Londres à New York, plusieurs actionnaires de la maison de disques britannique.
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