Arcelor promet de choyer ses actionnaires

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Le plan 2006-2008 du sidérurgiste européen prévoit une progression de 24% de son excédent brut d'exploitation et de généreuses distributions de dividendes. Pour Arcelor, il s'agit de convaincre ses actionnaires de rejeter l'OPA hostile lancée par Mittal Steel.

Arcelor poursuit son offensive de charme auprès de ses actionnaires. Visé par l'OPA hostile lancée par Mittal Steel, le sidérurgiste européen a présenté ce matin son plan 2006-2008, destiné à "maximiser la création de valeur pour les actionnaires". Le tout, bien sûr, dans l'espoir de convaincre ces derniers de ne pas apporter leurs titres à l'offre de Mittal.

Selon le communiqué publié ce matin, Arcelor vise désormais, sur la période concernée, un "objectif d'Ebitda (proche de l'excédent brut d'exploitation, NDLR) normalisé de 7 milliards d'euros, avec un potentiel d'amélioration supplémentaire". Un tel objectif annuel suppose une progression de 24% par rapport aux 5,64 milliards engrangés en 2005.

Toujours au chapitre des objectifs financiers, le groupe luxembourgeois veut générer 4,4 milliards d'euros par an de cash-flow, sur la durée du cycle. Il prévoit un "taux de distribution normatif" de 30% au titre du dividende. Enfin, il promet à ses actionnaires qu'il leur rendra "le cash excédentaire, y compris le cash provenant de cessions d'actifs ne faisant pas partie du coeur de métier". Le groupe prévoit de céder pour environ 200 millions d'euros de tels actifs d'ici 2008.

Les dirigeants d'Arcelor entament cette semaine une vaste tournée de leurs actionnaires, afin de les convaincre de rejeter l'offre hostile du groupe du milliardaire indien Lakshmi Mittal. Ce dernier propose 18,6 milliards d'euros pour Arcelor.

Sur un plan stratégique, Arcelor rappelle ce matin sa volonté de "renforcer son leadership mondial dans des marchés stratégiques clés tels que l'industrie automobile". Le groupe européen rappelle d'ailleurs qu'il "donne la priorité à la valeur sur les volumes produits". Une façon de bien se démarquer de son rival Mittal, davantage présent dans les produits d'entrée de gamme.

Arcelor entend également continuer "à rechercher des positions de leader régional dans les parties du monde qui présentent d'importantes perspectives de profitabilité et de croissance". A cet égard, le groupe vient de mener à bien le rachat de Canadien Dofasco, pour 4 milliards d'euros. De quoi lui donner une forte position dans l'acier pour l'industrie automobile nord-américaine. Il vient également de prendre 38,5% du sidérurgiste chinois Laiwu. Arcelor voudrait en particulier se renforcer dans des pays comme le Brésil, la Chine, l'Inde et la Russie, ainsi qu'en Europe de l'Est.

Cette nouvelle offensive du sidérurgiste intervient alors que Lakshmi Mittal doit présenter cette semaine son plan industriel de fusion avec Arcelor aux différents gouvernement concernés, dont le gouvernement français. Ce dernier, et tout particulièrement le ministre de l'Economie Thierry Breton, a maintes fois dénoncé, ces dernières semaines, le projet Mittal comme étant une pure opération financière, sans logique industrielle.

S'exprimant dimanche à Chicago, Aditya Mittal, fils de Lakshmi et directeur financier du groupe, a en tout cas réaffirmé qu'il n'y aurait pas de licenciements en cas de fusion. Si l'objectif serait bien de réduire les effectifs de 45.000 personnes d'ici 2010, a-t-il souligné, ce serait uniquement par le biais de départs volontaires.

Ce lundi, l'action Arcelor ne réagit guère à la publication du plan 2006-2008. A la clôture, le titre grignote 0,82%, à 30,65 euros.

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