Sécurité aérienne : Ryanair montre du doigt les aéroports

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La compagnie aérienne estime que c'est aux opérateurs des aéroports de gérer les difficultés liées à l'application des mesures de sécurité. Le groupe n'attend pas d'impact de ces mesures sur ses comptes, mais réclame 3 millions d'euros au gouvernement britannique en compensation des dysfonctionnements liés au nouveau dispositif.

Les mesures de sécurité renforcées dans les aéroports ont pour premier effet d'allonger les files d'attentes. A qui la faute? Pour Ryanair, le verdict est sans appel: "C'est aux aéroports de gérer les problèmes de sécurité, pas aux compagnies aériennes", lance Matthieu Glasson, directeur Ventes et marketing du groupe pour la France. "Le problème de la sécurité est de la responsabilité d'acteurs comme ADP en France ou BAA en Grande-Bretagne. Pour notre part, nous ne pouvons pas intervenir, si ce n'est en faisant attendre les avions un peu plus, mais cela se limite à ce genre de mesure", ajoute Matthieu Glasson.

Du coup, la compagnie à bas coûts estime qu'elle n'a pas à assumer les frais liés à l'augmentation des mesures de sécurités imposées par les Etats et par Bruxelles. De fait, pour Ryanair, l'impact sur ses comptes devrait être limité. A moins que les aéroports eux-mêmes ne choisissent de faire payer les compagnies en renégociant les taxes d'aéroports. "Les redevances sont déjà assez élevées", conteste Matthieu Glasson, qui demande "plus de personnel, pour que la gestion des passagers soit plus fluide", ajoute-t-il.

S'il est encore trop tôt pour connaître l'effet réel des nouvelles mesures de sécurité sur les comptes du groupe, l'impact sur l'image de marque de la société est quant à lui déjà là. Tandis que Ryanair se targue d'être l'une des compagnies les plus fiables en termes de respect des horaires, elle a dû faire face ce week-end, à Londres, à d'importants retards. De même, ce matin, dans les aéroports français, les files d'attentes enflaient, en raison de la mise en place de mesures de sécurité renforcées avant l'accès aux avions (voir ci-contre).

De quoi renforcer un peu plus le sentiment d'insatisfaction de Ryanair. Mais les opérateurs d'aéroports ne sont pas les seuls à être dans le collimateur de la compagnie. Elle considère aussi que les Etats ont leur part de responsabilité. Le mécontentement du groupe s'est d'ailleurs traduit fin août par un dépôt de plainte contre l'Etat britannique, à la suite de la grave crise qui a découlé des attentats déjoués.

La compagnie demande ainsi 3 millions d'euros de réparation pour le manque à gagner qu'elle estime avoir subi lors de cette crise, qui lui avait valu l'annulation de 265 vols. Ryanair estime que le gouvernement britannique aurait dû prendre des mesures appropriées pour gérer la crise. "Le risque d'attentats dans le transport aérien est prévisible par le gouvernement. Or, les autorités, qui indiquaient aux opérateurs des aéroports quoi faire, se sont montrées désorganisées et inefficaces", explique pour sa part Neil Sorahan, le directeur financier de Ryanair.

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