La Bourse sanctionne durement la prudence de Michelin

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Le patron du fabricant français de pneumatiques a confirmé lors de son assemblée générale ses objectifs de résultats 2006, en signalant toutefois qu'ils seront "plus difficiles à atteindre" en raison d'une "marge de manoeuvre se réduisant". Le titre chute de 8,40%.

Le numéro un mondial des pneumatiques, Michelin, a à son tour mis en avant la progression du prix du caoutchouc et d'autres matières ainsi que la faiblesse de l'euro pour expliquer qu'il sera plus difficile que prévu d'atteindre ses objectifs pour 2006. "Notre vision globale de 2006", à savoir "un résultat opérationnel en progrès et un niveau de marge opérationnelle équivalent à celui de 2005, reste fondamentalement la même", a cependant précisé Édouard Michelin, co-gérant du groupe. Le premier semestre sera "en retrait sensible sur 2005", tandis que le deuxième semestre "devrait bénéficier d'une base de comparaison plus favorable et du plein effet des hausses de prix réalisées en 2006", a-t-il affirmé lors de l'assemblée générale de son groupe.

La "faiblesse des marchés" et les "nouvelles hausses du coût des matières premières affectent tout particulièrement notre activité poids lourds", a déclaré Édouard Michelin, ajoutant qu'"elles rendent plus difficile la répercussion complète de ces hausses de coûts dans le prix des produits de cette activité". "Si nous ne récupérons pas l'augmentation des prix des matières premières dans nos prix, ça conduira à un laminage de nos marges", a-t-il dit, ajoutant que si les fabricants n'arrivaient pas à répercuter les hausses de prix, "tout le secteur serait en perte".

Le patron du groupe a souligné que les marchés avaient "été peu porteurs en avril, effaçant une partie de la croissance qu'ils avaient connue au premier trimestre". Pour le reste de l'année, a-t-il poursuivi, "nous demeurons prudents, comme indiqué en avril, sur l'évolution des marchés, malgré le dynamisme certain de l'Asie". Il a par ailleurs rappelé que le groupe avait porté, lors de la présentation de ses résultats trimestriels, de 11 à 15% sa prévision de hausse du coût des matières premières pour l'ensemble de l'exercice. Édouard Michelin a également annoncé que de nouvelles réductions de coûts étaient nécessaires mais s'est tout de même déclaré confiant dans l'avenir du groupe.

Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate du marché avec une chute de 8,40% du titre à 54,55 euros à la Bourse de Paris à la clôture.

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